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Affaire CEREGMIA

« Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ».

« Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ».

   (Les animaux malades de la peste : Jean de la Fontaine).

   C’était vrai sous Louis XIV, c’est toujours vrai de nos jours, seul  le mot Cour n’a plus tout à fait le même sens.

   Pour ma part j’aime autant le proverbe créole : « Pyé pilé kaka, bab pou zèb ! » 

   Car en pays créole les notions de blanc ou noir du fabuliste prêtent à confusion.

   Aujourd’hui même, vendredi 23/02 le Tribunal Correctionnel de Basse-Terre vient de condamner Louis Molinié, maire de la petite commune de Terre de Haut, à 2 ans de prison ferme, 5 ans de privation de droits civiques et de famille, 10 ans d’inéligibilité, confiscation de ses biens immobiliers, et cela pour détournement de fonds publics. Le maire de Terre de Haut aurait détourné de l’argent de la commune pour soutenir le club de foot de l’ile, en faisant passer ces sommes comme salaires versés à certains des conseillers municipaux sans même les prévenir qu’ils auraient des impôts à payer sur ces montants non perçus. Les choses n’ont pas trainé, Molinié est tout de suite trainé en justice et condamné. Ses avocats ont fait appel, mais l’appel n’est suspensif que de la peine de prison ferme. 

   Personnellement je ne soutiens en rien ces gens malhonnêtes qui détournent l’argent public à leur profit ou à celui de tiers. Mon ami Nestor, Conseiller à la retraite de la Cour Régionale des Comptes me dit que c’est monnaie courante, et que dans une ile où tout fait résonnance tout le monde est souvent au courant. Ce n’est pas seulement dans les mairies, ou les communautés d’agglomération, mais à tous les niveaux, les présidents d’association, de clubs sportifs, de groupements d’agriculteurs…tous ces gens se remplissent les poches, font de fausses factures, se paient des voyages à tour de bras et des hôtels et restaurants étoilés, bref nous avons affaire à une voyoucratie en col blanc généralisée. 

   L’affaire Molinié n’est pas sans nous rappeler l’affaire Ceregmia. Sauf que pour cette dernière on se demande pourquoi la justice est si précautionneuse, peccamineuse, hésitante et lente. Le citoyen moyen que je suis ne comprend pas. Je ne dis pas qu’il faudrait une justice expéditive, je comprends qu’il y va de l’honneur et de la dignité de professeurs d’université qui ont en charge l’éducation civique entre autre de la jeunesse et par conséquent qu’on ne puisse les juger comme de vulgaires voleurs ! Mais enfin, je l’avoue, j’en ai assez que cette affaire Ceregmia pollue la marche de l’Université des Antilles après avoir fait voler en éclats l’Université Antilles-Guyane…Ou alors qu’on nous dise clairement, une fois pour toutes, que le citoyen moyen n’a pas à se mêler de ces choses qui se passent dans son dos, au-dessus de sa tête. Qu’on nous dise : Circulez,  il n’y a pas d’affaire CEREGMIA ! 

   Et alors nous saurons, nous le petit peuple, étudiants, parents d’étudiants, ce que Justice veut dire. 

   Nous saurons que, tant qu’à faire de se saigner aux quatre veines, il vaut mieux envoyer nos enfants étudier dans des universités ou l’atmosphère sera moins délétère,  plus propice à l’étude et laisser les mafieux entre eux. C’est déjà ce que font beaucoup de parents d’étudiants qui envoient leur progéniture étudier au Quebec, aux Etats Unis, ou en Jamaïque, sinon comme jadis à Bordeaux, Toulouse, Rennes… bref ailleurs que dans ce « manjé-kochon ».