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S'extirper de la fange par l'expérience cathartique de la dissociation...

Cosette DELESSE
S'extirper de la fange par l'expérience cathartique de la dissociation...

« C’est moi et, en même temps,  ce n’est pas moi »  écrit l’auteur , au premier  chapitre .

 

Dès le deuxième, une mise à distance est à l’œuvre pour qualifier CMC, de toutes sortes de subjectivœmes et de modalisateurs  sont employés.

 

Il ressort qu’elle est  « Pimbêche », « donzelle », « prétentieuse », « bougresse » , tous les procédés de narratologie sont mis en œuvre dont des  glissements avec le style indirect libre qui permettent de pénétrer les pensées les plus délétères , les plus sombres de quelques uns .

 

Un chapitre sur deux, on passe d’un narrateur hors de l’histoire, à semble-t-il une  narratrice-personnage CMC ? 

 

Elle a  les mêmes initiales que l’auteur , Corinne Mencé-Caster , agrégée d’espagnol et docteur en Sciences du langage ,  du moins est-ce , ce qu’on lit sur la 4ème de couverture sans mention faite de sa précédente fonction de présidente d’Université , certains aurait eux, commencé par l’étalage de cette fonction . C’est dire  l’humilité de cette personne.

 

Mais, finalement, ce n’est peut-être pas, Corinne dont il s’agit, la narratrice qui par moment prend en charge la narration, dit s’appeler autrement dans l’épilogue !

 

Aussi, il ne saurait s’agir d’une autobiographie.

 

Quand bien même, on voit les traces de la linguiste Mencé-Caster à  l’œuvre dans ce texte.

 

On fait corps avec cette  femme dont la vie n’est pas très facile eut égard à la fonction qu’elle ose endosser sur des terres où la fonction dévolue aux femmes, n’est que domestique!

 

Et là, on pense à un intertexte, où l’on parle des Mythologies du Vivre-Femme.

 

Cette femme a ce pouvoir de nous entraîner dans les méandres d’une histoire dont on n’imaginait pas des contours  aussi sombres et grotesques.

 

Comment pouvait-on, imaginer, qu’à cet endroit où on forme notre jeunesse à l’universalité de la connaissance, qu’il y ait des compromissions aussi immondes.

 

Aussi, tombe-t-on, sous son charme, elle s’appelle…Carmen.

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Qui est-elle ?

 

Dès l’avant propos, la narratrice s’ancre  dans son territoire et dans les postures féminines décrites dans La mazurka des femmes couresses  de Mérine Céco , i  ka’y raché mové zèb san gadé  , ni douvan , ni dèyè …

 

Elle dit avoir un lien intrinsèque avec ces trois terres que sont, Gwada, Gwaya et Mada . Sa cosmogonie, son existence au monde est ancrée dans ces trois terres rhizomes qu’elle aime. 

 

Elle a foi, quand bien même, elle a, en elle,  tous les reliquats d’une éducation , où l’on croit aux soukougnan , dorlis etc…

 

A la vérité, elle est entre religion, paganisme, réligiosité et croyandiz …

 

Elle n’a pas peur, il suffit pense-t-elle de faire les choses correctement, comme on le lui a enseigné que ce soit lors du cours de d’éducation Civique ou lors du cours de cathéchisme.

 

D’ailleurs, il est normal, pense-t-elle, que dès lors que les gens intègres sauront ce qui se passe, ils se révolteront, la soutiendront et se lèveront comme un seul homme …Derrière elle !

 

Elle est juste confiante dans les institutions d’un pays démocratique, juste confiante dans la bureaucratie de tous ces ministères qui logiquement veillent à la bonne utilisation de l’argent public.

 

Elle est innocence. Elle est vertu.

                                                      

Or, ce qui est évalué c’est la théâtralité, ce n’est pas le fond sinon la forme. On valorise plutôt les moyens que les fins. On se fie à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail  et la probité, on préfère l’audience au mérite, très souvent, on préfère opter pour ce qui est le plus rentable au détriment de la vérité, du courage et de la vertu.

 

Aussi est-elle très rapidement empêchée, « Je déterre, ils enterrent ; je déterre, ils enterrent à nouveau, encore et encore » Tel Sisyphe elle tombe dans  un éternel recommencement.

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Le Talisman de la présidente  est un discours qui instruit  le lecteur  de ce qui est controversé, c’est une véritable mise en scène dans laquelle certains élément sont mis en évidence et d’autres ignorés. Pour sauvegarder un peu d’humanité à certains, deux fois ou trois dans le texte, la narratrice  précise qu’elle ira à l’essentiel.

Tant les souvenirs sont cruels et inappropriés.

 

A l’issue, de ce récit  ,on en arrive à la modélisation d’un monde formatée par la médiocratie  , in absensia on reconnaît la formule chère à Césaire « Je parle de millions d’hommes à qui on  a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. »

 

Notre microcosme universitaire et la société à l’entour  est frappée d’un pathos inimaginable, l’imposture.

 

Et le sieur, Félix Talisman en est  le parangon, le plus évident et le plus tragique. 

Un heureux homme, qui a en lui, une  protection qui relève plus du diabolique que du divin. Un Talisman, à mi-chemin, entre une peau de chagrin balzacienne et  un Dorian Gray à la beauté infernale .

 

Comme Ti-Jan , il est né dans une famille nécessiteuse, on lui a appris à contourner la misère mais dans l’individualisme le plus hargneux.

 

Derrière ses recherches du Caribmia , derrière ces dossiers douteux semblent être une quête du ventre et du plaisir vu qu’il a  décidé qu’il ne manquerait plus de rien.

 

Une thématique déjà présente dans « La Mazurka perdue des femmes –couresse », je cite  , « Nous n’étions que des ventres et le temps a toujours raison d’un ventre vide …ventre prêt à tout pour ne plus ressentir les affres du manque , étions régis par une seule et même Loi , celle de nos ventres, angoissés de vide , qui nous imposait de tout accepter plutôt que d’endurer le manque ».

 

A croire qu’il pourrait y avoir collusion entre Mérine Céco  , Corinne Mencé-Caster et la narratrice Carmen ? 

 

La vie de Félix Talisman est organisée pour dominer les autres et cela loin de tout intérêt général, anbafèy , dit la narratrice ! Monde loin de toute lumière trop crue anba nas !

 

Ses ramifications intimes s’épanouissent chez les politiques en vue. Il  mange avec les anciens maîtres d’habitation. Il fait tourner sa petite entreprise sur le marché des jouissances existentielles,  il a la capacité de vendre des apparences, du semblant .

 

Le médiocre est hissé au rang d’autorité , la fraude scientifique est de mise , c’est un chercheur peu produisant pour un laboratoire qui brasse beaucoup trop d’argent , trop d’argent .

 

Eponge vivante capable d’absorber les valeurs de l ‘environnement  , c’est une pieuvre , une sangsue .

 

Certains n’hésitent pas à  le créditer d’une puissance exponentielle, invincible, démiurge ou démoniaque, personne ne peut rien contre lui.

 

D’ailleurs ,  l’auteur de ce livre  choisit d’inscrire cette toute puissance dans son onomastie , il est intrinsèquement, Talisman , ce talisman caché au cœur des présidences

 

Sieur, seigneur, suzerain, intouchable , vassalisation  il est tel un grand argentier du Moyen-Age, il irrigue probablement les grands duchés , c’est un condottière qui sévit aux marches du grand Royaume de l’Autre –Bord , et , c’est en cela aussi que l ‘on reconnaît la médiéviste.

 

Il peut vaciller, perdre pieds mais il se repose toujours sur d’autres pour sur-jouer, intimider. Ses hommes de mains sont là pour les basses besognes, ils sont chargés d’occuper l’espace avec force théâtralité lors des Conseils d’administration, lors des négociations .

 

Surnommés griffeurs, Leur objectif est triple et très clair, il faut : humilier, blesser, faire démissionner CMC sinon c’est elle qui risque de détruire leur  petite société secrète.

 

Donc, il faut  mobiliser tout le  monde, car si l’Heureux se fait prendre, il ne tombera pas seul, c’est une bande organisée de voyous, des mafieux  .

 

Félix Talisman est la figure centrale de ce système de la médiocratie, il paramètre la pensée environnante.

 

Il pense, les autres agissent, une armée de bwabwa écervelée ou décérébrée est à son service.

 

L’environnement est tellement fasciné par Félix qu’il accepte sans sourciller le démembrement du corps de leur université , quand Gwaya devient université à part entière.

 

On préfère se couper le bras pour peu que CMC, la présidente n’ait plus rien sur quoi régner.

 

Leur politique de la terre brûlée est ici, signe d’une perversité folle doublée d’un masochisme latent …Il  pourrait  soigner le corps, dans l’intérêt général au lieu de procéder à un déchiquetage en règle mais … « Pou détwi rat-la, yo désidé brilé kay-la »

« Dans le régime  de la gouvernance, nous sommes invités à devenir des petits partenaires obéissants incarnant à l'identique une vision moyenne du monde, dans une perspective unique, celle de plaire au chef » Alain Deneault.

Et, Félix , l’heureux talisman , c’est le chef, le protecteur celui sur lequel on peut compter.

D’ou la fascination morbide au sens de la psychanalyse, que lui voue certains autres, griffeurs qui le craignent.

 

Imaginez bien, les freins mentaux qui les empêchent de jouir de leur esprit critique.

Ou pa jen sav, préféré ou pa vwè, pa tan, pa konpwann ayen. Joué jé aw konsidiré ou pa té la é pé sèk.

 

D’autant que nous  sommes dans la sphère culturelle du « Ravèt pa tin rézon douvan poul » , sans compter le non moins fameux «  combat du pot de terre contre le pot de fer » qui désamorce d’entrée de jeu tous nos potentiels combats qui sont joués ou perdus d’avance .

L'esprit critique est ainsi redouté car il s'exerce à tout moment envers toute chose, il est ouvert au doute, toujours soumis à sa propre exigence. Le médiocre doit « jouer le jeu ».

« Le système  encourage l'ascension des acteurs moyennement compétents  au détriment des super compétents  ou des parfaits incompétents. Ces derniers parce qu'ils ne font pas l'affaire et les premiers parce qu'ils risquent de remettre en cause le  système et ses conventions. Le médiocre  doit avoir une connaissance utile qui n'implique  toutefois pas à régner complètement ! »

 

 

Mais alors comment réagir, quand tout semble perdu d’avance, direz-vous ?

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La résilience selon CMC.

 

 

Après qu’elle même ait évoqué pourquoi elle ne parlait pas trop, pourquoi elle occupait le moins d’espace possible , blottie dans un coin à scruter à anticiper , déchiffrer les secrets des uns et les autres, pendant des heures .

 

Après qu’elle ait nous ait confié son amour à lire certains classiques et auteurs, qui lui ont appris à déceler les caractères, les typologies de personnages et leur profil psychologique.

 

Après qu’on lui ait tellement  fait comprendre qu’elle était un problème dans sa personne, qu’elle était une interlocutrice qui n’entend pas, n’écoute personne, ce qu’elle a appelé la « logique d’invention de l’autisme de l’Autre »

 

Après que les uns et les autres ont tenté de la tuer en lui imposant leur silence assourdissant et mortifère.

 

CMC, choisit de s’ancrer dans ces gens qui lui font face.

 

Alors découvre-t-on, CMC avec des qualités insondables  du psychologue comportementaliste, elle rentre dans l’autre pour le mettre à nu.

 

Elle dé-visage  les gens, face à leur silence, elle détruit symboliquement, ces visages qui s’offrent  à elle, en les réduisant à un ensemble de qualité sensibles, d’ou suintent les individus malgré eux , ce ,malgré leur silence tapageur et théâtralisé .

« Le silence, même souriant, est un projet de meurtre.»

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Sur l’espace sacrificiel en Gwaya , alors qu’elle est vouées aux gémonies , alors que le tambour est en général unificateur ; là , il est instrumentalisé  pour séparer les gens , les uns des autres, pour ostraciser un peu plus CMC et ses amis .

 

Elle s’extirpe de cette fange par une expérience cathartique de la dissociation.

 

Alors attaquée, chargée de toutes les souillures du monde universitaire, elle se réfugie dans son en-dedans où l’on ne peut l’atteindre. « Connais –toi, toi même » peut-on lire sur le fronton du temple de Delphes !

 

Et, là contre toute attente, alors que les mots pouvoir ou puissance n’avaient été employé que pour environner Félix Talisman , CMC se livre : «  J’avais le pouvoir depuis toute petite , de rester assise sans rien dire , comme si j’étais là , à subir ce qui se passait , alors qu’en réalité , je suivais la courbe de mes rêves »

 

L’emprunt au surréalisme est évident pour expliquer qu’à un des pires moment de sa vie , elle se rend pourtant libre de se réfugier dans l’antre de ses souvenirs .

 

Elle va au plus profond d’elle-même, elle entame une régression voulue pour se détacher de cet espace contraint, théâtralisé, où en victime expiatoire des péchés des autres, elle doit payer son arrogance d’appartenir à un exo-groupe , celui des femmes.

Comment a-t-elle pu avoir l’outre-cuidance de se faire élire présidente à la place du président Talisman ?

 

Même accablée, entâchée des souillures des autres, chargée de tous les péchés des uns, elle ne sombre point dans le découragement , car elle est sûre que tout  ce qui commence a une fin .

 

Elle subit comme un rite initiatique sur l’autel brinqueballant de l’imposture d’une prétresse valkyrie ancrée dans la vallée de Gwaya 

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C’est une tragédie au sens propre du terme, une expérience qui impose pitié, effroi et  catharsis. Ce  cataclysme émotionnel  lui impose de renaître au monde.

 

« Ce monde des cultures amies existait  bel et bien quelque part, je n’y renoncerais pour rien au monde et ce que j’avais semé et continuerais à semer finirait par germer »

 

Il suffira juste d’attendre que les masques portés par les acteurs de cette tragédie tombent.

 

Comme Hanna Arendt, elle veut procéder  à une rupture des logiques pernicieuses et destructives. Il faut s’affranchir, rompre ensemble. Co-rompre avec le corruptible, celui qui érige la compromission. CMC ou l’intransigeance …

 

Elle souffre, elle pleure sur la déchéance qu’elle voit autour d’elle, mais toute cet eau qui jaillit d’elle, a une fonction lustrale. Dans, La Mazurka perdue des femmes-couresse , « Il est bon de pleurer, de laisser s’échapper l’eau de nos douleurs » , la thématique est déjà présente

comme une préparation au Talisman de la présidente .

 

On prie autour d’elle, son bouclier humain se met en action, son nouveau talisman s’oppose à l’autre.

Dans la Mazurka perdue des femmes-couresse, « cinquième et dernière forme de résistance, pour lutter contre la misère ou la folie,  la prière. Ni richesse, ni abondance, juste de quoi se nourrir quotidiennement et se garder en santé. » «  Rien de trop » , lit-on sur le fronton du temple de Delphes !

 

« Tous autour de moi, présidente, et moi, présidente autour d’eux ... » ce qui semble une prière puissante dite de protection à l’instar de la prière dite du Sang du Christ, cette prière accrochée à l’entrée de pratiquement tous les foyers aux Antilles.

 

Elle inaugure une stratégie de la bienveillance ou l’intelligence de la coopération, la clarté  et la réciprocité sont de mises .

 

C’est en somme le fondement de la relation que CMC veut introduire au sein de sa nouvelle gouvernance.

 

Beaucoup de femmes, l’entourent, ce sont comme des fées, elles semblent appartenir à un univers magique. D’autres font aussi parti de sa garde rapprochée, ils ont pactisé, « un pour tous, tous pour un » tels des mousquetaires , des chevaliers partant en croisade mais surtout unis envers et contre tous.

 

« L’humain de l’homme tiendrait dans le partage de la détresse »  

 

Avec un message clair, mettre son Conseil d’Administration face à ses responsabilités, jouer franc jeu.

 

CMC , c’est l’exigence de la vérité par une  action collective .

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Ce livre dépasse l’épiphénomène de l’Affaire du Caribmia , ce livre est une clé de compréhension d ‘une société qui s’auto-détruit  , qui est anthropophage  et se dissout sous toutes sortes  de compromissions .

 

Corinne Mencé-Caster  dissèque , le microcosme universitaire et plus largement la société telle qu’elle peut exister aux Antilles , dans un lieu marqué par le post ou néo-colonialisme !

 

«  Rien n’arrive par hasard : tout ce qui survient doit être analysé »  dit-elle ou fait-elle dire dès la première page de la fiction .

 

L’universitaire n’hésite pas a boulonner son histoire dans son  parlé kréyol , sa diglossie .

 

Pawol-douvan , milan , nas anbafèy, koupé dékalé , andidan grigri-la et surtout le fameux lablanni qui est le socle , l’impulsion de son nouveau talisman .

 

Métaphoriquement, elle parle de la fonction sociale qu’avait la femme d’aller laver son linge  sale à la rivière et de procéder au « blanchisman » des draps et autres sur les gros rocher de la rivière et ce, devant les autres acteurs de son environnement domestique .

 

Ici, le lablanni , dont elle parle consiste à tout déballer au monde , tout dire au monde , renseigner sur toutes les impostures qu’elle trouve au sein de l’Université .

Son travail , c’est l’intérêt général , et cet intérêt est publique . Elle doit révéler les choses , les enlever de l ombre et les mettre au soleil pour qu’elles soient éclatantes de fraîcheur  Il faut mettre à la lumière ce qui ne l’est pas .

 

( Senblanni , en Guadeloupe , c’est la fête de la lumière chez les zendyens ?? Il y aurait-il un rapprochement à faire ? )

 

Ce lablanni est abordé dans La Mazurka perdue des femmes-couresse , ou du moins parle-ton de l’écologie de la propreté comme résistance à la folie en pays dominé .

 

Mettre au soleil, faire  rentrer le soleil dans la maison, étendre le linge au soleil …Le soleil est ce révélateur de la propreté si chère à nos anciens, comme  si tous ces objets au soleil ingérait la puissance de l’astre et s’en trouvaient décontaminée de leur saleté.

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Pour conclure et au-delà de la simple mise en avant d’un principe moral et de l’illustration de règles générales, le récit vise à FAIRE FAIRE , il incite plus ou moins ouvertement à l’action . «  Je dis seulement que, bientôt, je reviendrai les affronter et, cette fois, c’est moi qui serai debout, pancarte à la main »

 

Conformément au principe classique et pragmatique qui veut que la FIN du récit soit son principe moral, implicite ou explicite Corinne Mencé-caster , conclut sur une maxime ancrée et endogène : » Nou péké janmen moli ba yo »

 

De fait, ce livre prouve de façon impressionnante que, même dans les pires conditions biographiques, la vie finit toujours par triompher.

 

Etre de chair ou de papier, lecteur, narrataire ou simple lecteur, le pacte de lecture est sans cesse renouvelé par une écriture de la fiction dont la valeur n’est pas moins testimoniale d’une société en putréfaction devant l’argent.

 

« Le talisman de la présidente », si CMC à la fin du livre propose les contours de son nouveau talisman, ce bouclier humain qui l’entoure on pourrait aussi imaginer que ce mot talisman accolé au mot présidente  est comme un désir de l’auteur d’exorciser  tout ce mal qu’on lui a fait  en accolant le mot a sa fonction.

 

Comme un retour à l’envoyeur, un désenvoûtement, une décontamination de sa fonction qui fut par trop souillée et jetée  à la vindicte populaire… ignorante.

 

Comme une manière d’ingérer l’ennemi pour mieux intégrer sa puissance de protection mais cette fois à des fins vertueuses autour d’une gouvernance ou ensemble, on coopère , pour l’intérêt général .

 

Cosette EUGENE-DELESSE