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Situation financière calamiteuse de Fort-de-France : la Cour des comptes fustige le laxisme de l’Etat

Situation financière calamiteuse de Fort-de-France : la Cour des comptes fustige le laxisme de l’Etat

Dans un référé, la Cour des comptes pointe « de nombreuses et sérieuses insincérités budgétaires » que l’Etat aurait dû détecter.

Rarement référé de la Cour des comptes porte appréciation aussi sévère, tant à l’encontre de la collectivité concernée, en l’occurrence la commune de Fort-de-France, préfecture de la Martinique, que de l’Etat, par son manquement à remplir sa mission de contrôle. Preuve en est que le référé, daté du 29 octobre 2019 mais publié lundi 23 mars, signé par Didier Migaud, qui était alors premier président de la Cour des comptes, est adressé directement au premier ministre, Edouard Philippe.

Fief historique du Parti progressiste martiniquais d’Aimé Césaire, qui dirigea la commune de 1945 à 2001, en passant par son successeur Serge Letchimy, aujourd’hui député de la Martinique, jusqu’à l’actuel maire, Didier Laguerre, élu en 2014, Fort-de-France, qui compte aujourd’hui près de 80 000 habitants, connaît depuis plusieurs années une situation financière périlleuse. Le contrôle exercé par la chambre régionale des comptes (CRC) de la Martinique sur les exercices 2012 à 2018 faisait suite à un précédent, qui avait donné lieu à un rapport d’observations définitives en décembre 2011. Déjà, la CRC avait relevé d’importantes lacunes et avait souligné « la fragilité de la collectivité, en termes budgétaires et de trésorerie, en raison, déjà, de dépenses de personnel excessives ». Or, constate la Cour à l’issue du dernier contrôle, « loin de s’être améliorée, la situation de la commune s’est encore dégradée et nécessite désormais des mesures correctives plus rigoureuses que lors du constat précédent ». Et d’ajouter que « les dispositifs de contrôle ont été inefficaces ».

Ainsi, la CRC a mis au jour « de nombreuses et sérieuses insincérités budgétaires ». Sur six ans, là où les comptes administratifs de la commune font apparaître un excédent de la section de fonctionnement de 3,5 millions d’euros, le déficit cumulé s’élève, en réalité, à 51,5 millions d’euros. Un déficit « occulté » qui représente pas moins de 37 % des recettes de fonctionnement. En 2012, ce déficit était de 11,7 millions d’euros et représentait 6,6 % des recettes de fonctionnement.

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