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Société : une expat raconte son périple en dehors de La Marsa

Société : une expat raconte son périple en dehors de La Marsa

« Les gens étaient bizarres, ils essayaient de m’indiquer le chemin dans une langue étrangère, on ne voyait pas la mer, bref, c’était insoutenable ! » Tels étaient les premiers mots de Marie-France, 34 ans, une française qui réside à La Marsa depuis plus de 3 ans et qui a eu la mésaventure de quitter son quartier pour une demi-journée. Récit.

Fraîchement diplômée d’une école de gestion à Paris, Marie-France est poussée par son père, sa philanthropie et les 5000 euros de salaire par mois à intégrer les rangs d’une ONG Suédoise s’occupant des chats errants dépressifs de la banlieue nord de Tunis. L’idée de partir à l’aventure et de faire don de soi pour ces populations opprimées enthousiasmait cette amoureuse de la Tunisie. « Je connaissais par cœur les clips de Danny Brillant et de Patrick Bruel, autant dire que le café des Délices n’avait aucun secret pour moi ! » S’exclamait notre banlieusarde d’adoption qui ne cache pas sa satisfaction pour les 3 années « pré-incident » passées à bourlinguer entre le Plaza, Qobbet El Hwé et le café des Nattes et à rencontrer de charmants autochtones avec qui elle n’hésite pas à échanger quelques dinars pour un bon café.

La paisible expatriation de Marie-France s’interrompit ce jour de septembre 2017 quand sa collègue tunisienne l’invita à un brunch dominical dans un salon de thé au Bardo, quartier habituellement réservé à la classe moyenne tunisienne. Prenant son courage à deux mains, elle décide d’y aller sans prendre en considération les risques qu’elle allait prendre !

Guidée par son GPS, elle arrive en voiture au Bardo où elle commence à se rendre compte qu’elle était en terrain hostile : teints basanés, voitures populaires et fast-foods puants annonçaient la couleur d’une matinée angoissante qu’elle allait endurer loin de sa zone de confort. Le paysage s’assombrit un peu plus lorsqu’elle perdit sa connexion 3G et dut demander son chemin à un des autochtones qui, n’ayant pas pu lui répondre dans la langue de Ribéry, amorça une gestuelle bizarre ponctuée de « men hné la-bas café ! » incompréhensibles visant, selon Marie-France, à rameuter la tribu locale et la kidnapper. Apeurée par tant d’hostilité, notre expat décide de rebrousser son chemin pour La Marsa.

De retour chez elle en France, la cellule psychologique mise en place par son ONG n’a pu que constater les dégâts : choc civilisationnel irréversible et agoraphobie post-traumatique qui ont valu à notre protagoniste une période de repos et un régime sans-kebab de 6 mois. Suite à cet incident, la communauté expat a redoublé de vigilance en interdisant à la communauté de quitter la banlieue nord en attendant des mesures concrètes du gouvernement tunisien.

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