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SOLIDARITE POUR LA CULTURE A LA MARTINIQUE

SOLIDARITE POUR LA CULTURE  A LA MARTINIQUE

 Je suis très émue de me retrouver ici, dans la cour de cette mythique maison des Syndicats de Fort de France, cette maison que les travailleurs connaissent que trop .  Et bien qu'elle soit de cette architecture moderniste dont nous sommes si fiers à la Martinique, ce n'est pas une maison de plaisir .

C'est un édifice réservé à l'organisation de la lutte des travailleurs et du peuple, face à l'injustice du capital et du  pouvoir en place

Assistés par  la CSTM  , aujourd'hui, nous, travailleurs du monde du spectacle, gens du théâtre,  artistes comédiens, techniciens, décorateurs , ingénieurs du son ,  metteurs en scène,  auteur,  nous sommes venus ici , car nous recherchons une maison ! 

 Asé pléré ! Nous direz-vous. Cet édifice, qui fait face à la maison des syndicats, cet Atrium, voulu et créé par feu Aimé Césaire, un de nos  grands dramaturges , a été construit dans l'idée d'une politique  culturelle d'envergure. Toute la Caraïbe nous envie. Mais qu'en faisons-nous, pourquoi n'y sommes-nous pas  ?

Cette construction , est le fruit  d'un des rêves de Césaire qui en son temps était  spectateur, dans les salles des autres 

Cet Atrium , maison de la culture qu'il à pensé pour  son peuple , est jugé par ceux qui l'administre trop notable pour nous et pour la culture du peuple 

En la déclarant scène  nationale,  les pouvoirs en place ont fait d'elle une structure de l’État français, au même titre que  la Comédie Française à Paris

EPCC, Établissement Publique de Coopération Culturelle. elle est régie selon les dogmes des salles de spectacles subventionnées

Ce qui est  dommage pour les artistes et pour le peuple, c'est que c'est là, le seul édifice dédié au théâtre en  Martinique. 

Conduite de manière tentaculaire, dans  toute l'agglomération de FdF et dans les communes avec des spectacles gratuits, la possibilité de créations qui pourraient faire vivre des artistes et des compagnies,   est  rendue impossible.

 

Ce fonctionnement fragilise les  créateurs et les  comédiens, car elle incite  les services de la culture des mairies à  ne jamais se bousculer pour le paiement du travail fourni. par les artistes .

Pour donneurs d'ordre de l’État, nous considérer  comme des  crèves la faim, devient à ce moment plus simple à gérer 

La création de spectacles est onéreuse, et elle implique à un directeur artistique, en plus de l'éthique  d'une œuvre, une certaine déontologie face aux règles et aux lois du travail .

Entre 2012 et 2015, la compagnie de l’île Aimée dirigée,  par Hervé Déluge, a produit 130 fiches de paie pour 20 salariés,  malgré le fait de ne jamais faire partie des privilégiés en matière de budget 

Ceci  n'est pas un exploit me direz-vous   mais cela doit vous faire comprendre que notre Camarade Hervé Déluge, pris depuis  le 13 février 2017 dans les nasses de la justice, pour un acte répréhensible certes , n'est ni  un voyou, ni un irresponsable.

 

Ce qui nous réunis aujourd'hui , c'est que nous savons pour l'expérimenter tous les jours , la douleur des compromis, la douleur du dénigrement, du mensonge , de la division, des trahisons  basses et de l'humiliation .

Les faits reprochés à Hervé Deluge, directeur Artistique de la Compagnie l’île Aimée , sont les résultats du sort réservé à l'artiste martiniquais, noyé dans les bizarreries et les paradoxes de l'administration de l'Atrium, de la Direction des Affaires culturelles, et de la CTM,  ceux-là même qui vous missionnent , sont les mêmes qui créent l'entrave à l'action demandée.   

En tout et pour tout, nous savons la démission de la CTM et la détermination de l’État français. Son bras armé est la DAC  la Direction des Affaires Culturelles en Martinique, à qui il est  demandé d'assurer les directives  ministérielles .  Pour ses administrateurs, la parole donnée, vaut seulement pour elle-même et non pas pour ce qu’elle signifierait. 

Mais vous qui m'écoutez , comment concevoir  que la création en Martinique est désormais l'affaire de ceux qui dirige la seule structure qui existe ? 

 

 

Qui mieux que nous, en effet,  peut vous narrer notre propre histoire ?

Ce qu'il faut savoir , c'est que durant les  2 ans de sa direction , monsieur le directeur de Tropiques Atrium , à produit 14 créations théâtrales, face à lui  un metteur en scène martiniquais à  eu droit à 1 création par année. Merci et circulez .

 Mais si Monsieur le Directeur de Tropiques Atrium , a trouvé à la Martinique un lieu d'expression identitaire, c'est bien qu'en d'autres temps,  des artistes de la Martinique, sans aide étatique et sans élitisme économique ,ont su  créer un vivier de l'Art et de la Culture populaire .

En vous disant cela , je pense à ,Maryse Condé  qui dit   « le créole c'est la langue du rire  »

Même si pour l'heure , notre langue nous sert à pleurer qui mieux que nous , sait rire de nous ? ,

Et avec  quels mots peut-on  exprimer le désarroi de  celui qui a dû s'expatrier pendant plusieurs années  pour obtenir des diplômes,  Que dire à ce bouillonnant metteur en scène  que bien qu'il ait fait   ses preuves et qui  depuis dix ans, anime bon gré malgré l'action culturelle en matière de théâtre à la Martinique, qu'il aille voir ailleurs

Monsieur Madame,  Hervé Déluge        comme nous  tous nous aspirons qu'à une chose  exercer son métier , donner du bonheur à ses compatriotes, éduquer le regard, restituer par notre bestiaire la conscience de notre histoire . Être artiste dans sa cité.

Tout comme moi vous savez que  le théâtre  est un acte de résistance, son action consiste à toucher et à transformer l'autre  pour à terme changer le monde

C'est la raison pour laquelle , nous demandons en premier lieu

solidarité pour Hervé Déluge . Avec votre aide , sa nature généreuse lui donnera l'occasion de réparer son erreur  et  par la même,  de se reconstruire .  Avec votre soutien,   nous lui éviterons  l'exil   .

Le Combat d'Hervé Déluge est  notre combat , ses erreurs sont aussi les erreurs de notre peuple . Aujourd'hui nous marcherons ensemble , ce faisant,  vous réfléchirez à votre tour , sur l'opportunité d'un lieu pour la création d'un théâtre populaire voulu par tous  pour qu'enfin , le public se reconnaisse dans les créations artistiques qui lui sont proposés. J'ai dit proposé et non pas imposé

 Une maison  qui permettra à tous les artistes de s'exprimer librement , une maison qui laissera une chance à ceux qui ne répondent pas aux critères d'une scène quand elle est nationale

En plaçant le directeur de l'Atrium, la DAC effectue ce  pourquoi elle existe en Martinique , mais nous réfutons l'idée d'un duel qui serait de l'ordre du Nèg Kont nèg.

Ceux que l'on a choisi d'installer dans des structures qui ont été créées pour nous , ont toute liberté pour produire,  et même si par des jugements obscurs,  nous n'entrons pas dans les critères nationaux on ne saurait nous empêcher  de vouloir les mêmes outils  que ceux qui occupent ce que Césaire avait pensé pour nous.

Il convient de prendre la mesure de l'injure permanente qui nous est faite de considérer les artistes martiniquais tout juste bon à aller prendre ailleurs ce qu'est la culture

Combattue depuis qu'elle est en gestation, notre culture est un bien inaliénable

 

 Pour conclure , je vais vous lire un  petit extrait d'un texte de Bertold Bretch,  auteur  classique  que notre Camarade Hervé Déluge aime particulièrement

Nous le savons

La haine contre la bassesse, elle aussi

tord les traits

La colère contre l'injustice

Rend rauque la voix .

Hélas , nous qui voulions préparer le terrain à l'amitié

Nous ne pouvions être nous-même amicaux

Mais vous, quand le temps sera venu

Où l'homme aide l'homme

Pensez à nous avec Indulgence

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