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SOUTIEN AU MILITANTS ANTI-CHLORDECONE LORS DU PROCES DU 13 JANVIER

SOUTIEN AU MILITANTS ANTI-CHLORDECONE LORS DU PROCES DU 13 JANVIER

   On n'est pas obligé d'être d'accord avec quelqu'un pour le soutenir.

   En 2007 (il y a donc 13 ans), Louis BOUTRIN et moi-même, après avoir publié la même année deux ouvrages dénonçant l'empoisonnement de la Martinique et de la Guadeloupe par le chlordécone, avions lancé l'Association NON AU CHLORDECONE. Cette dernière avait réussi à rassembler près de 300 personnes à l'Atrium la veille du Vendredi saint. Puis, nous avions organisé des manifestations dans les rues de Fort-de-France qui, elles, en avaient rassemblé à peu près autant (à noter que le PPM et la municipalité de Fort-de-France avaient monté les revendeuses de la ville contre nous au motif que nous dénoncions la vente de légumes-pays contaminés). Ensuite, nous avions organisé une conférence de presse dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale, à Paris, en présence des députés français Alain LIPIETZ et Corinne LEPAGE, mais en l'absence de tout député antillais !!! Enfin, nous avions organisé des conférences d'information un peu partout à la Martinique (François, Trinité, Lorrain etc.) avant que notre association, POUR UNE ECOLOGIE URBAINE ne porte plainte en justice contre l'Etat français, tout comme l'ASSAUPAMAR, pour "mise en danger de la vie d'autrui et empoisonnement". Plainte qui a été délocalisée au tribunal de Paris et dont nous n'avons plus aucune nouvelle depuis...13 ans.

   Aujourd'hui, des jeunes (et des moins jeunes) reprennent le flambeau et bloquent régulièrement l'entrée des supermarchés du Groupe HAYOT. Ils ne sont à chaque fois, hélas, qu'une cinquantaine alors qu'en 2007, 2008 et 2009, nous étions autour de 300. La prise de conscience des Martiniquais a donc régressé et il conviendra d'en analyser les causes le moment venu, l'une des principales (mais pas la seule) étant, à mon humble avis, l'abandon de l'indépendantisme au profit du noirisme. L'un des leaders depuis plus de quarante ans du mouvement écolo-souverainiste n'a-t-il pas osé, en effet, déclarer sur une radio : "Je fus indépendantiste". Mais ce n'est pas le sujet du jour. Nous y reviendrons...

   Oui, mais à part, tout ça, vous avez fait quoi, nous demandera-t-on ? Réponse : après avoir joué notre rôle de lanceur d'alerte dans le sillage du grand Pierre DAVIDAS, le tout premier à avoir tiré la sonnette d'alarme (en vain !) au milieu des années 80, après avoir publié ces deux livres et organisé des manifestations, Louis BOUTRN est devenu conseiller exécutif et président du PNM (Parc Naturel de Martinique). Etre dans l'opposition, ce n'est pas être au pouvoir. Dans l'opposition, en 2007 donc, nous ne pouvions que dénoncer. Arrivé au pouvoir en 2015, le GRAN SANBLE POU BA PEYI-A AN CHANS se devait d'agir. Ce qu'il a commencé à faire par le biais du PNM ! Louis BOUTRIN et ses collaborateurs ont donc d'abord lancé le Label "ZERO CHLORDECONE" qui réunit aujourd'hui une quarantaine d'agriculteurs et d'éleveurs et qui offre des produits certifiés sains au consommateur. Puis, ils ont lancé une application "ZERO CHLORDECONE", facilement téléchargeable sur un téléphone portable, qui permet à l'acheteur de vérifier IMMEDIATEMENT l'origine du produit qu'il achète et surtout s'il contient des traces du chlordécone ou pas. Et d'autres actions similaires sont en gestation...

 

 

   Dire donc que BOUTRIN n'a rien fait depuis qu'il est élu ou qu'il a utilisé l'affaire du chlordécone pour se faire élire (comme l'a écrit un certain pédiatre qui se la pète alors qu'il n'a jamais rien accompli de saillant de sa vie) et que depuis qu'il est conseiller exécutif, il est inactif, relève donc de la malhonnêteté la plus crasse. D'abord, pendant la campagne électorale de 2015, au cours de laquelle j'ai été amené à prendre la parole à diverses reprises au nom de notre parti, MARTINIQUE-ECOLOGIE, la question du chlordécone a été évoquée, mais parmi des tas d'autres questions. Et puis, qui peut croire qu'incapables que nous étions de rassembler plus de 300 personnes en 2007 et les années suivantes, dénoncer l'usage du chlordécone aurait été un excellent argument électoral ? QUI PEUT CROIRE CA OU FAIRE CROIRE CA ? Les malhonnêtes seulement et autres lumpen-intellectuels qui gravitent autour du PPM comme le pédiatre en question !

 

 

   Sinon, victoire électorale ou pas, le "pouvoir" dont dispose la CTM est limité et ça, le PPM le sait mieux que quiconque puisque lors de la consultation sur l'Article 74, en 2010, il s'était vivement opposé à ce qui aurait pu nous permettre d'obtenir un début de commencement d'autonomie. Une poussière d'autonomie ! Ce qui aurait déjà été un petit pas, un tout petit premier pas, qui aurait permis de donner plus d'espace au "pouvoir" martiniquais. Donc venir insinuer aujourd'hui que BOUTRIN ne fait rien sur le chlordécone après s'être opposé à un début d'autonomie, c'est se moquer du monde ! Les Martiniquais ont rejeté à 78% l'Article 74 et n'ont donc qu'à prendre leurs responsabilités. On ne peut pas avoir en même temps le beurre, l'argent du beurre et l'arrière-train de la fermière. Je ne suis pas un homme politique, mais un simple militant sans aucune ambition politique et je peux donc dire à haute et intelligible voix ce que ma conscience me dicte sans craindre de froisser X ou Y. Je n'ai pas à flatter qui que ce soit et j'assume toujours pleinement ce que je dis ou écrit. Je peux surtout dire ce que je crois être, à tort ou à raison évidemment, la vérité.

   Et la vérité est celle-ci : tant que la Martinique restera sous tutelle et n'accédera pas à la souveraineté, nous demeurerons pieds et poings liés, avec juste un "pouvoir" limité et dans cette perspective, abandonner l'indépendantisme pour le noirisme est UNE HONTE. La foule qui s'est précipitée sur les bouteilles de champagne à 15 euros du Béké n'a aucunement envie de se séparer de Manman la France et nous sommes obligés de tenir compte de cette réalité. Notre devoir est donc, face à pareille état de fait, de continuer à défendre coûte que coûte l'idée de souveraineté nationale et puisqu'on est au "pouvoir" (le petit pouvoir local) de tout faire pour avancer pion après pion. C'est ce qu'Alfred MARIE-JEANNE fait, c'est ce que le GRAN SANBLE POU BA PEYI-A fait avec toutes les embûches que cela comporte car, répétons-le pour la énième fois s'il le faut : nous ne sommes pas un pays indépendant et nous n'avons pas le pouvoir d'agir à notre guise. Le peuple n'a d'ailleurs jamais donné mandat pour cela aux vainqueurs de l'élection de 2015 mais avalisé un "pacte de gestion" entre indépendantistes (MIM, PALIMA, CNCP), autonomistes (PCM, RDM), écologistes (MARTINIQUE-ECOLOGIE) et droite (BA PEYI-A AN CHANS).

 

 

   Pour en revenir au chlordécone, j'apporte donc mon soutien total aux manifestants qui vont passer en procès le 13 janvier prochain tout en n'étant pas d'accord avec les méthodes qu'ils utilisent. Et cela non pas parce qu'elles seraient violentes comme les en accusent les pro-Békés, mais parce qu'elles sont inefficaces. Et aussi parce que tout slogan d'indépendance ou de souveraineté a disparu au profit des "J'encule les Békés" et autres sottises noiristes. Inefficaces parce qu'une cinquantaine de personnes ne peuvent bloquer qu'un seul centre commercial à la fois. Pendant que Carrefour Génipa est bloqué, Carrefour Dillon et Carrefour Cluny du Groupe GBH continuent tranquillement à ramasser l'argent des Martiniquais. Sans même parler des autres centres commerciaux appartenant à des Mulâtres ou à des Chinois. Sans même parler du fait que les petits commerçants "nèg" des galeries marchandes subissent de plein fouet les fermetures répétées des centres commerciaux alors que le Béké, lui, est assuré contre ce genre d'aléas. En plus, l'économie de comptoir n'est aucunement remise en cause ! Donc à quoi cela sert-il de bloquer ?

   En fait, ce problème, majeur s'il en est, d'économie de comptoir ne pourra être attaqué que dans le cadre d'une Martinique souveraine et pour l'instant, tout ce qu'il est possible à nos politiques de faire, c'est de lutter contre les monopoles ou plus exactement veiller à l'application de la loi (française) les concernant. Rien de plus ! Nos politiques ne disposent pas du pouvoir de sanctionner le Groupe GBH ni de nationaliser ses entreprises ni même de le contraindre à embaucher en priorité du personnel local. D'ailleurs, même si, par miracle, la loi (française) se décidait à sévir contre ces Békés à cause du chordécone et à les traduire en justice. Même si deux-ou trois se voyaient condamnés, voire même emprisonnés comme c'est le cas du patron de CARENANTILLES, en quoi cela changerait-il QUOI QUE CE SOIT à notre situation de pays sous tutelle ? Dans le deuxième ouvrage que L. BOUTRIN et moi avions publié en septembre 2007, Chlordécone : 12 mesures pour sortir de la crise, l'une des mesures préconisée était une action judiciaire forte contre les importateurs békés du chlordécone (dont, soit-dit en passant, nous donnions pour la première fois le nom du plus coupable d'entre eux : DE LAGUARRGUE). Mais nous n'avons jamais écrit ni pensé que cela permettrait à la Martinique de sortir "hors des jours étrangers" comme le souhaitait CESAIRE. Croire pareille chose relève de l'infantilisme politique et du noirisme bêtifiant.

 

 

   Cependant, en dépit de toutes les divergences avec eux que nous venons d'exposer, le procès qui est fait à ces nouveaux militants anti-chlordécone est une infamie et nous appelons (sans nous faire d'illusion) le maximum de Martiniquais à venir les soutenir le 13 janvier prochain au tribunal de Fort-de-France...

NB. Réclamer sa souveraineté n'est pas haïr la France et les Français ! Est-ce que Barbade ou Sainte-Lucie haïssent l'Angleterre ? Est-ce que Cuba ou Saint-Domingue haïssent l'Espagne ? Est-ce que le Surinam hait la Hollande ? NON ! Nous voulons simplement sortir d'une situation malsaine qui nous infantilise et surtout qui, à terme, nous fera disparaître en tant que peuple. Pas besoin d'être agrégé de physique-chimie pour comprendre qu'une goutte de café (390.000 Martiniquais) versée dans 10 hectolitres de lait (67 millions de Français), et même 100 hectolitres de lait (350 millions d'Européens), finira par se diluer et disparaître complètement. NOTRE SOUVERAINETE EST AVANT TOUTE CHOSE UNE QUESTION DE SURVIE EN TANT QUE PEUPLE NI AMERINDIEN NI AFRICAIN NI EUROPEEN NI ASIATIQUE, MAIS CREOLE...Doté de sa propre langue et sa propre culture créoles !...Et si le mot "créole" défrise certains, nous n'avons aucun problème pour le remplacer par "wanakaérien" (du nom amérindien de la Martinique : Wanakaéra). Ou encore par antillais. Ou encore par caribéen. Ou encore par américain. L'important, l'essentiel, étant de savoir QUI NOUS SOMMES exactement ! Et qui NOUS NE SOMMES PAS...

  

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