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"Stéphanie Saint-Clair, Reine de Harlem" Une interrogation sur l'exil et l'identité.

Stécy Lancastre (in "France-Antilles" Guadeloupe)
"Stéphanie Saint-Clair, Reine de Harlem" Une interrogation sur l'exil et l'identité.

Résolument moderne, le texte délivre un message fort sur la quête d'émancipation et de reconnaissance.

Le samedi 17 mars, Isabelle Kancel a ébloui les spectateurs de l'Artchipel scène nationale dans une remarquable interprétation de Stéphanie Saint-Clair, Reine de Harlem. Un one-woman show extraordinaire qui a impressionné le public.

Avec un décor minimaliste mais très parlant, Isabelle Kancel fait évoluer son personnage dans son appartement luxueux new-yorkais. Une robe rose fleurie, un manteau de fourrure, elle s'assoit et raconte sans filtre à Fréderic, son neveu, comment elle est devenue la reine de la loterie clandestine de Harlem.

Dans un rythme effréné, le récit est adapté à une voix. Isabelle Kancel joue tous les rôles. Les policiers New-Yorkais, les banquiers ou bien encore les hommes qui lui font la cour.

Partie de rien, le public écoute religieusement l'ascension et le combat qu'elle mène pour échapper à sa condition de femme noire, étrangère et pauvre. Des handicaps, qu'elle va transformer en force.

FANM DOUBOUT

Stéphanie Saint-Clair était sans conteste une femme et un homme à la fois qui ne reculait devant rien pour arriver à ses fins. Lorsque la police new-yorkaise débarque chez elle pour la énième fois elle dessine en quelques minutes un scénario des plus machiavéliques avec ses banquiers. « Mettez-vous tous à genoux, priez, priez, louez le Seigneur ». En ouvrant la porte elle dit : « Comment osez vous déranger un moment aussi intime ? ». Dans le fond, les banquiers de mèche sont agenouillés.

Durant deux heures sans véritable arrêt, elle court, elle marche, s'arrête brutalement. Autant de scènes rocambolesques qui démontrent son incroyable capacité à survivre dans ce milieu impitoyable. Stéphanie Saint-Clair est ce qu'on appelle une fanm doubout. Résolument moderne, le texte délivre un message fort sur la quête d'émancipation et de reconnaissance.

Adapté pour la première fois au théâtre, Raphaël Confiant auteur de cette histoire vraie, devient ce fameux Frédéric qui écoute Stéphanie Saint-Clair dans la pièce. « Tu vois donc Frédéric, je ne t'ai rien caché », conclut-elle.

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