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Sylvia Saithsootane, chargée des affaires scolaires à la CTM : "Privilégier l'estime de soi..."

 1. MONTRAY KREYOL Vous êtes en charge des questions scolaires à la CTM depuis neuf mois. Quels sont les principaux problèmes auxquels vous avez été confrontée ?

 

S. SAITHSOOTANE : Je peux dire qu'en neuf mois, le travail n'a pas manqué ! Il a d'abord fallu aller à la rencontre des nombreux services associés à l'Education , de nombreux et nombreuses collaborateurs et collaboratrices vers qui je suis allée , en essayant de n'oublier personne . Puis je suis allée visiter les étabilissements scolaires, collèges et lycées (68 publics et 10 privés) . Ces visites m'ont permis de mesurer , avec acuité , le chemin qui nous restait à parcourir pour avoir des établissements sécures , répondant aux exigences actuelles .

Les problèmes que j'ai rencontrés peuvent être résumés en ces mots : obligation d'une très grande disponibilité , d'une grande écoute et d'un esprit synthétique , permettant de prioriser ..... toutes les priorités !

Le fait , également , qu'un quart du personnel CTM travaille dans les établissements scolaires m'a obligée à une grande réactivité , afin de pallier les difficultés d'organisation , les difficultés de communication , les difficultés de mise en oeuvre de l'autorité fonctionnelle des chefs d'établissement !

Mais, heureusement, plus que des problèmes, ce sont de réels chantiers qui s'ouvrent à moi, à nous !

 
2. MONTRAY KREYOL : La baisse démographique qui affecte la Martinique a un impact considérable sur l'enseignement primaire. Cela annonce-t-il la fermeture de nouvelles écoles, notamment dans les campagnes ? Que faire face à un tel phénomène ?

 

S. SAITHSOOTANE : Il est vrai que nous perdons 1000 élèves par ans depuis de nombreuses années . Cependant, les fermetures d'écoles ne semblent pas forcément opportunes et chaque ecas doit être étudié à la loupe. Le maillage des campagnes est indispensable mais il convient également que les Maires aient une politique volontariste quant à la construction de logements sociaux . En effet, de nombreuses communes n'ont pas atteint le taux du coefficient de la loi SRU . Et ce respect de la loi ne peut être obtenu que par une politique volontariste des communautés d'agglomérations qui ont la main sur le développement économique de leur espace . Education, Logement, Développement économique me semblent être des piliers forts pour pallier ce dépeuplement de nos campagnes .

 
3. MONTRAY KREYOL : le problème de la violence scolaire est particulièrement sensible dans certains collèges, quelles mesures comptez-vous prendre afin de la contenir ?

 

S. SAITHSOOTANE : Le problème de violence scolaire ne peut être coupé du problème de vioences de nos sociétés . De nombreux élèves vivent des stuations conflictuelles chez eux, chez elles , certaines, e climat international délétère et les injustices sociales ne font qu'accentuer ces violences certains ont une image trèse dévalorisée de leur personne et ont très peu d'estime de soi . Malheureusement , le climat délétère mondial ne fait qu'accentuer ces violences .

La réponse des institutions doit être une place importante sur le regain d'estime de soi, la culture des talents de chaque élève et mon engagement sur ces sujets est entier .

J'ai prévu de développer, avec tous les partenaires (élus , élues, rectorat, parents , associations , élèves ....) un projet éducatif territorial où tous les projets traitant de l'estime de soi, de l'apaisement , de la réalisation de soi seront privilégiés .

Un travail avec la gendarmerie , le rectorat mais également avec la chambre de médiation sera poursuivi et amplifié .

Ce travail d'estime de soi doit également être mené avec la CAF en direction des parents. 

A titre curatif , un déploiement conséquent d'agents de sécurité permettra de pacifier certains espaces et de permettre un rappel à la loi .

  
4. MONTRAY KREYOL : la question de la relocalisation provisoire du lycée Schoelcher défraie la chronique depuis plusieurs années. Comment s'est passée la rentrée au lycée de Bellevue ? Combien de temps durera cette situation transitoire ?

 

S. SAITHSOOTANE : Je peux dire que la rentrée sur les 4 sites de Dumas JEAN-JOSEPH, Joseph GAILLARD , BELLEVUE et SCHOELCHER s'est bien passée et le travail initié depuis le mois de février 2016 , malgré tous les rebondissements qui ont émaillé le calendrier jusqu'à aujourd'hui . Par cette opération , qui, concrètement , pour les entreprises, que je remercie très chaleureusement , n'a duré que 2 mois , par cette opération , nous avons réussi, à mettre les 4 sites en avis favorable de la commission de sécurité , pour notre plus grand bonheur . Car , en effet , nous avons profité , toujours en 2 mois , de travailler sur tous les établissements , apportant des améliorations notables attendues depuis des années : carbets de protection soleil et pluie , climatisation du restaurant scolaire ,remise en conformité des conduites incendies qui n'étaient pas opérationnelles .

 

Je peux donc dire que la gestation fut difficile mais que le résultat est là . La problématique des abords a été prise en compte par les équipes de polices municipales et nationales , les équipes mobiles de sécurité du rectorat et des agents de sécurité de la CTM.

 

Cette situation transitoire devrait durer 36 mois après le premier coup de pioche, c'est à dire au premier trimestre de l'année 2017 . Nous espérons inauguer ce lycée qui coûtera 90 millions d'euros , qui sera le seul établissement , lycée foyalais , à être un lieu parasismique, anticyclonique , pour la sécurité et le mieux être de nos élèves .

  
5. MONTRAY KREYOL : Estimez-vous que l'alliance entre votre groupe "BA PEYI-A AN CHANS" e celui d'Alfred MARIE-JEANNE, le "GRAN SANBLE", a été une bonne chose ? On parle de frictions récurrentes entre élus de ces deux tendances, qu'avez-vous à dire à ce sujet ?

 

L'alliance "GRAN SANBLE POU BA PEYI A AN CHANS " a été salutaire pour notre Martinique . D'ailleurs les électeurs et électrices ne se sont pas trompés et trompées . On ne peut que reconnaître l'amour de Monsieur le Président du Conseil Exécutif pour le peuple . L'idée de responsabilité nous rassemble bien également . Alors , oui, cela a été une bonne chose que la majeure partie des Martiniquais et Martiniquaises a très bien compris .

 

Concernant les frictions, je n'en ai pas entendu parler mais cela est certainement dû à la philosophie de vie qui m'anime : essayer de ne voir que le bon côté des choses et fuire les mauvaises vibrations :) :) :)

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