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TRANSCULTURATIONS AFRICAINES : LES MARASSAS ET LE MABELO

{{ {Les discours} }}

Sous la dénomination de créolisation s'exprime un phénomène historique et anthropologique moderne nullement spécifique à notre Caraïbe moderne, celui de l'acculturation. On pourrait aussi l'étendre par rétrodiction à des univers anciens et classiques, ceux de l'Asie, de l'Afrique ou de l'Égée méditerranéenne.

La créolisation intéresse des pratiques sociales, des valeurs qui les fondent. Elle s'organise aussi en discours, et ce sont les discours qui flottent comme autant d'habits plus ou moins ajustés sur les cultures vécues que nous considérerons d'abord.

{{Les discours du métissage}}

La métaphore élégante des «cultures métisses» habille, on le sait, un type de processus acculturatif connu sous le nom de syncrétisme, qui met en jeu plusieurs cultures et souvent du même coup plusieurs langues, dans des situations dynamiques d'échange mais aussi de production et d'innovation. L'anthropologie de l'acculturation est au principe des recherches sur «les cultures métisses». Avec les «cultures métisses», nous sommes donc aux antipodes du «discours du métissage». qui ne vise pas à produire des cultures métisses, mais se donne la tâche, visiblement immense, d'évacuer l'Afrique des populations et des cultures. On est tout près de la confusion du biologique et du culturel...

Faidherbe fut sans doute l'un des plus anciens porte-parole du discours du métissage. Abolitionniste convaincu en poste en Guadeloupe en 1848, il fut affecté au Sénégal en 1854, y brûla quelques villages qui n'en demandaient pas tant, au nom de la liberté et de l'égalité, et croyant convaincu en les vertus du métissage pour, je le cite, «améliorer la race noire», croyant et pratiquant. il eut un fils (qui finit lieutenant) d'une demoiselle Sidibe épousée selon les règles du pays. Mayotte Capecia tint dans notre littérature un discours similaire, dévoilant clairement les stratégies d'intégration qui le fondaient, et visant par la recherche du métissage à se faire accepter par l'Occident moderne. Mais l'exemple de Faidherbe nous rappelle aussi que le discours est une chose, et que les pratiques en sont une autre. (...)

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Document: 

marassas_et_mabelo_1998_AA.pdf