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Trois écrivains refusent de recevoir leur Prix Méditerranée des mains de Louis Aliot

Trois écrivains refusent de recevoir leur Prix Méditerranée des mains de Louis Aliot

Lauréats du prestigieux « Prix Méditerranée », trois écrivains ont décidé de boycotter la cérémonie officielle prévue à Perpignan l’automne prochain, pour ne pas avoir à "serrer la main" du nouveau maire RN Louis Aliot

Le 3 octobre prochain, Mahi Binebine restera chez lui à Marrakech. L’écrivain marocain ne viendra pas à Perpignan recevoir le "Prix Méditerranée 2020" pour son roman "Rue du Pardon".

"Il est impensable pour moi de recevoir ce prix des mains du nouveau maire de Perpignan, Louis Aliot, ancien compagnon de Marine Le Pen et membre du Rassemblement national", explique Mahi Binedine, qui précise avoir quitté la France en 2002 –après avoir vécu 17 ans à Paris- parce qu’il "ne supportait pas de voir Jean Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle dans le pays des droits de l’Homme".

L’écrivain reconnait que sa décision lui a "fait mal au cœur" et qu’il est "très honoré d’avoir reçu ce prix magnifique" qui récompense chaque année depuis 1982 un ouvrage traitant d'un sujet méditerranéen, et qui a consacré, entre autres, Tahar Ben Jelloun, Jean-Christophe Rufin ou Amin Maalouf

Parmi les dix auteurs récompensés cette année par le Prix Méditerranée, deux autres ont également décidé de boycotter la cérémonie. Dans une tribune cosignée avec Mahi Binebine, la poétesse Souad Labbize (Prix Poésie) et le romancier italien Giosuè Calaciura (prix Etranger)  expliquent vouloir "éviter tout amalgame et toute récupération ou instrumentalisation de la culture à des fins idéologiques ou politiques".

Editeur de Souad Labbize, les Editions Doucey annoncent également leur absence lors de la cérémonie de remise des Prix, pour ne pas "apporter la moindre caution à une équipe municipale qui incarne l'inverse de toutes les valeurs que nous défendons".

"Nous ne refusons pas le Prix qui a été remis par un jury qui nous semblait indépendant, explique Bruno Doucey, mais à partir du moment où le prix est remis à la mairie de Perpignan, par le maire nouvellement élu et son adjoint à la culture, les choses nous semblent d’un coup changer de signification : nous avons l’impression d’un rapt symbolique".

Pour André Bonet, le fondateur du Prix Méditerranée et nouvel adjoint à la culture à la mairie de Perpignan, ces prises de position découlent d'une "tempête dans un verre d'eau" orchestrée par Mahi Binedine, "un personnage qui vit dans un palais à Marrakech et qui se permet de donner des leçons de démocratie".

"Ces trois lauréats auraient dû refuser le prix, c'est cela qui aurait été courageux", ajoute André Bonnet qui promet tout de même de rendre hommage à leurs ouvrages lors de la cérémonie des prix, malgré les sièges vides. "Par leur décision, ils se punissent eux-mêmes et punissent leurs lecteurs".

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