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Tunisie : « On va quitter votre beau pays si accueillant », le témoignage d’une victime de racisme !

Par MKJ
Tunisie : « On va quitter votre beau pays si accueillant », le témoignage d’une victime de racisme !

La mort de l’Ivoirien Falikou Coulibaly, président de l’association des Ivoiriens en Tunisie, poignardé dimanche dernier dans un braquage à la Soukra, a rouvert le débat sur les actes racistes ciblant notamment la communauté subsaharienne basée en Tunisie.

A l’issu de ce meurtre qui a secoué toute la Tunisie, des voix se sont élevées pour dénoncer fortement les actes racistes commis à l’encontre des Subsahariens en Tunisie, même s’il s’agit, pour certains, d’un meurtre qui n’a rien à voir avec le racisme, ni la haine raciale.

Toutefois, un témoignage d’un jeune subsaharien, a fait le tour des réseaux sociaux, montrant qu’en Tunisie, et en dépit de l’adoption de la loi pénalisant la discrimination raciale.

En effet, le témoignage se termine sur un constat douloureux et des intentions de quitter la Tunisie, « cette terre si accueillante ». En-voici le texte écrit par Anthonny Gianni.

« Dans l’avion, en arrivant en Tunisie, j’étais tout excité à l’idée de découvrir un nouveau pays, avec une culture différente, un langage différent, des habitudes et coutumes différentes.

C’est triste mais ça ne m’a pas pris plus d’un mois pour réaliser que ma couleur de peau posait problème dans cette région du monde.

Entre temps, j’ai arrêté de compter les insultes, moqueries et discrimination dû à ma couleur de peau. Mais c’est rien comparé à mes amis qui se sont fait giflé dans le métro pour aucune raison apparente, sans que personne ne réagisse, ou comparé à ceux qui se sont fait égorgé un 25 décembre ou qui ont pris des coups et blessures.

Et quand on en parle, vous dites que ça aurait pus arriver à n’importe qui, vous balayer du revers de la main ce qui se passent vraiment ici, vous prétendez qu’il n’y a pas de racisme en Tunisie et que d’ailleurs vous avez aussi des tunisiens noirs de peau, alors que ces mêmes tunisiens noir vous les discriminer aussi pour leur couleur de peau.

Et la cerise sur le gâteau, vous finissez toujours par dire  » si vous aimez pas la Tunisie, alors vous n’avez qu’à partir  » .

Rassurez-vous, on va quitter votre beau pays si accueillant, qui se trouve d’ailleurs sur notre continent puisque vous avez tendance à oublier que vous êtes aussi africains ; mais si on part, c’est pas parce qu’on n’aime pas la Tunisie, c’est parce que vous ne nous aimez pas en fin de compte.

Et oui je généralise, parce que quand on parle d’un peuple, on prend le cas majoritaire, et malheureusement, la majorité des gens à Tunis sont raciste (conscient et inconscient) .

Ceux qui sont assez ouvert d’esprit ont soit quitté le territoire pour vivre dans un pays meilleur, ou soit sont restés mais sont en nombre inférieur face aux autres qui ont du mal à accepter les différences des autres, et qui malgré leur âge ont encore peur du noir… Joyeux Noël ❤️ »

Le président de l’Association des Ivoiriens en Tunisie tué à la Soukra

L’Association des Ivoiriens en Tunisie a annoncé, dimanche 23 décembre le décès de son président Falikou Coulibaly lors d’un braquage et une agression au couteau survenus à « Nahj Al-Matar » à la Soukra.

Certaines sources affirment que des arrestations ont eu lieu sur fond de ce meurtre.

Réagissant à cet acte douloureux l’Association des Etudiants et Stagiaires Africains en Tunisie a condamné « avec la plus grande fermeté l’agression à l’arme blanche (des coups de couteau) de notre frère Falikou Coulibaly de nationalité Ivoirienne rendant ainsi l’âme à l’hôpital de Mongi Slim ».

Un grand rassemblement populaire de la communauté subsaharienne sera observé ce mardi 25 décembre 2018, à partir de 11h du matin à Tunis, et plus précisément devant le théâtre municipal.

Cette action intervient après la mort du président de l’association des Ivoiriens en Tunisie, Falikou Coulibaly, poignardé et tué, dimanche dernier, dans un braquage à main armée à la Soukra.

« Nous invitons toute la communauté subsaharienne en Tunisie et la société civile à ce rassemblement pour dénoncer le meurtre de notre frère ainsi que d’autres problèmes comme les pénalités de séjours irréguliers » a-t-on communiqué.

 

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