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UN CALDOCHE AU CULOT MONSTRE !

Le dénommé {{Roland SABRA}} (courageux et douteux pseudonyme quand on sait
que l'homme n'est pas de confession hébraïque), enseignant caldoche du Lycée
de la Pointe des Nègres et grand ami de Camille CHAUVET dans le journal
duquel, "Le Naïf", il sévit dans le domaine de la critique théâtrale, s'est
permis dernièrement une attaque inouïe contre Daniel MARIE-SAINTE et Alfred
MARIE-JEANNE, respectivement président et premier vice-président du Conseil
Régional de la Martinique. Que de tels propos puissent être tenus en toute
impunité par un Caldoche démontre dans quel état de délabrement notre pays
est tombé !

Il est vrai qu'à la question de Patrick Chesneau posée lors de leur
présentation de programme sur ATV, à l'occasion des élections législatives,
à savoir "Y a-t-il un génocide par substitution en Martinique ?", A.
Marie-Jeanne et D. Marie-Sainte ont éludé la question. Exactement comme la
veille, Serge LETCHIMIY du PPM l'avait fait !!!

{{Quoi donc de plus normal, dès lors, que n'importe quel Caldoche se croit
tout permis ?}}

{{La rédaction de MONTRAY KREYOL}}

DMS n'est pas un modèle !

par Roland Sabra

DMS est le nom d'un modèle économique
utilisé par l'INSEE pour faire des prévisions. Ce sont aussi les initiales
de Daniel Marie-Sainte vice-président du Conseil Régional

Les seconds couteaux sont bien utiles en
politique : ils disent tout haut ce que le chef, charismatique selon les
codes journalistiques, pense tout bas..

AMJ est paraît-il "charismatique".
"Charismatique" :relatif au charisme, don particulier conféré par la grâce
divine » dixit le Robert véhément serait plus juste, même Claude Lise est
qualifié de « charismatique » ( Antilla n° 1162) on constate à quel point
l'adjectif est dévalorisé. Claude Lise est tout sauf charismatique,
placide à la rigueur. Rappelons encore une fois que lorsque le sociologue
Max Weber utilise ce terme, aujourd'hui galvaudé, il fait référence au
discours tenu par les dominés pour justifier leur domination. Le
"charisme" n'existe pas en dehors de ce rapport de sujétion. Le mot en dit
plus sur celui qui l'attribue que sur celui auquel il est attribué.
Revenons aux seconds couteaux, à Daniel Marie-Sainte en particulier, lui
tout le monde sera d'accord n'a rien de charismatique, mais il présente un
intérêt: il en dit plus sur la politique de son chef que son chef
lui-même. Ainsi dans le numéro14 de Business News il accorde un entretien
en complément d'un dossier consacré à « La faillite de collectivités
locales » Le dossier du journaliste constate d'abord que les 3 DFA ( DFA
ça fait plus chic) « souffrent de manière chronique, plus ou moins
importante, d'une situation financière difficile ». Il ajoute « Tous les
clignotants sont au rouge depuis plusieurs années » On est émerveillé de
la lucidité d'un tel diagnostic! Ensuite vient le détail de chaque commune
et le rédacteur d'expliquer doctement que "lorsque le coefficient
d'auto-financement courant est au-delà de 1,035. la situation est
critique", de même que "le coefficient de rigidité des charges
structurelles" ne doit en "aucun cas être supérieur à 0,8". Les médecins
de Molière officient toujours, ils sont désormais économistes.

La "gestion" une "science" sans
conscience (de classe)?

Le constat n'est étayé bien évidemment
par aucune analyse des causes particulières qui peuvent expliquer la
situation des « 3 DFA ». C'est ainsi qu'on applique les mêmes méthodes
d'analyse à des situations différentes et que l'on somme nos départements
de ressembler à celui des Hauts-de-Seine. En économie on connaît l'école
de pensée qui raisonne de la sorte, qui impose aux pays du tiers-monde le
respect de ratios définis par les grandes banques mondiales, qui demande
aux paysans affamés de se serrer davantage la ceinture, et de la boucler (
la ceinture, mais pas seulement), de consommer moins afin de rembourser la
dette. C'est le libéralisme économique. A ce point de lecture on va se
demander quel rapport y-a-t-il avec Daniel Marie-Sainte? Et bien
justement, il vient cautionner, soutenir l'orientation très libérale du
journal dont le nom, rappelons le n'est pas tout à fait neutre « Business
News ». D'abord DMS évacue l'analyse des conditions particulières à nos
départements. On ne lui fera pas l'affront de lui rappeler la nécessité
d'une analyse concrète d'une situation concrète. DMS raisonne dans les
limbes. « Je n'arrive pas à comprendre ..comment les collectivités... se
mettent en déficit » « Essayons d'appliquer des méthodes de bon sens » (
p. 26). ce qui suppose que de telles méthodes existent et qu'elles soient
déconnectées de tout contexte économique, social et surtout politique.
Ainsi parle le gestionnaire qui ne fait pas de politique mais qui gère les
ressources qu'on lui confie. La gestion est une « science » sans
implication politique. Bon DMS n'a jamais lu Marx, ce n'est pas bien
grave. Ce n'est pas ce que l'Etat colonial lui demande.

En effet la suite de l'article est un
énoncé de recettes plus proches de celles d'un notaire de province que de
la stratégie de rupture d'un militant indépendantiste. La seule
explication que DMS donne au fait que le MIM ne soit pas majoritaire dans
la population "c'est que l'on doute de notre capacité à gérer" ( p. 28.)
Les interrogations sur le maintien et la consolidation des exigences
démocratiques, sur les menaces de dérives "macoutistes", sur le maintien
du niveau de vie etc. Tout ça n'existe pas. Il faut que le MIM soit le bon
géreur de l'habitation Martinique. "Il faut savoir qu'un sou c'est un
sou"». On reste confondu d'une telle envolée dans l'analyse économique.
Mais le pire est à venir. La ligne ultra-libérale, proche de celle de
Raffarin, Villepin, Sarkozy est affirmée « Notre tendance au cours de la
dernière mandature a été de faire baisser la pression fiscale, les niveaux
de taxation de la fiscalité directe ont été réduits; » (p; 28). Rappelons
que la fiscalité directe est la moins injuste socialement, et bien c'est
elle qui est réduite par le MIM.

"Une mairie ne peut se débarrasser de son
personnel comme les entreprises privées"

Le tatchérisme économique s'affiche
clairement quelques lignes plus loin « La question se pose du choix entre
une augmentation de la taxe (sur les carburants) et le ralentissement des
investissements. Alfred Marie-Jeanne n'est guère favorable à un
alourdissement de la fiscalité ». A cette réponse digne des reaganomic's;
des Chicago's boys de Friedman, le journaliste de Business News jubile : «
Votre réponse est claire. Votre marge de manouvre reste très limitée. » (
p. 28). La conduite à l'acmé de la jouissance libérale avait été
soigneusement balisée quelques lignes auparavant par DMS : « Notre
tendance n'est pas de privilégier le travail en régie, ( c-à-d les
fonctionnaires territoriaux. NDLR) mais plutôt de faire travailler le
tissu des entreprises locales. Nous avons externalisé un maximum de
services ».(p.26) On ne peut mieux dire la politique de privatisation des
services publics, d'externalisation des compétences mise en ouvre. Pour la
droite la privatisation du service public permet la flexibilité, même si
c'est au prix d'une plus grande précarisation des travailleurs. DMS n'a
qu'un regret : « ...une mairie n'a pas la souplesse d'une entreprise.
Quand on a moins de travail, les ajustements sont très douloureux et
particulièrement difficiles. Une mairie ne peut se débarrasser de son
personnel comme peuvent le faire les entreprises privées.( p. 26) .
L'horreur économique est donc de ne pas pouvoir utiliser les travailleurs
comme variable d'ajustement aux aléas de la conjoncture. La seule
flexibilité que connaisse DMS est quantitative, celle du travailleur
"Kleenex", qu'on utilise et qu'on jette. C'est le discours du MEDEF.

Confusion entre dépenses et
investissements?

Le sous-investissement chronique de la
Région repéré par la Cour des comptes n'est pas prèt de prendre fin. Le
désenclavement numérique, le sous équipement informatique des lycées, la
non gratuité des manuels scolaires ( la Martinique est une des rares
Régions dans lesquelles la gratuité de tout ou partie des manuels n'existe
pas), les heures perdues dans les embouteillages faute de transports en
commun digne de ce nom, toutes ces sources d'injustices sociales qui
minent le tissu social martiniquais vont perdurer puisque « Les emprunts
d'aujourd'hui sont les impôts de demain » (p.26) et que donc, le MIM
confond un investissement, qui contribue à l'accroissement de la richesse
avec une dépense. Pour mesure l'ampleur du non-développement qui résulte
de ce parti-pris il faut se souvenir que le taux d'autofinancement des
investissements par la Région est en moyenne d'environ 30%, le reste
faisant l'objet de subventions en provenance de l'Union Européenne ou de
l'Etat français, ce qui veut dire qu'un "excédent budgétaire de 30
millions d'Euros correspond à un refus d'investir de 100 millions d'Euros!

A dire vrai il n'y a pas confusion entre
investissement et dépenses, il s'agit d'une stratégie mûrement réfléchie,
en effet il faut savoir que les sommes consacrées aux investissements sont
versées à des institutions ( lycées, hôpitaux , les sommes affectées aux
dépenses de fonctionnement le sont à... des entreprises et à des
particuliers. Ce sont bien sûr ces dernières qui sont en hausse constante
( +21% entre 2002 et 2004). Mieux encore AMJ à créé une ligne du budget de
la Région, appelée pudiquement « Aide sociale d'urgence » (Chapitre 953)
qui permet à AMJ de verser directement aux individus des chèques de la
Région (+ 1135% en deux ans). Clientélisme quand tu nous tiens!

Le choix du clientélisme

Ami lecteur ne décroche pas le meilleur
du tatchérisme est à venir. Il faut réduire l'envergure de l'emploi
municipal. Les reaganomic's disent réduire le poids de l'emploi public.
DMS « il faut évoquer ... le surdimensionnement de l'emploi municipal ».
Tout le monde connaît les prolétaires :« La principale revendication des
ouvriers municipaux est toujours la promotion par l'augmentation des
salaires et la sécurité par la titularisation. » ( DMS dans le texte p 30
!). Et comble du comble ça ne sert à rien de satisfaire leurs
revendications parce que « électoralement ce n'est pas toujours payant
».(p. 30) Décidément le peuple est ingrat. Il faut donc réduire le nombre
de fonctionnaires, s'attaquer aux statuts protégés de la fonction publique
territoriale et développer une situation de dépendance financière chez les
salariés, pour s'assurer de leur vote. L'objectif est de transformer les
administrés en obligés. On croirait lire la « Pravda » libérale. (Pravda
signifie vérité en russe) et on nage en plein clientélisme.

AMJ entre Tatcher et Reagan, proche de
Bush, ami lecteur tu penses que j'exagère. Mais souviens toi le
libéralisme économique s'accompagne du plus grand autoritarisme en matière
politique, en matière de mours. Les chantres du laisser-faire
laisser-aller économique entonnent aussi l'hymne de l'ordre moral. En
France d'où viennent les attaques contre les libertés individuelles? De la
droite extrême, du coté de chez de Villiers, par exemple, le rapprochement
n'est pas fortuit.

Tu doutes lecteur ? Mais quel est l'homme
politique, dont l'obsession est de tout contrôler, tout régenter et qui
est allé jusqu'à décider de la composition d'une équipe cycliste pour une
compétition dans une île sour? Ce n'est pas l'autocrate Castro ! Qui
pactise avec l'homophobie en refusant de voter le PACS? Ce n'est pas G. W
Bush! Quel est ce parangon de vertu, qui au motif de l'étalage sur la
place publique, par des voyous de la vie privée d'un directeur de
formation au passé un peu sulfureux, est allé demander sa démission, sa
révocation au prétexte du respect de l'ordre moral? L'adjectif dont
devrait être affublé AMJ n'est-il pas « démocratique », ne devrait-il pas
tirer son pouvoir du peuple et de lui seul et non d'une « grâce divine ».
Notre infantilisme politique est-il si fort qu'il nous pousse à rechercher
sans cesse un « leader maximo »? La douleur est-elle si grande qu'elle
nous conduise au nom de la martiniquité du bourreau à nous jeter dans ses
bras?

Roland Sabra

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