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Un rapport s’alarme de « la dégradation généralisée » des masses d’eau en Guadeloupe

Le Monde avec AFP
Un rapport s’alarme de « la dégradation généralisée » des masses d’eau en Guadeloupe

Cette dégradation est causée par les activités humaines, selon l’Office de l’eau, au premier rang desquelles figure l’agriculture. La Guadeloupe subit « une dégradation généralisée des masses d’eau », selon Hugues Delannay, directeur adjoint de l’Office de l’eau de Guadeloupe, commentant un rapport sur l’état des nappes souterraines, des rivières et de la mer que l’AFP s’est procuré, mardi 10 septembre.

Une dégradation causée par « l’activité anthropique », selon l’Office de l’eau, dont « l’agriculture et l’assainissement (…) et dans une moindre mesure l’industrie ».

Stations d’épuration non conformes

Le constat le plus « alarmant » du rapport, selon M. Delannay, est l’augmentation de la salinité de la nappe d’eau douce souterraine située sous la Grande-Terre. En cause, « l’intensité de l’utilisation de la nappe, notamment par des forages d’alimentation en eau potable », mais aussi les pollutions d’origine agricole, pesticides et composés azotés.

Côté mer, les algues qui se nourrissent de nutriments favorisent l’eutrophisation (déséquilibre physico-chimique provoquant une trop forte croissance des plantes) des milieux. « La responsabilité en incombe principalement au réseau d’assainissement et aux stations d’épurations qui ne sont pas mises en conformité, et tout finit dans la mer », souligne M. Delannay.

Les barrières de corail sont également en danger. Seule la masse d’eau des Saintes est classée comme étant en bon état biologique. Toutes les autres sont en état moyen, voire médiocre.

L’état des rivières s’est altéré également : lors d’une étude semblable réalisée de 2011 à 2013, l’état physico-chimique des cours d’eau était classé de bon à très bon, plus rarement médiocre ou moyen. Aujourd’hui, en 2019, tout s’est dégradé et plus aucune rivière parmi celles qui sont surveillées (notamment celles du croissant bananier au sud de Basse-Terre) n’est « en très bon état ».

En cause, la présence du chlordécone, un pesticide utilisé dans les années 1990 qui augmente non seulement le risque de prématurité, a aussi des effets négatifs sur le développement cognitif et moteur des nourrissons. Le chlordécone augmente également le risque de cancer de la prostate, dont le nombre en Guadeloupe est l’un des plus élevés au monde.

Post-scriptum: 
Sur la plage de Saint-Félix, Le Gosier à la Guadeloupe, le 2 mai 2015 Jean Roger

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