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Un Salon du Livre 2017 catastrophique pour les éditeurs ultramarins

Un Salon du Livre 2017 catastrophique pour les éditeurs ultramarins

   Le Salon du Livre 2017 vient de s'achever à Paris et c'est le moment pour les éditeurs ultramarins d'en tirer un premier bilan. Ce dernier est tout simplement catastrophique : 70% de chiffre d'affaires en moins que l'an dernier. La cause ou plutôt les causes sont, dans l'ordre, le très mauvais emplacement du stand de l'Outremer dans un espace gigantesque où les meilleures places sont quasiment squattées par les grandes maisons d'édition parisiennes ; le désintérêt des collectivités d'Outremer pour le livre alors que la musique et le sport sont outrageusement promotionnées et subventionnées ; l'intérêt médiocre des Ultramarins de Paris et de l'Hexagone pour le livre alors même qu'ils sont, de toutes les communautés non-hexagonales présentes sur le sol français, la plus alphabétisée.

   L'industrie du livre, comme l'on dit pompeusement, est une activité qui, contrairement à celle des petits pois ou des yaourts, n'est pas d'un rapport immédiat. Le livre n'a pas de date de péremption, ce qui veut dire que la circulation monétaire dans ce secteur économique est beaucoup plus lente qu'ailleurs. Autrement dit, l'édition est un métier à risque pour une cause, celle de l'intelligence du monde, qui n'a l'air de ne guère préoccuper nos politiques ultramarins de tous bords. Un exemple courant : un éditeur demande à une collectivité une aide pour publier une BD sur un personnage peu connu mais important de l'histoire martiniquaise, la BD étant, davantage que le livre d'histoire ou le roman, un moyen aisé de toucher les jeunes. Or, non seulement il est exigé toutes sortes de papier à l'éditeur en question, mais l'aide arrive...après la parution de l'ouvrage. Pire : son montant est tellement dérisoire qu'il serait indécent de l'indiquer ici.

   Ces mêmes politiques de tous bords ne cessent pourtant de se servir de l'image des CESAIRE, ZOBEL, FANON, GLISSANT et autre CHAMOISEAU quand cela les arrange, mais ils ne lèvent pas le petit doigt quand il s'agit d'accorder des aides à un secteur en grande difficulté et qui ne survit que grâce au courage et à l'abnégation des éditeurs locaux. A leur passion aussi. Jusqu'à quand continuera ce désintérêt qui confine au mépris et qui est un vrai scandale ?...

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