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UNE HERBE POUR LA MARTINIQUE, HÉLAS ! PAS CELLE DES RASTAS




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..........Vous êtes tous convaincus que je n'ai passé mes années antillaises qu'à cuire au soleil comme un anoli, à boissonner tranquille dans mon village des Anses d'Arlet, 4 années et 40 % à faineantiser comme tous ces blancs-France qui viennent s'enrichir dans votre île de Martinique, de grillades-bord-de-mer en villas défiscalisées. Bon, je suis arrivé sans le sou et reparti sans le sou. Je suis venu avec une malle de livres et je suis reparti avec cette même malle. Mais en plus j'ai aussi un peu travaillé pas seulement comme botaniste, ce qui est un loisir mais pour l'agriculture martiniquaise, principalement l'élevage et ce dans une structure de recherche où j'avais carte blanche, ni horaires, ni compte à rendre, ni présence obligatoire et cela me convenait.

 

..........Bien sûr, j'avais un chef, dont j'ai souvent été le nègre mais mon anarchie, mon travail, il ne pouvait rien dire car lui avait le pactole, logement de fonction comme chef de personne en fait, quartier Didier, je ne sais plus où mais c'est pas Volga-Plage, à Fort-de-France un quartier chic, des blancs et des békés. Voyages de fonctions et un travail de chef à diriger 3 personnes qui foutaient ce qu'elles voulaient, lui dans son bureau climatisé, de la zone industrielle Lézarde à compter les mouches ou à dormir, on ne sait pas, il sortait jamais de son bureau.

 

..........Moi, j'y étais de temps en temps à mon bureau quand mon cerveau irrigué par les torrents des distilleries me laissait quelque remords et quelque conscience professionnelle, flottant sur une mer houleuse de la Mauny ou de bière car j'avais fait mienne cette sentence « Vous aurez l'Alsace mais jamais la Lorraine » .

 

..........Ce texte s'adresse donc aux petits éleveurs qui mettent leur maigre capital dans un zébu aussi maigre, attaché à un piquet pour brouter, piquet que l'on déplace quand est tondu la pelouse formant un disque dont le rayon est la longueur de la corde, c'est l'élevage à l'attache.

 

..........Il y a mieux à faire ! On peut avec l'élevage produire de la viande bovine. On pourrait si on le voulait nourrir la Martinique en viande bovine, ovine et caprine sans parler des légumes. Il ne restera que la farine-France à importer pour faire le pain et les barils de morue sèche comme dans les livres de Confiant, vu que les poissons locaux, écœurés, se sont tirés ailleurs.

 

..........Il faut d'abord défricher et rendre agricole ce qui devrait l'être, vivrier ce qui devrait être vivrier. Il faut commencer par défricher les bananeraies, plus de cette culture d'exportation, peu rentable à la Martinique, lourdement subventionnée, donc propriété des fonds européens, décidés à Bruxelles (Belgique). Et aussi plus besoin de détruire ce malveillant puceron qui est la cause de bien des maux. La vraie solution contre la pollution chimique est simple : supprimer les bananeraies, radical !

 

..........Second défrichement, raser les villas construites sur des terres agricoles, de ci de là ! La terre martiniquaise est riche, très riche et permet du nord au sud différentes productions végétales y compris au Diamant et à Sainte Luce où je vous mets 10 bœufs par hectare en lieu et place de 10 villas. Donc il faut arrêter la politique des permis de construire, revoir les POS, arrêter de bétonner, faire que la SAFER serve à quelque chose, que les centres commerciaux qui poussent comme des champignons hallucinogènes, les giratoires bouffeurs d'espace soient limités Vous avez une densité automobile supérieure à celle des américains (nombre de véhicules par personne) et vous n'avez pas de routes ! Il faut complètement revoir le système des transports. Je prétends que chaque commune de la Martinique peut être desservie par un liaison bateau et bus. Vous habitez bien une île, oui ou non ? Alors s'il faut pour se rendre à Fort-de-France, mettons 4 heures depuis Rivière-salée c'est qu'il y a un problème : la solution, des chenaux de Rivière salée à Fort de France, ailleurs des pontons, des bateaux ou des ferry-boites et des bus, soit dit en passant qui fonctionnent aussi l'après-midi, simplement pour le retour ! Pas ce qui se fait aujourd'hui donc !

 

..........Bon je m'égare mais il faut défricher les villas défiscalisées, proscrire le béton, pire que le puceron du bananier. Il vous faut des maisons de construction anti-cyclonique et anti-sismique, là encore j'ai la solution : la case en planches et toit de tôles. Passés le cyclone et le séisme et pourquoi pas les deux en même temps, tout sera par terre et on reconstruit à peu de frais. Vous n'avez pas compris que les conditions climatiques de la Martinique permettent un habitat très modeste. Alors au lieu de rêver du XVIème arrondissement de Paris ou du chalet suisse ou des châteaux de Louis II de Bavière, tâchez de rester simplement antillais comme vos ancêtres. Donc on rase gratis tout ce qui est au départ terre agricole !

 

 

..........Là le poète suggère que l'île aux fleurs soit entièrement recouverte de ces fleurs tropicales, magnifiques, qui poussent naturellement dans presque toute la Martinique. Ah ! Quelle gueule elle aurait votre île, 900 km² (sur les 1040 km² )de fleurs de toutes couleurs. L'explosion de chatoyances comme dans le film « rêves » de Kurosawa. On viendrait plus la voir qu'en avion ! Mais c'est hasardeux le commerce des fleurs. Cà paraît plus rentable aux Pays bas de faire pousser des fleurs tropicales sous serre. J'y suis pour rien et puis çà se mange pas les fleurs.

 

..........Donc en se résumant, plus de bananeraies, plus de villas en béton, simplement la case aux couleurs pastel, avec un jardinet ou poussent 2 bananiers, un arbre à pain, et des haies d' alpinias , de strelitzias , d'oiseaux de paradis, d' anthuriums , de roses de porcelaine et de jasmin-à-bouquet pour parfumer. Je dis çà aussi pour ceux qui viennent s'agglutiner à Fort-de-France, énorme verrue sur la Martinique. Il faut décentraliser, décongestionner, le retour au pays (natal ?) ou à la terre si vous arrivez à comprendre que mettre 4 heures pour faire 20 km, ce n'est pas normal, matin et soir, bien sûr !

 

..........Après ce préambule c'est l'agronome qui va parler. Il y a certes à la Martinique une grande diversité pédo-climatique et géomorphologique. En clair c'est pas des millions de km² de toundra, plate comme la main ! Une réforme agraire est un préalable nécessaire. Ici c'est trop morcelé, ailleurs pas assez. Il faut redéfinir l'espace rural en fonction des spéculations choisies, agriculture vivrière, canne à sucre et élevage. Remembrer ici, démembrer là. Soit dit en passant on s'en tape en France du rhum martiniquais et de la cane à sucre, tant que vous en avez assez pour votre consommation personnelle et qu'il y aura de la place à Colson. Et imposer dans une grande banalité, ce vieux slogan , « la terre à celui qui la travaille »  !

 

..........Interviennent alors les possibilités de mécanisation qu'il faut adapter à la Martinique, car c'est pentu parfois chez vous. Mais bien souvent, le travail au coutelas fait pitié à voir. Là où pour défricher par exemple, il existe des girobroyeuses mécaniques, efficace dans 80 % es cas et très simples d'utilisation.

 

..........Un exemple, aux Anses d'Arlet. Il y avait entre le bourg et Grande Anse environ 20 hectares de pâtures, totalement planes, avec un peu plus loin sur un petit morne une jolie maison coloniale. Le tout, propriété des Hayot. Sur ces pâtures divaguaient de maigres zébus entre quelques bosquets d'épineux. 10 ans après plus de zébus et la pâture est devenue un maquis inextricable de campêches de diverses sortes. La villa Hayot un peu plus délabrée. 20 ans après plus de broussailles, un centre commercial, un grand carrefour giratoire pour semi-remorques je suppose, pour desservir le grand port de pêche qu'est Petite Anse, 20 thazards, 12 dorades, 50 balaous par jour, un parking en prévision, des HLM, etc. J'ai écrit à cette bourrique d'Eugène Larcher, le maire de céans, pour faire classer le site des Anses d'Arlet, cet hémicycle de mornes, face à la mer, dont l'axe de symétrie est le ponton qui prolonge la nef de l'église. Tiens fume ! Il a jamais répondu, le zouave ! Il s'en fout de la beauté des lieux ! Bref !

 

..........Ma girobroyeuse et moi, on en faisait un magnifique pâturage de ces 20 hectares, moi tout seul au volant du tracteur ! Une girobroyeuse, c'est une chaîne qui tourne très vite et c'est tout, protégée par un manteau. Au départ seule la girobroyeuse est efficace sauf si vous voulez du chimique. Mais à un certain stade le chimique peut rien, il faut du mécanique. Et pas du coutelas. Puis le chimique, ils aiment pas çà les balaous, ni les chinchards, ni les gorettes. Et çà pollue l'eau même si on boit que du rhum !

 

..........Ce qu'on appelle prairies naturelles, sont ces prairies où spontanément, se développent les espèces végétales les mieux adaptées aux conditions de milieu et de climat. Alors, du nord au sud, à la Martinique, c'est diversifié mais vraiment pas exceptionnel pour l'élevage. Puis comme tout pousse vite chez vous, ce sont finalement les épineux qui prennent le dessus et là, c'est fini pour l'élevage. D'abord le fonds pastoral est maigre et la lutte contre les espèces indésirables est difficile chimiquement et parfois lourde mécaniquement. Il y a là encore des solutions : il faut améliorer les savanes, en faire des prairies temporaires ou permanentes mais en modifiant le fonds pastoral, en exploitant des espèces étrangères mais adaptées, pas la lavande, des graminées tropicales, en cultivant les savanes, soit en clair, en retroussant les manches et en faisant simplement et réellement de l'élevage, non comme activité d'appoint mais en professionnel. Certains le font déjà et en vivent bien. Donc c'est possible !

 

..........Voici 25 ans deux espèces ont été introduites à la Martinique. Elles ont été importées d'Australie : Brachiaria decumbens ( B. decumbens ) et Brachiaria humidicola ( B. humidicola ). Ces deux espèces ont des qualités fourragères exceptionnelles et équivalentes. Elles sont adaptées à la Martinique, ce sont des graminées tropicales. Les deux se sèment mais leur vitesse de croissance est différente, près de 2 ans pour voir apparaître le B. humidicola . Celui-ci, le B. humidicola se bouture surtout, donc davantage de travail pour l'installer. On donna par paresse la préférence à B. decumbens car sa croissance était spectaculaire, produisant de magnifiques prairies, herbe excellente, haute de 50 cm. Que c'était vraiment beau à voir ! Un peu d'azote, de phosphore et de potassium et le tour était joué. Hélas le suivi des parcelles en B. decumbens a fait un peu déchanter. Un envahissement progressif par de mauvaises herbes, des épineux surtout, comme dans le sud la dicotylédone nommée marie-honte, mimosa pudica , qui étonnement se ferme quand on la touche, un peu comme nos jeunes filles martiniquaises. Et on accusa la mauvaise gestion des savanes, ce qui n'était pas faux. Car un éleveur sérieux se préoccupe de ses savanes et n'est pas qu'un spéculateur qui place son argent dans le zébu martiniquais, côté en bouse !

 

..........J'étais justement chargé de suivre l'évolution de ces prairies semées en B. decumbens , un peu partout dans l'île, de mon regard d'acier, vigilant et les yeux rougis. Une drivaille. Les plus âgées étant les plus dégradées on en a vite conclu que c'était encore la maudition du nègre, divine, qui était responsable de cet état de fait. Or voilà que en peu d'années j'avais constaté sur une prairie que je suivais du côté de Ducos ou de Saint Joseph, peu importe, une savane où sur un fonds on avait semé du B. humidicola en bordure par hasard et que ce dernier, bouffait de plus en plus le B. decumbens que j'avais à l'œil et même bouffait tout, les mauvaises herbes, les épineux. Il prenait de la place et la place de B. decumbens , purement et simplement, le saligaud !

 

..........J'ai fait une expérience simple. Semer du B.decumbens pur (essai 1), du B.decumbens mélangé à part égale à du B. humidicola (essai 2) et implanter du B. humidicola par bouturage (essai 3). Les essais 1 et 3 ont donné un prairie pure, en 6 mois, respectivement de B.decumbens et de B. humidicola mais pour le B. humidicola le bouturage est exigeant en main d'œuvre. C'est l'essai 2 qui est intéressant . Tout débute par un rapide couverture de B.decumbens , le seul à pousser, il peut être pâturé. Mais il commence à se salir, lentement . Puis discrètement apparaissent des pointes de B. humidicola après un an. Peu à peu la prairie devient mixte B.decumbens et B. humidicola . Et là plus d'espoir, B. humidicola va tout bouffer peu à peu, le B.decumbens, çà n'est pas grave, ils ont les mêmes qualités fourragères, les mêmes valeurs nutritives mais surtout point de salut pour les malfaisantes herbacées, les épineux surtout, les cabouyas aussi qu'on coutelasse quand on a le temps. En 2 ans on a et pour longtemps une prairie pure de B. humidicola si on la gère avec intelligence par un pâturage tournant pour ne pas massacrer le B. humidicola , robuste certes mais avec ses limites comme chacun. On appellerait çà le contrôle biologique de la lutte contre les mauvaises herbes, ma petite histoire de l'essai 2. C'est de l'agriculture raisonnée, un peu différente du bio car il faut des engrais, et pas de l'infusion d'ortie comme pour certains poètes français agriculteurs dans le biologique.

 

..........Reste plus qu'à choisir aussi des races bovines pour valoriser ces savanes améliorées, comme le zébu brahman, race obtenu aux Etats Unis, qui n'a rien à envier à nos charolais, un vrai culard ! Car le zébu local, faut pas le critiquer, mais à part tourner en rond autour de son piquet, on sait pas à quoi il sert.

 

..........Sérieusement, il existe des éleveurs heureux à la Martinique, qui ont de belles savanes, de beaux troupeaux de monstrueux brahman, des haies soit en gliricidia soit en barbelés et pas n'importe quoi comme on voit souvent. Ils sont heureux, on les croise pas forcément à la Galleria mais dans leurs prairies, et là, ils vous sifflent l'auroch le plus cornu, qui s'élance vers eux, sa tonne de viande et d'os, que tout le monde est aux abris et le taureau s'arrête net devant lui pour recevoir un baiser sur le museau. Je l'ai vu, çà existe, c'est possible. Il n'y a pas que l'association B.decumbens, B. humidicola la meilleure à mes yeux, la plus simple, mais aussi le bleu turquoise des Digitaria decumbens plus beau sur la palette d'un peintre et tout aussi bon dans la panse d'un mouton ou d'un zébu. Il y en a d'autres je vous assure des graminées tropicales.

 

..........Mais j'en resterai là ! Pourquoi ? Parce que je suis convaincu qu'aujourd'hui 20 après plus personne ne sait ce qu'étaient B.decumbens et B. humidicola . Personne n'imagine ce qu'on pouvait faire avec ce B. humidicola . Moi si ! Nourrir la Martinique en viande !

 

..........Les problèmes de l'agriculture martiniquaise ne sont pas des problèmes agronomiques mais des problèmes structurels, sociologiques, politiques, que sais-je !

 

..........J'affirme que la Martinique peut être autosuffisante pour l'alimentation de ses 400 000 habitants ! Mécaniser ce qui est mécanisable et faire pousser des légumes ailleurs, produire du lait, des fleurs, de la viande et des œufs, des fruits partout, des bananes aussi et enfin il faut simplement changer les habitudes alimentaires, ou les retrouver. La Martinique c'est l'eden pour se nourrir et même sans supermarché ! C'est surtout une utopie que d'employer le mot produire à la Martinique !

 

..........Alors la faute à qui ? A tout le monde ! A moi le premier, qui me suis tiré car je ne la supportais plus cette Martinique, si tellement que çà a été une fuite, emportant mes rêves fous sur le B. humidicola . Mais autrefois les fonctionnaires français étaient attirés par les primes d'éloignement, 12mois de traitement brut sur 4 ans. C'est énorme et ils partaient au bout de 4 ans c'est tout, pas le temps agricole, 4 ans, et pour le reste c'est pareil. Aujourd'hui des fonctionnaires il y en a plus beaucoup qui viennent pour le pognon. Très jolis les 40 % quand la vie est 50 % plus chère qu'en France.

 

..........Car il faudra un jour en finir avec ces fameux 40 %. Tout économiste en herbe vous montrera le côté inflationniste de ces 40 % qui ont façonné par ailleurs les mentalités, donc une mutation psychosociologique de la société martiniquaise tendant vers une société consumériste, fonctionnarisée comme toutes les colonies, avec des écarts de revenus sources de délinquance car de convoitise, etc. Les 40 %, le fonctionnariat et la défiscalisation, voilà comment on met une société au boulot ! Peut-on faire pire pour inciter un peuple au vice, à la spéculation, à la paresse, à la mendicité, à la spirale de la consommation ? Mais pas au travail ! Finalement une société de chômeurs, de jobeurs et de fonctionnaires, un pays sous-développé voilà le résultat de 60 ans de départementalisation et de politique de spécificité des DOM.

 

..........Ce qui a changé en 60 ans de départementalisation, c'est qu'y a plus un nègre martiniquais qui sait tenir un coutelas pour couper la canne. Et ce petit rien, c'est toute l'histoire de la Martinique, département français !

 

..........Il se tient paraît-il en ce moment des Etats généreux ! Moi sans forfanterie, j'affirme qu'en dehors de l'énergie, la Martinique peut être indépendante économiquement que çà serait rien qu'une grosse famille de 400 000 membres, une vaste parentèle à faire vivre. Mais qu'elle sera toujours tributaire de Dior, Chanel, Toyota, Mercedes et Sony, indépendante ou pas ! S'il y a pas un chef de famille respectable et respecté, une sorte de Roi Christophe mâtiné de Césaire pour l'humilité et de Fanon pour la psychologie et l'idéal.

 

..........Un jour que je me promenais sur le marché de Fort-de-France, dans le coin des pacotilleuses, je vois un petit flacon de parfum, Oh pas vraiment classe, même chiche, pas tape-à-l'œil en tout cas. D'ailleurs rien ne disait que c'était du parfum ou une eau de quimboiseur. L'étiquette m'a fait sourire : « pou aimé moins » ! Enfantin et délicieux ! Etait ce une eau, un remède pour moins souffrir d'un amour impossible ou était-ce une eau pour attirer l'amour à soi, à mwen donc !

 

..........C'est avec de petits riens comme çà que Confiant a élaboré sa langue en brassant les langages mais c'est aussi avec ces petits riens comme çà, savoureux, qu'on pourrait aimer la Martinique et être aimés d'elle !

Thierry Caille

 


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