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UNE PAGE, D‘URGENCE, SUR GAZA …..



Quand on n'a que l'amour

A offrir en prière

Pour les maux de la terre

En simple troubadour

 Jacques Brel

 

 

«  Je rentre de Gaza, c'est dur, peux tu m'écrire une page sur Gaza, d‘urgence, ce que tu veux, tu vois, ….  ». Et c'est tout ! Alors que faut-il écrire de plus sur Gaza quand on sait que peut-être un sourire suffirait ou quelque chose de ce genre, sans mots.. Quand on sait que tout a été dit, le meilleur, le pire et aussi le n'importe quoi. Et qu'il convient de se taire au fond. Non pour oublier mais pour réfléchir.

  Des gens sont payés en France pour nous dire que le calme règne à Gaza et que ce qui est arrivé finalement, finalement, c'est la faute à pas de chance. Pas de chance d'habiter là-bas, en cette fin décembre et c'est tout. Et pas de chance d'y être restés aujourd'hui. Et cela doit nous suffire puisque personne n'en parle plus.

  Sauf cette femme sans doute désespérée qui me demande un page d'urgence sur Gaza. Que lui dire ? D'autres ont parlé mieux que moi et personne ne les a entendus, sur Gaza.

  Au fond le problème de Gaza est très simple, trop simple. Mais si on suit la logique des gens qui l'évoquent et disent souhaiter le résoudre, on constate qu'ils le compliquent à l'envie pour finalement n'y apporter aucune ou une médiocre solution, compte tenu de la complexité qu'ils ont apportée. Car il y a une solution à tout problème, sinon il n'y aurait pas de problème, ce n'est pas une opinion, c'est de la logique pure, de la raison pure.

  Le problème du Proche-orient est que deux peuples, l'un israélien et non juif car, le peuple juif c'est tout autre chose et çà n'a rien à voir avec Israël, l'autre palestinien, arabe mais simplement palestinien revendiquent la même terre. Il faut toujours une terre pour définir une nation et il faut bien habiter aussi quelque part. Enfin tout le monde n'a pas la vertu ou le désespoir érigé en vertu des apatrides. Le peuple juif l'a eu longtemps et l'a perdu partiellement, en Israël.

Soit un de ces deux peuples fait disparaître l'autre, lequel ? Aujourd'hui c‘est l'un, demain ce sera l'autre. L'histoire nous fournit de nombreux exemples, l'histoire n'est que le récit de ces gains ou ces pertes de terres, toutes essentielles, en tout cas coûteuses en vies humaines. Soit un des deux s'en va, ailleurs, voire les deux, pourquoi pas ? Il reste à travers le monde tant de terres désertes et désolées à coloniser. Ce serait sans doute la solution la plus simple.

  Mais pour diverses raisons, qu'on nous rappelle à l'infini, c'est spécialement cette terre que veulent ces deux peuples.

  Donc c'est, en première évidence, la loi du plus fort qui s'applique. A part David contre Goliath, c'est toujours le plus fort, le plus puissant qui l'emporte et qui l'a toujours emporté et c'est normal. Donc généralement c'est le plus fort qui massacre et qui prend la terre, sauf qu'il y a eu quelquefois dans l'histoire des revirements de situation, inattendus. Peu importe. Je ne compte pas les divisions blindées, je ne fais pas dans la stratégie militaire, ni dans la subtilité diplomatique. L'heure n'est pas à çà du moins pour moi.

  Une autre hypothèse serait de laisser aux représentants de ces peuples s'ils sont clairement définis la possibilité de résoudre entre eux ce conflit, devant une tasse de thé. Mais là encore cela me semble peine perdue. Leurs intérêts personnels souvent ne sont pas les intérêts suprêmes des peuples qu'ils sont censés représenter et ils se moquent souvent des intérêts des peuples auxquels pourtant ils appartiennent. Ils se sont égarés dans des logiques inconnues, des stratégies hasardeuses et des hypothèses tronquées.

  Une meilleure solution serait de faire les peuples se parler et convenir entre eux non d'un traité, d'une résolution, d'un cessez-le-feu mais plus simplement d'un arrangement simple, pas un laisser-passer, un laisser-vivre. Cela est possible, cela existe déjà mais cela n'est pas, en tout cas, généralisé, ni reconnu à sa valeur quand çà existe. La parole a toujours été plus forte que les armes. Cà aussi c'est de la raison pure, une vérité de l'histoire.

  Une grande agora où se parleraient les peuples, les gens de la rue et ceux des campagnes, les pères de famille, graves, les vieux dans leur sagesse et les jeunes sans cervelle, les grands-mères muettes et les épouses meurtries par le chagrin et même ceux et celles qui disent tout et n'importe quoi. Qu'on entende tout le monde. Il en sortira toujours quelque chose dès lors qu'aucun dirigeant, roué, ne prendra la parole. Cette démarche porte un nom oublié, la civilisation face à la barbarie.

  Une dernière solution, extrême, mais cependant radicale, serait de demander conjointement aux enfants israéliens et palestiniens de moins de 12 ans de trouver la solution. Là, nous avons la certitude qu'ils la trouveront, d'abord car leur lucidité est sûrement plus grande que la nôtre, ensuite leurs espérances de vie et leurs désespérances de vie seront toujours plus grandes que les nôtres. C'est d'eux qu'il s'agit avant tout, çà ils vont le comprendre. Cela vaudra, sans coup férir, toutes les résolutions prises et à prendre qui, d'ordinaire, restent lettres mortes

  Alors que dire à mon amie palestinienne sans doute assez triste en ce moment, autrement que ces quelques vérités.

  D'abord que la vitalité du caractère se nourrit des chagrins et des désespoirs.

  Ensuite qu'il y a une armée des ombres, en marche, pour sauver les palestiniens de leur sort mais aussi les israéliens du joug de leurs gouvernants car les uns comme les autres doivent être sauvés. Cette légion, recrute partout, dans le monde entier, indifféremment, parmi toutes les races et toutes les confessions. Sans armes en apparence mais avec la plus redoutable de toutes cependant, le verbe.

  Cet armée est en marche. Et rien ne l'arrêtera que son succès.

  Alors courage, patience et tendresse.

Quand on n'a que l'amour

Pour vivre nos promesses

Sans nulle autre richesse

Que d'y croire toujours.

  Jacques Brel

    Thierry Caille

 

 


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