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UNE USINE DE RECYCLAGE DES SARGASSES A SAINTE-LUCIE

UNE USINE DE RECYCLAGE DES SARGASSES A SAINTE-LUCIE

La petite île du sud de l’arc antillais pourrait être la première à monter une usine de compost organique fabriqué à base de ces algues sargasses qui nous envahissent depuis 2011. 

La transformation sera faite au profit de l’industrie agricole. C’est Johanan Dujon, propriétaire et gérant de Algas Organics (Attention, le jeune homme a un parcours béton !) et Gilles Romulus, coordinateur national du programme des subventions du fond pour l’environnement à Sainte-Lucie, qui ont annoncé cela en présentant en Mai dernier un projet au Earth Potimism Summit at the Smithsonian Institue à Wahshington DC. Leur objectif est de créer à Sainte-Lucie la première usine de production d’un nouvel engrais organique et biologique avec les algues sargasses fixes ou dérivantes qui polluent les côtes des îles de la Caraïbes depuis plusieurs années. Johanan Dujon a soumis son idée à la Saint-Lucia Folk Cooperative, une organisation qui regroupe les représentants de toutes les coopératives de pêche de Saint-Lucie. Son projet a par ailleurs fait bonne impression auprès des responsables de Smithsonian, une institution consacrée à la recherche scientifique qui a pour objectif de mettre en avant tous les projets qui pourraient être promus à l’échelle mondiale.

EST-CE RENTABLE ?

Selon une étude réalisée par le centre expérimental SMEL (Synergie Mer et Littoral) et le service du SILEBAN (Société d’Investissement Légumière et Maraîchère de Basse Normandie), les meilleurs engrais sont les engrais marins et les algues en font partie !

Ainsi transformées en compost organique, les sargasses devenues propres pourraient donc être utilisées pour enrichir les sols. Une question de rentabilité se pose toutefois. En effet, on a constaté l’irrégularité de l’échouage de ces algues et le phénomène reste pour le moment inexpliqué, alors peut-on envisager un investissement sur une usine de ce type sachant que la matière première peut venir à manquer ?

LES SCIENTIFIQUES SONT SUR LE COUP

Notons que depuis la semaine dernière l’Antéa, le navire océanographique de l’Institut de Recherche et de Développement est de retour au port de Pointe-à-Pitre. Pendant cette mission qui a duré un peu plus de 3 semaines, les 10 scientifiques embarqués à son bord ont effectué de nombreux prélèvements de sargasses afin de tenter d’identifier les raisons de la prolifération de ces algues. D’après leurs premières déclarations, cette expédition s’est révélée pleine de surprises et riche d’enseignements, il faut maintenant attendre les résultats des analyses pour en savoir davantage.

Finalement entre solutions alternatives telles que l’usine de recyclage ou le bateau de ramassage (voir notre édition précédente), analyses et études en tout genre, ne serait-il pas plus simple de se rendre à l’évidence puisque l’on sait avec certitude que les sargasses ne prolifèrent pas seulement à cause du réchauffement climatique comme on l’a trop souvent affirmé, mais bien à cause de la pollution en provenance des eaux de l’Amazone, il serait peut-être temps de prendre le problème à la source…

 

JMC

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