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50% des opérations chirurgicales non-vitales déprogrammées

50% des opérations chirurgicales non-vitales déprogrammées

  Telle est la difficile décision qu'a dû prendre le CHU de Martinique à cause de l'explosion des cas de covid (60 en moyenne par semaine en janvier contre 800 aujourd'hui) et l'afflux de malades. 

  Or, il importe de s'arrêter un instant sur cette notion de "non-vital" : elle signifie, certes, qu'il n'y a pas danger de mort imminente, mais qu'il y a danger quand même puisqu'une opération chirurgicale est programmée. Et si cette dernière a été fixée à une date X, c'est bien qu'il y a une raison ! Cela veut dire que le malade ne peut pas rester indéfiniment dans son état et qu'il faut l'opérer. Déplacer donc la date X à une autre date, à une date Y, revient à le mettre en danger à terme. A le sacrifier, n'ayons pas peur des mots !
 Les autorités du CHUM ne sont aucunement responsables de ces déprogrammations. Elles font au mieux depuis le tout début de l'épidémie avec un personnel dévoué et aujourd'hui...épuisé. Personnel d'ailleurs dont les congés annuels ont dû être annulés ! Déprogrammées tout comme les opérations chirurgicales non-vitales. Or, une ASH, une infirmière un médecin, un anesthésiste et un chirurgien ne sont pas des machines ! Ce sont des êtres humains comme nous qui ont leurs limites et qu'on ne saurait presser comme des citrons. Certes, ils ont reçu dernièrement un renfort émanant de la réserve sanitaire (une vingtaine d'infirmières et trois médecins) mais la situation demeure très tendue. Le service de réanimation est, en effet, saturé.
   Qui donc est responsable de l'aggravation brutale de la situation sanitaire ?
   Nos politiques, intellectuels, journalistes et autres faiseurs d'opinion sont, pour la plupart, bien trop lâches pour le dire ou l'écrire. Pourtant la réponse ne fait aucun doute : ce sont les insurgés fêtards. Ceux qui ont voulu à tout prix fêter le carnaval et qui ont dénoncé les mesures préfectorales de couvre-feu et de confinement comme des mesures...colonialistes !!! C'est que désormais la Martinique (la Martinique foyalo-lamentino-schoelcheroise plus exactement) est envahie par une sorte de brouillard obscurantiste et noiriste qui mélange tout et le contraire de tout. Au point de décrédibiliser, voire discréditer, notre juste combat pour la souveraineté nationale.
  Ce brouillard, pire que la brume de sable venue du Sahara, empêche de distinguer ce qui provient du colonialisme et ce qu'il faut combattre farouchement et ce qui n'en relève pas du tout. Voici :
 
       . relèvent du colonialisme : la bétonisation des terres agricoles, l'empoisonnement au chlordécone, l'exil de 4.000 jeunes chaque année, la "profitation" békée, les 76.000 personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté etc...
 
      . ne relèvent pas du colonialisme : l'invasion récurrente des algues sargasses, le trafic de drogue, la prostitution "pangnol", la brume de sable du Sahara, le covid-19 etc. 
 
   Alors, évidemment, nos obscurantistes diront que l'Etat colonial ne fait rien pour lutter contre ce qui ne relève pas du colonialisme et donc que ce distinguo est fallacieux. En effet, ledit Etat pourrait, par exemple, faire recouvrir la Martinique d'une immense bâche (transparente tout de même) pour empêcher la brume de sable saharienne d'aggraver l'état de nos asthmatiques ; il pourrait faire installer de Case-Pilote au Lorrain en passant par Saint-Anne, un, encore immense, barrage flottant en haute mer qui bloqueraient l'arrivée des sargasses ; il pourrait etc...etc...Et en prévision d'une éventuelle explosion de la montagne Pelée, cet Etat colonial pourrait réinstaller d'urgence les quelques 25.000 personnes en danger (St-Pierre, Prêcheur, Morne-Rouge, Ajoupa-Bouillon, Carbet, Fond St-Denis etc.) au Vauclin ou au Diamant. Soit dit en passant, on n'a entendu personne à Saint-Vincent déclarer que l'explosion de la Soufrière était dû à l'impérialisme américain. Il est vrai que St-Vincent est indépendant et qu'on n'y trouve pas de "mendiants arrogants" (Aimé Césaire).
   Il est grand temps de dire STOP à ce confusionnisme.
  Et pour revenir à l'explosion de cas de covid-19 de désigner sans détour les responsables. D'arrêter d'abord de toujours désigner l'Autre comme responsable de tout et du contraire de tout. Les Martiniquais ne sont pas des enfants et de plus ils sont alphabétisés à 90% (contre 20% en Haïti par exemple ou 47% au Sénégal), ils ont la télé, l'Internet, l'école, l'université etc. Autrement dit, ils savent car ils disposent de tous les moyens pour s'informer. Ils savent que la contamination d'une personne se découvre au bout d'une semaine et pas d'un mois. Conclusion : les touristes repartis en fin décembre dernier ne portent aucune responsabilité dans l'explosion des contaminations de ce mois d'...avril. A moins qu'il ne s'agisse d'un "variant créole" qui prend deux ou trois mois pour pointer le bout de son nez. Trêve de plaisanterie ! Entre fin décembre et aujourd'hui, il y a eu le carnaval et la mi-carême, il y a eu les "vidés", l'occupation d'une partie de l'autoroute au mépris de la sécurité des usagers, les fêtes tous azimuts, les défilés vengeurs dans les rues pour dénoncer le gouverneur "tet pétank" etc..., bref le non-respect total des gestes-barrière et de la distanciation sociale. Mesures il est vrai "colonialistes"...
  Le résultat est là aujourd'hui et il est implacable : près de 800 cas de covid par semaine.
  Il faudra donc que le moment venu les malades dont les opérations ont dû être déprogrammées et leurs familles demandent des comptes aux responsables de ce désastre. Il faudra que le personnel hospitaliser utilisé jusqu'à la corde en fasse de même. Il faudra que les insurgés fêtards, qui ont mêlé notre drapeau rouge-vert-noir aux "bonda manman'w" et autres insanités rendent des comptes. Il faudra surtout que notre classe politique, toutes tendances confondues, nos journalistes, nos intellectuels et autres osent enfin, aient enfin, le courage de dire "NON !" au confusionnisme entretenu par une poignée d'obscurantistes.
  Car, dans tout cela, qui est le gagnant ? Qui est le vrai gagnant ? La réponse ne fait aucun doute : l'Etat français. Le brouillage de notre revendication nationale l'arrange de même que les simagrées de destruction de statues, de changement de noms de rues, les agressions contre les touristes, les incendies de hangars à banane qui mettent des centaines d'ouvriers agricoles au chômage, l'ethnicisation et l'hystérisation du moindre problème etc...
   Tet-pétank peut continuer à lancer tranquillement le cochonnet  il est sûr, au bout du compte, de gagner la partie dans ce vaste et loufoque boulodrome qu'est devenu la Martinique.

Commentaires

dosojos4u | 17/04/2021 - 14:26 :
En distinguant ce qui résulterait du "colonialisme" du reste, la seule grille de lecture est ce fameux "colonialisme". D'après ce que je comprends, l'indépendance l'abolirait. Ainsi, avec l'indépendance, il y aurait beaucoup moins de gens sous le seuil de pauvreté, me dit-on. Pourtant, il suffit de comparer le revenu brut par habitant en Martinique avec celui de nombreux pays indépendants pour constater l'évidence : l'indépendance n'est pas gage de prospérité. On en a l'illustration avec Haïti dont certains citoyens préfèrent vivre ici sous le seuil de pauvreté que chez eux. La production de richesses ne se fait pas par l'incantation de mots en "isme" mais par un travail concret.

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