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ARCHIVES : DISCOURS D'AIME CESAIRE AU VIIIe CONGRES DU PPM (1980)

ARCHIVES : DISCOURS D'AIME CESAIRE AU VIIIe CONGRES DU PPM (1980)

Vous me permettrez de prendre un détour assez long avant d'arriver à la question du jour : celle du mot d'ordre de notre Parti. J'ai choisi de prendre ce chemin assez long parce que je veux, comme vous tous, que ce Congrès soit celui de la clarté et de la clarification.

Cette méthode aura, au surplus, l'avantage de faire comprendre à tous que la définition d'un mot d'ordre n'est pas arbitraire ; qu'un mot d'ordre n'est pas affaire de mode ; qu'il ne résulte d'aucune considération subalterne, comme par exemple, le désir d'être dans le vent, ou volonté mégalomaniaque d'occuper un leadership chimérique.

Bref, qu'un mot d'ordre résulte d'une doctrine sans doute mais aussi d'une situation, et d'un moment.

D'ABORD D'UNE DOCTRINE

Et c'est vrai que rien ne peut nuire davantage au P.P.M. que le flou de la doctrine et l'ambiguïté des attitudes. À dire vrai, à ce point de vue, il n'existe pour nous aucune difficulté particulière.

Je crois que la doctrine P.P.M. est claire, précise, et suffisamment nette. Il suffit de la rappeler telle qu'elle a été confirmée par nos Congrès successifs. Ce serait trop peu de dire que notre doctrine est fondée sur l'anticolonialisme.
En fait. le P.P.M. est un parti Martiniquais - et l'épithète n'est pas indifférente - qui se donne pour tâche, parce que socialiste, de désentraver l'homme martiniquais de toutes les aliénations qui pèsent sur lui, le mutilent et l'écrasent, et d'abord, évidemment de la principale d'entre elles, je veux parler de l'aliénation coloniale.

Le P.P.M. entend ainsi assurer la libération de l'homme Martiniquais : Libération individuelle bien sûr, mais aussi et d'abord, car préliminaire de tout le reste, Libération collective : libérer l'individu en libérant la communauté.

Si nous dénonçons et combattons le régime départemental, c'est dans cette optique que nous le faisons. Je n'insisterais pas outre mesure sur ce point si nous n'assistions depuis quelque temps à une nouvelle flambée départementaliste.

Au Cours du dernier débat sur les DOM à l'Assemblée Nationale, j'ai vu revenir les slogans les plus éculés, des lieux communs que l'on croyait dépassés. Tout cela culmine dans le discours du député de la Guyane, RIVIEREZ, qui constitue un véritable memento d'assimilationisme. RIVIÉREZ déclare qu'il n'y a pas de colonialisme, que nous sommes aussi heureux qu'on peut l'être, que nous sommes gavés, que nous sommes des privilégiés puisque nos fonctionnaires bénéficient des 40 %, que d'ailleurs, ce régime rencontre aux Antilles le Consensus général, sauf celui de quelques aventuriers ou de quelques complexés, et qu'il suffirait de procéder à un référendum pour que la question du statut soit définitivement réglée. Disons et répétons que tout cela relève de la mystification pure et simple.

La vérité est que la Martinique, ruinée économiquement, démoralisée par le chômage, rendue exsangue par l'émigration, tend à devenir une terre de recolonisation, et, en attendant, une terre de répression, le symbole de ce nouveau cours politique étant la présence depuis quelque temps parmi nous d'une garnison - de 300 gardes-mobiles chargée de nous imposer la loi du vainqueur. ...

C'est parce qu'il a conscience de cette situation. et qu'il aspire à en sortir que le peuple martiniquais prend conscience avec une acuité chaque jour avivée d'un fait mal perçu au début de la départementalisation : savoir, le sentiment enrageant de son impuissance.

Jamais, ce peuple n'a eu, autant qu'aujourd'hui, le sentiment que rien ne dépend de lui et que toute solution passe par un ailleurs et par un autrui.
Telle est bien la situation !
Le régime dans lequel nous sommes est un régime colonialiste d'un type à définir.
Ce n'est pas le régime algérien.
Ce n'est pas le régime africain.
C'est bien d'un régime colonialiste qu'il s'agit, mais de la variante paternaliste du colonialisme.

Nous pouvons être plus ou moins bien traités par le maître - affaire de circonstance - mais nous sommes entre les mains du maître.
I1 peut distribuer des coups de pied ou des sucettes, mais c'est lui qui décide et selon son bon plaisir.
Bref, le régime départemental, variante moderne du Pactum Subjectionis constitue un véritable esclavage politique dans lequel le vaincu est livré pieds et poings liés au vainqueur.
C'est contre tout cela que réagit le P.P.M., cette réaction se traduisant par la volonté du P.P.M. de faire en sorte que la Martinique se prenne en main, et que le Martiniquais prenne en charge sa propre histoire. C'est en cela que la lutte P.P.M. se différencie de la lutte des autres ou de la lutte de certains.

Ce n'est pas une lutte pour plus ou moins de subvention, ni pour plus ou moins de franchises. C'est une lutte plus fondamentale. C'est une lutte pour la reconnaissance de la Personnalite Collective du peuple Martiniquais, une lutte pour une souveraineté Martiniquaise, une lutte pour le pouvoir martiniquais. Et cela, nous avons bel et hien été les premiers à le dire.
On comprend dès lors que cette lutte P.P.M. se relie à toutes les luttes antérieures du peuple martiniquais, et se situe dans une perspective véritablement historique. Cela me permet - soit dit en passant - de souligner un des caractères originaux du P.P.M. Le P.P.M. est un parti qui a le sens de l'histoire et qui a toujours pour souci de se resituer dans l'histoire.

Et cela est important. Il y a des gens qui croient que l'histoire commence avec eux ou avec leur génération. Moi, au contraire, j'ai toujours à l'esprit l'idée très simple que j’ai pris un train en marche, et que le train, lancé bien avant que j'y monte, continuera sa route longtemps après que je serai moi.même descendu du wagon. Telle est l'attitude P.P.M.

C'est dire que nous acceptons l'histoire martiniquaise comme une globalité : que nous n'essayons pas de la refaire ; que nous tâchons seulement de la comprendre ; que nous cherchons à en découvrir la structure, à calculer 1e rythme de son évolution, à en déterminer enfin le sens, et cela pour mieux l'orienter.

Si on accepte cette vision des choses, il est facile de voir que l'histoire Martiniquaise est une histoire à plusieurs étages, et que notre évolution s'organise d'elle-même, en étapes, en moments, en périodes, chacune de ces périodes étant dominée par une idée au sens hégélien du terme, une idée dont cette période est l'accomplissement.

La première période, bien évidemment, c'est celle de l'esclavage dominée par l'idée de la liberté, conquête fondamentale qui s'opère en 1848.

Il me semble qu'une deuxième époque, plus confuse, se définit, avec les temps forts des luttes sociales de 1936 et de 1946. Epoque caractérisée par la lutte des ouvriers d'une part, et des fonctionnaires d'autre part, pour l'amélioration de leurs conditions de vie et pour des droits nouveaux dont ceux de la Sécurité Sociale. Cette époque est dominée par une revendication essentielle : la revendication - sans doute naive-, mais historiquement vérifiable, de l'égalité (entendons Egalité avec le colonisateur).

Mais alors, attention ! Malheur à ceux qui s'enlisent encore dans les combats d'arrière-garde de cette deuxième période, sans s'apercevoir que nous sommes déjà engagés dans une troisième période historique, où, si vous voulez, dans un troisième moment de l'histoire Martiniquaise!
Cette troisième période est, elle aussi, dominée par une idée. Et quelle peut être cette idée sinon celle de l'identité martiniquaise, celle de la responsabilité martiniquaise, celle du pouvoir martiniquais ? Nous, P.P.M., nous pensons que nous sommes les hommes de ce troisième moment historique. La doctrine P.P.M. est donc claire.

Venons-en à la Stratégie P.P.M.

Stratégie, nous dit le Robert : partie de la science militaire qui concerne la conduite générale de la guerre ; élaboration des plans offensifs et défensifs en fonction des effectifs, des moyens logistiques, des données géographiques, etc».

On se croirait en politique. Nous y sommes en effet. Et alors, je dis ceci : si notre doctrine est claire, notre stratégie, elle aussi, doit être claire. Et pour que tout soit clair, voyons à quelles stratégies s'oppose notre stratégie P.P.M.

11 y a d'abord la stratégie de ceux qui, convaincus de l'impuissance martiniquaise, ne comptent que sur la force de ceux que nous considérons comme nos alliés. Par exemple, beaucoup de Martiniquais pensent que le problème martiniquais ne pourra être résolu que lorsque la gauche française sera au pouvoir. Il faut bien le comprendre : cette stratégie est une stratégie de démission et ne peut être une stratégie P.P.M.

Il existe une deuxième stratégie : c'est celle de ceux qui pensent qu'il faut internationaliser notre problème, et que nous ne serons sauvés qu'en intéressant à notre sort les forces internationales. Cette stratégie, à mon avis, ne doit pas devenir ln stratégie P.P.M.. Du moins jusqu'à nouvel ordre, ne serait-ce que parce que, pour qu'il y ait appui extérieur, il faut qu'il y ait d'abord quelque chose à appuyer.

Troisième stratégie possible : celle de ceux qui pensent que le peuple Martiniquais est trop bien anesthésié pour qu'on en attende quelque sursaut, et que le changement sera obtenu par un petit groupe de Martiniquais plus conscients que les autres, plus résolus que les autres, et que ce changement s'obtiendra par la violence, la violence étant - comme chacun le sait -l'accoucheuse de l'histoire.

Eh bien, disons-le nettement, cette stratégie n'est pas la stratégie P.P.M. Il ne me vient pas une seconde à l'idée que la Martinique puisse se conquérir elle-même contre les Martiniquais.

Quelle est donc la stratégie P.P.M. ?

Il n'y en a qu'une possible : c'est celle qui considère que la solution du problème martiniquais dépend du combat du peuple martiniquais tout entier, ou tout au moins d'une large fraction du peupIe Martiniquais, réunie dans une commune espérance et regroupée autour d'un même idéal.

Autrement dit, nous P.P.M., nous pensons que la solution du problème martiniquais passe par la création d'un consensus Martiniquais, et que notre seule arme, mais une arme décisive : c'est et ne peut être que Union du Peuple Martiniquais.

Donc, pour nous, le vrai travail, à l'heure actuelle, n'est pas de poser des bombes, c'est de travailler à la prise de conscience des masses et à la maturation des hommes.

Travail lent, patient, mais travail fondamental. C'est donc à cette union qu'il faut travailler, c'est ce consensus qu'il faut obtenir. C'est pourquoi on ne saurait être trop sévère pour ceux qui divisent la gauche martiniquaise ; pour des hommes qui, en fait, et objectivement, parfois même consciemment, et de propos délibéré, font le jeu du colonialisme qu'ils croient intelligent de renforcer d'abord pour mieux le combattre ensuite, si jamais ils le combattent ! On parle de la magie des mots et des phrases. Pour nous, P.P.M., nous avons les yeux fixés, non pas sur la ligne bleue des Vosges, mais sur le niveau de conscience du peuple martiniquais.

Je pense que dans ce travail en direction des masses, le choix de société que nous ferons au terme de ce congrès est appelé à jouer un rôle décisif, dans la mesure où il est inévitable que le peuple martiniquais soit, avant de s'engager à nos côtés, curieux de savoir ce qui l'attend en cas de victoire de nos idées.

C'est pourquoi la discussion qui a eu lieu ce matin, même si elle peut sembler académique ou chimérique dans les conditions actuelles où la priorité appartient en effet à la lutte contre le colonialisme, c'est pourquoi, dis-je, le débat sur un choix de société, et la nature du choix qui sera opéré, a toute son importance et toute sa valeur:

J'ai parlé Doctrine.
Et j'ai parlé Stratégie.
Mais, me dira-t-on, que devient dans tout cela le problème du mot d'ordre ?
La vérité, c'est que nous y sommes déjà, le problème étant désormais - et à partir de ces prémisses - de trouver un mot d'ordre qui corresponde à la fois à notre Doctrine et à notre Stratégie.

Un mot d'ordre conforme à notre vision des problèmes martiniquais, conforme à notre conception de l'histoire martiniquaise, ne sacrifiant rien de nos exigences philosophiques, et en même temps, un mot d'ordre assez mobilisateur pour assurer autour de nos idées le regroupement le plus vaste possible.

Tranchons-en !

Entre un mot d'ordre qui, sans pour autant trahir l'essentiel de nos idées, a pour vertu de RASSEMBLER, et un mot d'ordre qui DIVISE, un mot d'ordre qui emprisonne dans un ghetto, je n'hésiterai jamais.

Un mot d'ordre qui divise et isole est un mauvais mot d'ordre, car nous sommes à l'âge des masses et une avant-garde ne vainc jamais seule.

Au contraire, un mot d'ordre qui rassemble en vue de l'action à mener, est un bon mot d'ordre. C'est pour toutes ces raisons que, pour- ma part, comme beaucoup de camarades, je repousse le mot d'ordre d'Indépendance.

Ce mot d'ordre ne correspond ni au niveau de la lutte, ni au niveau de conscience du peuple martiniquais. Il ne peut que nous isoler du peuple, nous couper des masses et loin de les galvaniser, les décourager.

C'est alors que le peuple sera livré sans recours au colonialisme. Qu'on me comprenne bien! Il ne s'agit pas de vilipender l'indépendance et les indépendantistes. Nous n'imiterons pas les indépendantistes dont l'essentielle préoccupation semble désormais de vilipender, pour la plus grande joie des colonialistes, ceux qui se battent pour l'autonomie et mènent un combat fondamental pour le droit des martiniquais à gérer leurs propres affaires;

Nous ne suivrons pas ces messieurs dont la hargne et la haine semblent les caractéristiques essentielles, et porte en plus un nom «l'irresponsabilité ».

Pour notre part, nous ne nous trompons pas d'ennemi ! Quant à la notion même d'indépendance, elle n'a rien qui nous choque . Je pense que le peuple Martiniquais, comme tout peuple, a droit à l'indépendance.

Et nous, P.P.M., nous devons lutter de toutes nos forces pour maintenir ce droit ouvert, et pour empêcher qu'il ne tombe en déshérence.

Mais, nous estimons qu'à l'heure actuelle, cette indépendance, dont le recours reste toujours possible, ne constitue pas le mot d'ordre qui convient le mieux pour aider le peuple martiniquais à sortir de la situation dans laquelle il est enlisé.

Autonomie donc.
Le mot figure dans notre mot d'ordre actuel. Il faut le garder. «Etape» aussi. Le mot est à garder, toute l’histoire étant sous le signe de la mobilité et de l'évolution,

Il en va de même pour l'expression «Nation Martiniquaise». L'expression est à garder plus que jamais, puisque par cette définition de la Martinique, nous préservons pour le peuple martiniquais ce droit essentiel qui s'appelle l'autodétermination, c'est-à-dire l'application à notre peuple d'un principe qui a valeur universelle, savoir, le droit des peuples a disposer d'eux-mêmes.

Cela étant dit, je me rends bien compte qu'il ya des camarades qui aiment les vastes horizons ; qui aiment des perspectives bien dessinées. Et ceux-là ont toute chance de rester sur leur soif.
Je comprends ce sentiment.
Le mot ETAPE ne leur suffit pas.
Etape ? Oui, disent-ils, mais étape vers quoi?

Il ne leur suffit pas de savoir où l’on est. Ils veulent savoir où l'on va.

Et c'est ainsi qu'ils réintroduisent le mot Indépendance. Ils disent autonomie, c'est l'Etape, très bien; mais l’indépendance, c'est le but.
Cela se traduit par le mot d'ordre suivant : Autonomie étape vers l'Indépendance.

Cette proposition attire de ma part deux observations. D'abord, il serait à la fois maladroit, malencontreux et ambigu d'avoir un mot d'ordre bicéphale.

Si nous faisons coexister dans une même formule le mot autonomie et le mot Indépendance, il y a gros à parier que très vite le terme fort dévorera l'autre, et, en fait, très vite, ne surnagera dans les mémoires que le mot Indépendance…

Autrement dit, en fait, nous aurons changé le mot d'ordre sans même l'avoir vraiment décidé, ce qui est grave.

Il semblera à tous que nous avons été incapables de choisir, et ne pouvant choisir, il nous arrivera ce qui arrive toujours en pareil cas : nous aurons perdu sur les deux tableaux.

Mais, il y a à notre refus du mot Indépendance, une raison plus fondamentale. On nous dit : « Si l'autonomie est l'étape, l'indépendance est le but ». Je réponds : NON.

Pourquoi? Parce que l'indépendance ne peut pas être un but. L'indépendance ne peut être qu'un moyen, au même titre d'ailleurs que l'autonomie.

Sans doute, pour un nationaliste étroit, l'indépendance peut, en effet, être érigée en fin.

Mais, nous P.P.M., nous ne sommes pas des nationalistes étroits, des nationalistes villageois. Nous sommes des Socialistes, et le but pour un socialiste est parfaitement défini.

La fin pour un socialiste ne peut être autre chose que l'émancipation humaine. Lorsque MARX confie la direction historique au prolétariat, et l'enlève à la bourgeoisie, c'est que le prolétariat, et ici, je cite ENGELS : « C'est que le prolétariat est une classe qui, en vertu de sa situation sociale, ne peut s'affranchir qu'en supprimant toute domination de classe, toute servitude, et toute exploitation en général ».

MARX, lui-même, est encore plus net. Je relève de lui cette phrase dans l'opuscule « La lutte des classes en France » : « À la Commission du Luxembourg, cette création des ouvriers de Paris, reste le mérite d'avoir révélé le secret de la révolution du XIXe siècle : L'Emancipation du prolétariat.

Vous le voyez, le grand mot est lâché : Emancipation !
Mais, voici la phrase clef que j'extrais de la «question juive» et que l'on pourrait croire écrite pour nous Martiniquais, tellement aliénés, tellement étrangers à nous-mêmes :
« Chaque Emancipation est une Restauration du monde humain et des relations humaines de l'homme avec lui-même ».

Libre aux amateurs de slogans primaires de ricaner, mais quand je parle du caractère humaniste du socialisme, c'est à des phrases de ce genre que je pense.
Et, je maintiens que la réconciliation de l'homme lui-même est bien la postulation la plus haute et la plus précieuse du mouvement politique dont nous nous revendiquons.
C'est pourquoi il me semble que si l'on exige de nous de dessiner des perspective, cette perspective ne peut être que celle de l'Emancipation de l'Homme, et pour le cas qui nous occupe, l'Émancipation de l'Homme Martiniquais, enfin débarrassé de toutes les aliénations.

Autrement dit, si perspective il y a, cette perspective ne peut être que celle de l'Emancipation définitive de l'homme martiniquais.

Là est le but. Là est le terme. Là est l'espérance. Et c'est bien dans cette direction qu’il faut mettre le cap.
Au terme de cette intervention, je propose donc aux congressistes un amendement ainsi conçu :

«AUTONOMIE POUR LA NATION MARTINIQUAISE, ETAPE DE L'HISTOIRE DU PEUPLE MARTINIQUAIS en lutte depuis trois siècles pour son émancipation définitive ».

Commentaires

shaka_zulu1 | 09/05/2008 - 15:38 :
C'est très bien d'avoir mis en ligne ce discours d'Aimé Césaire, discours qui date de 1980.Nous sommes maintenant en 2008 et que constatons-nous?En tant que patriôte, je serais plus à mène à parler de mon pays, la Guadeloupe.Alors que constatons-nous?Que le pays Guadeloupe s'enfonce de plus en plus vers l'assimilation et ce malgré une résistance culturelle.Effectivement depuis la fin du passage de l'Ouragan Hugo en 1989, l'Etat français nous a de plus en plus gavé avec des biens de consommation.Vous savez nous gavons le cochon pour pouvoir le tuer et le consommer pour les fêtes de fin d'année.Eh bien on nous fait la mème chose, on nous gave pour nous tuer psychologiquement et ça je peux vous dire qu'ils ont en train de réussir.L'autonomie:le 7 décembre 2003 nos voisins martiniquais se sont prononcer pour le NON à 50,48% soit une difference d'un millier de voix entre le Oui et le Non.Il s'en est fallu de peu pour que la Martinique devienne une Collectivité d'Outre-Mer comme St-Martin et St-Barthélémy.En ce qui concerne la Guadeloupe c'est la bérézina, Non à 72,98%!Je constate que nous en Guadeloupe, nous avons été victimes d'une véritable MYSTIFICATION!L'autonomie n'est pas l'indépendance.Mais que voulez-vous jusqu'à maintenant certains guadeloupéens en font l'amalgame.Mon avis sur le fiasco de cette consultation, c'est qu'elle a été proposée au mauvais moment et avec les mauvaises personnes(les guadeloupéens voulaient et ont sanctionné Michaux Chevry).Victorin Lurel en a donc profité, individu champion de l'assimilation!Le sujet n'est pourtant pas clot, s'il sera plus facile en Martinique de relancer le débat institutionnel, en Guadeloupe ce sera un peu plus compliqué(72,98% de Non).Toutefois, des partis politiques ne désarment pas. C'est le cas du Parti Communiste Guadeloupéen(PCG) qui avec d'autres mouvements patriotiques(KLNG,UPLG)veulent donc relancer le débat institutionnel avec la création d'un FRONT PATRIOTIQUE POUR UN ETAT AUTONOME!Il y a aussi le gouvernement français qui par le biais de son premier ministre François Fillon, avait déclaré à Basse-Terre "SOYEZ PLUS AUTONOMES" ; entendez par là AUTONOMIE FINANCIERE car les caisses de l'Etat sont vides.Autonomie financière qui conduit inévitablement à l'AUTONOMIE POLITIQUE.D'ailleurs progressivement l'Etat français se désengage au fur et à mesure et transfère certaines de ses compétences aux collectivités locales.Dernier exemple en date c'est la création d'un syndicat du réseau routier guadeloupéen nommé "routes de Guadeloupe" géré conjointement par la Région et le Département.Tout ceci est pour vous montrez et je le répète encore, que nous avons été victime d'une véritable mystification.Tôt au tard la Guadeloupe(et la Martinique) ne resteront pas Départements bien longtemps.Quant à ce qui concerne l'indépendance, je ne suis pas d'accord avec ce que disait M.Césaire.L'indépendance peut être un but, on peut passer de l'autonomie pour arriver à l'indépendance.Néanmoins l'indépendance (tout comme l'autonomie d'ailleurs)se prépare.En 1802 les patriôtes guadeloupéens ont mené la guerre d'indépendance contre l'armée napoléonienne qui a malheureusement échoué(contrairement à Haïti-les assimilationnistes me diront heureusement!) et en 1848 lors de la libération officielle des Nègres, on aurait pu et dû se préparer à la souveraineté mais malheureusement le seul but de nos ancêtres était de ressembler à leurs anciens maîtres(citoyens français avec droit de vote etc...).Quoiqu'il en soit mes frères et soeurs, le combat continue!

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