Accueil
Aimé CESAIRE
Frantz FANON
Paulette NARDAL
René MENIL
Edouard GLISSANT
Suzanne CESAIRE
Jean BERNABE
Guy CABORT MASSON
Vincent PLACOLY
Derek WALCOTT
Price MARS
Jacques ROUMAIN
Guy TIROLIEN
Jacques-Stephen ALEXIS
Sonny RUPAIRE
Georges GRATIANT
Marie VIEUX-CHAUVET
Léon-Gontran DAMAS
Firmin ANTENOR
Edouard Jacques MAUNICK
Saint-John PERSE
Maximilien LAROCHE
Aude-Emmanuelle HOAREAU
Georges MAUVOIS
Marcel MANVILLE
Daniel HONORE
Alain ANSELIN
Jacques COURSIL

Du droit de cuissage aux harcèlements des dorlis

Nady NELZY-ODRY
Du droit de cuissage aux harcèlements des dorlis

A première vue, le titre de mon propos peut paraître provocateur, mais l'est-il réellement ? Et suis-je plus querelleuse que certains de nos journalistes et leurs éditoriaux ?

Nous sommes à la Martinique et depuis quelques jours, la presse internationale et les médias, nous rabattent les oreilles d'une dénonciation de la part d'une riche actrice du cinéma pour harcèlement sexuel par un  autre richissime producteur de cinéma, alors qu'en Inde, les femmes désobéissantes sont  encore et toujours  défigurées à l'acide  par les hommes avec le consentement de leur propre mère. Cette dernière information passe alors pour du sensationnel comme si dans ce monde  il  y aurait des Femmes et des femmes. 

Pour ne pas demeurer en reste, samedi dernier  France Antilles choisi de  titrer en  première page « Ma vie avec un dorlis » Un sujet contenu en une page et  qui à fait l'objet d'un « dossier » dans le quotidien favori. A croire que chez nous, il n'y a pas de harceleurs, seulement des dorlis.

Comme bien des curieux, j'ai voulu savoir ce que les journalistes de F. A avaient à dire et  valait-il la peine  que l'on s'y arrête.  Je dis oui, car il faut tout de même prendre acte du mépris dont le quotidien fait montre face aux  difficultés que les femmes connaissent pour avoir le droit d’exister.

Sur le sujet du Dorlis, tout ceci  me semble appartenir  au 19eme siècle, chez nous, du temps où il n'y avait que des grands chemins et  comme toute « lumière » nous avions  des lampes à pétrole et des bougies.

Différents avis  et appréciations  sont donnés : une opinion d'une église du septième jour,  celle d'un sociologue, et  à défaut d'une sanction pénale pour viol,  un psaume contre les dorlis.

Pas un mot sur les quimboiseurs, pas une virgule sur les mangeurs d'argent qui promettent des délivrances d’âme.

J'avoue qu'à  la fin de ma lecture, j'ai ri jaune,  les déclarations de l'interviewée m'ont navré car j'ai cru saisir les miasmes de l'acculturation dont souffrent encore beaucoup d'entre nous. Je ne dirai rien du propos du  sociologue, sa réponse « un désir refoulé » est l'observation d'un homme !!!! Sûrement pas celle d'un médecin ni celle  d'un psychiatre. 

Selon mon sentiment, malheureusement pour les femmes, le droit de cuissage nouvellement  nommé « harcèlement sexuel » n'est pas un fait nouveau dans nos sociétés et n'est pas prêt de  s'arrêter

Pourtant,  ici ou ailleurs,  belle ou laide , jeune ou vieille , riche ou pauvre,  il faudra toujours  aux femmes  une sacrée  dose de courage pour tenir tête à celui qui a décidé au nom de sa masculinité de disposer  du corps d'une femme, d'assouvir ses besoins sexuels, une violence fondée sur des rapports de domination et d'intimidation 

Et c'est peut-être parce que la justice n'a jamais pris de véritables sanctions contre les hommes qui se rendent coupables de ces actes odieux, que certaines jeunes femmes d'aujourd'hui, particulièrement des femmes de chez nous,   trouvent face aux égarements des uns et à l'indifférence des autres   une parade. Elles se déshabillent plus qu'elles ne s'habillent, prennent des postures  sexuellement provocante en public. Devant  ces images dégradantes qui sont offert au regard,  me revient  une autre tare, celle du  racisme primitif qui nous  compare à des singes et je me dis que les comportements de certaines d'entre nous  dans  des danses soit disant ethniques,  se rapprochent à ceux de femelles en chaleur.

Aussi ne suis-je pas certaine que s'humilier et salir son propre corps soit une vengeance. Les harceleurs ne mettent  pas systématiquement leur zizi sur la place publique. En choisissant de se révolter contre  l'assourdissant silence de la  société  hypocrite, mon impression  est que, les femmes d’aujourd’hui pour la plupart mères de famille, se punissent elles-mêmes et par la même leurs enfants

Connexion utilisateur

CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain afin d'éviter les soumissions automatisées spam.

Pages