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ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES : LE SALVADOR EN ROUTE VERS LE CHANGEMENT

Par Willem De Witte

Ce fut tendu jusqu’au dernier moment mais le candidat du FMLN – Front Farabundo Marti de Liberation Nacionale – remporte les élections présidentielles du Salvador, en Amérique centrale.

C’est avec à peine 62.000 voix de différence, sur un total de 4,2 millions, que Mauricio Funes a remporté les élections, dimanche dernier.

Le Salvador est surtout tristement connu pour l’atroce répression qui y a régné dans les années 80. Mais sans doute aussi en raison des nombreux Belges qui ont été aux côtés du mouvement de libération FMLN. Aujourd’hui c’en est enfin fini de 20 années d’ARENA, le parti des escadrons de la mort, responsables entre autres de l’assassinat de Mgr Romero… Fidèle allié des des États-Unis durant toute cette période, le Salavador envoya des troupes en Irak. C’était en outre le seul pays latino-américain à refuser toutes relations avec Cuba.

Le candidat à la présidence d’ARENA, Rodrigo Avila, était le chef de la police. Dans une interview récente du journal El Paìs, il a admis, en tant que membre des escadrons de la mort, avoir tué des gens « pour défendre mon pays ». Durant les dernières semaines qui ont précédé les élections, ARENA, qui contrôle quasiment tous les médias, a essayé de faire peur aux gens avec des slogans tels que « Les communistes vendront le pays à Chávez, s’ils gagnent » et « Sous le communisme, la plupart des emplois vont disparaître ».

{{L’espoir plus fort que la peur}}

N’empêche que l’espoir l’a emporté sur la peur. Le FMLN avait opté pour un journaliste TV critique, Mauricio Funes, comme candidat à la présidence; le vice-président sera Salvador Sanchez Ceren, ancien commandant de la guérilla. La tâche qui les attend n’a rien d’aisé. Toutefois, lors des élections parlementaires, le FMLN devient, pour la première fois, le plus important parti du pays, avec 35 sièges sur 84. Mais ARENA reste plus fort, avec 32 sièges et le soutien des 11 sièges du PCN, un autre parti de droite.

La pauvreté et la criminalité constituent les deux principaux défis. Un quart de la population a fui le pays, surtout à destination des USA; et la violence structurelle fait chaque mois entre 300 et 400 morts. Bien des jeunes sont sans emploi et sont seuls parce que leurs parents sont à l’étranger. Ils rallient alors ces « maras », des bandes très violentes qui mettent à mal la sécurité dans de vastes territoires urbains

Enfin, avec son programme modéré, Funes doit continuer à conserver le soutien d’une base plus révolutionnaire qui réclame des changements fondamentaux.

Solidaire (Belgique) 18 mars 2009