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ÉTUDE SUR LA VISION DE L’ESCLAVAGE CHEZ LES MARTINIQUAIS

L’introduction de l’esclavage des Africains dans les possessions européennes en Amérique et leur spécialisation en travailleurs de plantations, de mines ou en tant que domestiques, développa une vision particulière de soi et de l’autre selon l’appartenance de l’individu à un groupe ethnique ou à un autre (Tolentino, 1974). En haut de l’échelle, le pouvoir : le Blanc. En deuxième lieu, l’Indien, l’Amérindien né libre et donc susceptible d’être un homme à part entière. Tout en bas de l’échelle, l’objet, meuble ou immeuble constitué par provenant de l’Afrique et commercialisées sur les terres des Amériques.

Le Blanc, étant propriétaire absolu, de la terre, de la vie de ses esclaves et seul détenteur du pouvoir politique, économique et judiciaire dans les colonies, constitua la référence de prestige. Si la société créole, surgie de ce choc de cultures et du mélange des groupes ethniques, malgré les interdictions explicites du Code Noir, se constitua petit à petit de ces , des mulâtres, des métisses; la tare de l’ancêtre esclave pesa lourd dans les relations sociales qui s’établirent dans la période coloniale et surtout, après l’abolition de l’esclavage et la naissance de nouvelles formes politiques qui surgirent aux Amériques depuis le XIXème siècle. Lente et difficile a été l’ascension sociale des couches créoles face aux interdits et à l’image préjudiciée de la société où le Blanc était dominant.

Après l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises et l’intégration des anciens esclaves en tant que citoyens français, le engendré par l’assimilation du Noir à une , à un bien meuble, lui autant que ses descendants, engendra une série de positionnements sociaux particulièrement régis par la problématique raciale . La révolution française, généra, chez les hommes
et chez les affranchis, l’aspiration à devenir des citoyens à part entière dans leurs sociétés du fait de la proclamation des Droits de l’homme et du citoyen. Les alliances entre groupes opprimés ne tardèrent à se former dans les colonies et une autre révolution, celle d’Haïti culmina avec la création de la première république noire du monde. Du fait de sa violence, de l’élimination de tous les hommes blancs, des pertes pour la République française dont cette colonie était le principal soutient et de la peur que cette révolution causa dans toutes les colonies esclavagistes, les conditions des groupes noirs et furent durcies partout.

Mais malgré les interdits de nombreux individus, les fils reconnus de maîtres, héritiers et affranchis ont constitué une classe intermédiaire de mulâtres qui entra en lise sur la scène politique dès le moment même de l’abolition dans les colonies française en 1848. Le statut colonial prévoyait des Assemblées Générales et des maires élus. Dures furent les luttes pour l’accession aux pouvoirs locaux. Elles se basèrent souvent sur l’aspiration à la réalisation totale du rêve de nouveaux libres d’être considérés et d’être tenus en compte en tant que citoyens pouvant se gouverner et occuper des postes administratifs et de prestige.

Partout ces luttes oscillèrent entre les aspirations à l’identification à la culture française, référence de et des positions racistes qui niaient la capacité des Noirs et des gens à assumer des charges et des postes de responsabilité. Rappelons qu’au XIXème siècle de nouvelles théories racistes , prétendument scientifiques virent le jour et qui, avec les théories positivistes de l’époque, ont rajouté de nouvelles tares, réputées scientifiques, sur les non Blancs. Dans les cas des pays indépendants, les mélanges raciaux étaient souvent considérés comme l’une des conséquences du manque de développement des sociétés américaines et, dans le cas des colonies, ces théories servaient à justifier tous les efforts pour écarter les non Blancs du pouvoir.

Qu’en est-il de ces idées et des représentations de l’être humain, cent cinquante ans après l’abolition de l’esclavage dans les anciennes colonies devenues Départements français d’Amérique (DFA) ? Quelle est l’image de soi et de l’autre dans ces sociétés aujourd’hui hautement métissées, intégrées dans le système économique et politique français ? Comment se voient les gens dans ces Départements Ultra périphériques de l’Europe ? (...)

{{Pedro UREÑA RIB
_ Institut d’Etudes Supérieures de la Guyane
_ UNIVERSITÉ DES ANTILLES ET DE LA GUYANE}}

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Document: 

Etude_sur_la_vision_de_l_esclavage_chez_les_Martiniquais.pdf