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GUADELOUPE : LES VERITES QU'IL NE FAUT PAS DIRE

par Dolto.

Les revendications du mouvement social se résument généralement par la faute de l’Etat qui, en réalité, est pressé de ne pas bouger. Mais il est rarement fait écho de certaines vérités qui sont inséparables des événements qui se produisent en ce moment en Guadeloupe. La presse a renoncé à la liberté de ton qu’elle a pu exprimer dans le passé. La référence à l’esprit colonial a conduit la presse et la classe politique, en général, à taire tout ce qui n’est pas conforme à l’éthique de l’éloge. Les propos qui suivent constituent une véritable infraction au politiquement correct qui ferme les yeux sur tout ce qui contrevient au devoir de louange du peuple. Pourtant, quel que soit le statut politique envisagé, ce sera chimère de vouloir porter remède au mal sociétal des Antilles sans aborder les questions posées par les inégalités sociales dues aux sursalaires, aux prestations sociales liées au non-travail ou à l’art de vivre. Ces situations sont réputées intouchables : abordons-les.

1 - Un romantisme rassembleur sur la base de l’émotionnel. Il n’est pas assez dit que les mouvements sociaux ont avant tout pour objet la hausse des salaires même si la notion de « lyannaj kont pwofitation » et la référence mémorielle confèrent aux revendications un caractère populiste et rassembleur. Des milliers de manifestants étant dans la rue en 2009, des indépendantistes conséquents ne pouvaient manquer de les nourrir de slogans, de chansons et d’images signifiants : Gwdloup sé tan nou, photos du Che, …Il ne fait pas de doute que les 200 euros net sur tous les salaires du secteur privé ont été le facteur déterminant des mouvements sociaux et que la durée de celles-ci est due moins aux mauvaises manières du ministre Yves Jego qu’à la non-réalisation de ce complément de salaire. La satisfaction même partielle de cette exigence traduit la volonté de vendre la paix sociale au gouvernement. C’est la garantie, de pouvoir reprocher à l’Etat français de n’avoir pas traité le sujet au fond, et respecté les accords dits Bino.

2 - Une exigence de niveau de vie. La vie est très chère : elle est trop chère. Mais elle est aussi rendue chère parce que nous exigeons trop souvent le plus beau et le plus cher. Le beurre le plus cher, la voiture et la villa du riche, des séjours dans nos propres hôtels situés à 5 ou 10 kilomètres de chez nous, un art de vivre émollient qui nuit au dynamisme et à la productivité. Ernest Pépin parle de l’industrie du loisir qui frappe ses compatriotes guadeloupéens. Pourtant son combat tend vers une plus grande consommation. Il ne demande pas un changement de société, mais les moyens pour mieux faire fonctionner cette société.

3 - La fonction publique et les 40% ont phagocyté les meilleurs cerveaux. Du fait de la majoration des salaires des agents de l’Etat, les meilleurs cerveaux des DOM qui n’embrassaient pas les professions médicales intégraient la fonction publique. On ne compte pas le nombre d’ingénieurs qui se sont retrouvés professeurs dans les lycées. Le besoin d’enseignants a véritablement asséché les compétences vives jusqu’au niveau du brevet où étaient recrutés les instituteurs, les bacheliers étant affectés sur simple demande dans le secondaire. C’est ainsi que le secteur productif avait été abandonné aux békés et aux laissés-pour-compte du système éducatif, ces derniers occupant, au mieux, les emplois de second ordre. Dans ces conditions il était difficile aux guadeloupéens de couleur de tenir la concurrence. Il reste que le bond du niveau de vie a été important : des enseignants et autres fonctionnaires ont surgi de presque chaque famille guadeloupéenne.

4 - Une insidieuse campagne électorale. Par delà les difficultés rencontrées par tous, les éléments de campagne pour le statut et l’assemblée unique semblent subrepticement se mettre en place dans la cacophonie la plus totale. Dans un langage en forme d’essuie-glace qui s’adapte aux fluctuations du moment, les arrière-pensées politiques trouvent leur expression dans la bouche d’élus désemparés.

5 - Le discours de rupture. Aucune exigence explicite d’indépendance ne s’exprime à l’appui des mouvements sociaux alors que les non-dits et le développement de tous les discours de l’UGTG conduisent à cette revendication. Qui ne voit que le discours de rupture entretenu ne peut pas être résolu par un statut d’autonomie voire d’indépendance ? Qui, dans ce cadre, interdirait aux élus et aux intellectuels de continuer de s’en prendre au pouvoir « colonial » ? D’ailleurs, les séparatistes les plus cohérents affirment, dans un discours qui a toutes les chances de prospérer, que passer de l’article 73 à l’article 74 consiste à sortir d’un carcan colonial pour pénétrer dans un autre. Mais les liens d’un pouvoir autonome avec la métropole seraient autant de fils à tirer lorsqu’il s’agirait, comme aujourd’hui, de tout faire endosser par le colonisateur. Département ou autonomie, les DOM on besoin de la tête de Turc qu’est l’Etat. Et, en réalité, par-delà toutes les proclamations valorisantes pour le peuple, la France est confusément priée de ne pas changer et de continuer, à intervalles réguliers, d’acheter la paix sociale, en acceptant de se soumettre à la vindicte.

6 - Les responsabilités dans la fonction publique. Il est exact que dans la fonction publique les responsabilités de haut rang sont assurées par des cadres métropolitains. C’est un échec qui est partagé notamment avec celui de l’éducation où les enseignants antillais sont incapables de se renouveler. On assiste, à l’inverse de ce qui se passait il y a encore 20 ans au renoncement des meilleurs élèves aux emplois de hauts fonctionnaires. Ils sont attirés par la médecine, la pharmacie, les grandes écoles d’ingénieur ou de commerce ou par les formations courtes. Ce peu d’attirance des meilleurs s’observe également dans le domaine politique. Nos jeunes les plus doués ont acquis le goût du grand large et se répandent dans le monde. Faudrait-il diminuer le niveau de recrutement dans la fonction publique et réserver la participation aux concours aux seuls antillais ? Le pouvoir central a travers la notion de discrimination positive le permettrait certainement, mais il n’est pas sûr que les parents d’élèves s’en satisfassent. Ni même un certain nombre de professeurs.

7 - La plupart des entreprises appartiennent aux ” blancs ” : c’est choquant mais pas sans intérêt. C’est choquant parce que cette propriété possède une frontière qui est celle de la couleur de la peau. Mais l’intérêt de la situation tient au fait de l’histoire et au phénomène de l’accumulation du capital. Par ailleurs, il est surprenant de voir des experts lever les bras au ciel à l’annonce que la grande distribution est en Guadeloupe aux mains de quelques familles, alors que c’est aussi le cas dans l’hexagone.

8 - Le terreau des prestations sociales. Curieusement, sous leur forme actuelle, les prestations sociales conduisent à accroître une indigence morale et sociale qui frappe les milieux les plus défavorisés. « Département à part entière », cette exigence a toujours voulu que tous les droits sociaux soient étendus à l’outremer. Aussi est-il interdit dans l’outre-mer tropicale de procéder à des expulsions en hiver. Insuffisamment adaptées et souvent instrumentalisées, d’autres mesures sociales sont moins anecdotiques, qui ont donné le jour à une véritable catégorie de gens dont la misère est bien plus sociétale que matérielle. C’est dans cette catégorie que le LKP recrute essentiellement les jeunes gens ET LES FEMMES SEULES sans vraie éducation et sans formation qui sont happés par le chômage et la délinquance, les filles se tirant mieux d’affaires, si l’on peut dire, en reproduisant le modèle de leurs mères. En effet, des dispositions légales et réglementaires, comme celles qui régissent l’inégalité, conduisent le père à éviter le foyer et par la même à créer une masse de vieux et jeunes illettrés (un guadeloupéen sur cinq soit 60.000).

9 – Les Antilles des casinos, du Loto et du PMU. La presse évite de conduire des enquêtes sur les vrais moyens des populations – ceux qui existent et ceux qui manquent -, sur les biens d’équipements, sur l’utilisation des moyens – par exemple la fréquentation et l’origine des sommes dépensées aux casinos, au Loto et au PMU -, et sur bien d’autres sujets. En tout état de cause, il est utopique d’envisager une amélioration de la situation sans se pencher sur certains acquis qui constituent, en soi, de réels progrès alors que, dans une nécessaire cohérence sociétale, ils auraient besoin d’être pour le moins réadaptés. Ignorés par les politiques, la seule évocation de ces sujets hérisse les beaux esprits ainsi que les bénévoles du tissu associatif, proches de cette misère, qui craignent qu’une mise à plat du phénomène sociétal conduise à supprimer des soutiens aux pauvres qui n’en sont pas vraiment !

10- les impayés explosent en Guadeloupe depuis 2 ans ! Publicités parfois tapageuses, soif de consommation : les ménages s’endettent. Certains vont au delà de leurs possibilités de remboursement. D’autres, à la suite d’événements graves - divorce, chômage - ne peuvent plus s’acquitter de leurs dettes. Pour les uns comme pour les autres, c’est le surendettement et le début de la spirale des incidents de paiement qui se sont multipliés depuis 2 ans en Guadeloupe. Dans l’immobilier, les loyers et charges impayés se multiplient au grand dam des syndics. « L’année dernière, nous avons baissé le prix du m3 d’eau. Nous continuons encore à mettre en place des services pour les usagers. Mais il faut qu’ils paient l’eau ». Le président du SIAEAG, Amérius Hernandez a donc décidé de prendre à bras le corps le dossier des factures impayées. Les impayés ont ainsi été évalués à 14 millions d’euros pour l’année 2009. Les particuliers et les professionnels, hôteliers et autres collectivités, sont concernés. Le BTP cherche les voies et moyens pour recouvrer les impayés : La crise sociale de février/mars 2009 a frappe de plein fouet ce secteur où l’emploi a diminué de 1500 personnes dès le mois d’avril 2008, pour atteindre 6000 en octobre 2010. Et les impayés pour l’achat des matériaux de construction ont augmenté de 74% en deux ans.

SÉCURITÉ SOCIALE : UNE CAISSE criblé d’impayés: 1,2 milliards SELON UN AUDIT On savait la Caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de Guadeloupe handicapée par des dizaines de millions d’euros de dettes des entrepreneurs à son égard, mais on ignorait, jusqu’ici, l’ampleur du désastre. L’Agence France Presse a réussi à se procurer un rapport sur un audit interne de notre CGSS, audit mené en octobre 2009 par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale. Et ce rapport n’est pas tendre, notamment sur les recouvrements URSSAF de la caisse : les créances de la CGSS sont estimées à 1, 2 milliard d’euros.

11- LA GUADELOUPE CHAMPIONNE DE L’ARRÊT DE TRAVAIL! 60 000 jours d’arrêts injustifiés L’idée n’est évidemment pas de forcer à travailler quelqu’un qui doit s’arrêter. La très grande majorité des arrêts de travail délivrés répond à une nécessité, et il n’est pas question d’interférer. En revanche, les arrêts abusifs sont plus que jamais dans le collimateur, tout comme les praticiens qui les délivrent, voire les entreprises dont le personnel cumule des arrêts. 29,2 millions d’euros : montant cumulé des indemnités journalières versées par la CGSS de Guadeloupe en 2010

12- Criminalité : LA GUADELOUPE /TERRE DE RECORDS La Guadeloupe est le département le plus criminogène de l’Outre-mer et sur le plan national. Premier rang pour les homicides, tentatives d’homicides, braquages et même… violences sur enfants etc…..Il y a des premières places dont on se passerait volontiers. Parmi ces podiums indésirables, celui de la criminalité et, plus singulièrement, de la violence. Les chiffres 2009, récemment révélés par le Conseil de sécurité et de prévention de la délinquance, sont tristement révélateurs. Non seulement, la Guadeloupe est la championne de la violence en Outre-mer, mais encore, c’est le premier département français pour les violences physiques non crapuleuses, c’est-à-dire celles qui sont commises hors d’un contexte de vol. « Les violences physiques constituent l’une des problématiques majeures de la sociologie criminelle locale » , précise le Conseil de sécurité. (Dolto)

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