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Honte à ceux qui ont trahi notre confiance !

Serge Restog
Honte à ceux qui ont trahi notre confiance !

    Voici pourquoi nous jugeons bon de dire haut et fort que nous n'approuvons pas la position du Président de l'Université des Antilles quant à son souhait d'effacer d'un trait de plume, l'interdiction d'accès sur le Campus, de ceux qui sont soupçonnés de "détournement de fonds en bande organisée au détriment de l'Union européenne", entre autres.

   Fonctionnaires de l'état, rappel de l'existence de règles

    Il est bon aujourd'hui, en 2018, de rappeler l'existence de règles qui régissent le fonctionnement des agents de l'État, des collectivités, des personnes responsables de la gestion des structures administratives, politiques, judiciaires, etc., de notre société. Ces règles définissent les droits et obligations, les manquements aux valeurs, la confiance que nous plaçons dans ces agents de l'État pour administrer des services.

  Une sélection, une déontologie

   Ces agents ont subi les épreuves de concours pour prétendre à ces postes. Un concours est une épreuve ou un ensemble d'épreuves qui mettent plusieurs candidats en compétition pour un nombre restreint de places. Un concours est donc une sélection selon des critères précis. Et ces critères s'appuient sur un corpus de valeurs, de principes et de règles qui vont guider leurs actions. Parmi ces valeurs sont comptés, le mérite, qui se justifie par la qualification, la compétence, la notion de justice, mis en évidence par la transparence dans les stratégies, les décisions, les pratiques, etc. Il est demandé à ces personnels de mettre en pratique, des normes déontologiques élevées, des droits et des devoirs. Tout cela, régissant la conduite de ceux qui exercent des responsabilités.

 Parmi ces valeurs, citons les valeurs éthiques. Elles mettent en avant l'honnêteté, l'impartialité, la générosité, le caractère désintéressé. Ce qui nous rappelle une expression souvent répétée : "servir et non se servir".

 C'est ainsi que nous pouvons dire qu'un agent de l'État est issu d'une sélection. Cette sélection découle, d'une part, de ses connaissances et d'autre part de ses valeurs morales, humaines, etc. Cela s'atteste, par exemple, par la fourniture d'un casier judiciaire vierge. D'ailleurs, notons que les dispositions de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen demandent que soient appréciés vertu et talent des serviteurs de la société.

 Des valeurs

 De nos temps il existe une crise des valeurs et une montée des particularismes. Les valeurs sont «battues en brèche». Nous nous souvenons encore des expressions de nos parents : «Mwen pa lé jandam vini douvan lapot-mwen (Je ne veux pas que les gendarmes se présentent devant ma porte)». Ils nous rappelaient cette obligation que de respecter les règles de la société. Il ne fallait jamais donner l'occasion, à quiconque, d'être montré du doigt.

  La présomption d'innocence

  La présomption est parfois définie comme étant une opinion ou une projection fondée sur des apparences. Elle équivaut à une supposition ou à un soupçon.

  Monsieur ou Madame tout le monde a entendu les déclarations et les mesures prises à l'encontre de ces personnes soupçonnées de détournement de fonds. Il ou elle sait que la justice de l'administration a tranché. Après avoir entendu les avis, des rapports de la Cour des comptes, du Sénat, de l'IGAENER (Inspection générale de l'administration et de l’enseignement supérieur et de la recherche), peut-on encore dire que sur ces affaires, il ne s'agit que de suppositions ? L'Université des Antilles a déjà remboursé 6 millions d'euros pour les sommes détournées. Peut-on toujours dire qu'il y a une forte présomption, qu'il y a de forts soupçons de culpabilité lorsqu'il s'agit de la justice des tribunaux.

  Des faits

  Des faits sont reprochés. Des actions en justice sont menées. Ces actions prennent, et cela est mémorable, tout le temps qu'il faut. Des coupables s'il y en a, c'est la justice qui le dira. Mais, nous sommes en droit d'être sceptique sur le fonctionnement de la justice coloniale exercée dans ce pays. Sceptique compte tenu des complicités très nombreuses à l'intérieur et à l'extérieur de l'université. Des exemples de fonctionnement de la justice coloniale fleurissent, dans notre histoire, dans notre littérature, dans notre passé encore récent. Des coupables, s'il y en a, seront-ils jugés selon le droit ? Les peines seront-elles exécutées ? Ou bien, tout cela ne sera-t-il pas contourné par l'influence des réseaux ou pour mieux dire, dans notre beau pays Martinique, par la puissance des forces occultes.

  Il n’empêche que les plus à plaindre dans ces agissements, ce sont nos enfants, ce sont nos étudiants. Ils pâtissent du manque d'humanité de ces personnes, ne se préoccupant que de leurs intérêts individualistes ou de l'intérêt de leur groupe. Et par delà, les moyens, les conditions de travail sont dégradés, les résultats dans leurs parcours, ceux pris en otage malheureusement, en pâtissent.

  Il y a présomption d'innocence, nous rabâchent certains. Mais, nous disons qu'il y a aussi fort soupçon de culpabilité.

  Honte à ces agents de l'État qui ont manqué aux valeurs de leurs fonctions !

  Honte à ceux qui nous déshonorent devant les yeux de nos enfants, de nos étudiants, devant la société, devant le monde qui observe !

  Honte à eux qui ont trahi la confiance que la société avait placée en eux, pour administrer nos institutions !

  Honte à eux d'avoir perdu confiance de notre territoire, des associations, des socioprofessionnels, etc. !

  Nous disons non à la position du Président, actuel, de l'Université des Antilles qui appelle "à l'apaisement" pour ceux interdits d'accès à l'Université.

  Nous disons notre total désaccord sur le retour à l'Université des Antilles des trois personnes dont de forts soupçons de malversations pèsent sur eux !