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"IL EST VITAL, AUJOURD’HUI, QUE LE FRANC CFA ACQUIÈRE UNE AUTONOMIE"

Par Mamadou KOULIBALY, professeur ivoirien d’économie

Les économies des pays de la zone Franc sont très vulnérables. "Les effets provoqués par le mécanisme de fonctionnement sont asymétriques", a déclaré Mamadou KOULIBALY, président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire et professeur d’économie, au cours d’un entretien accordé au "New African", un journal Américain.

Dans ce même entretien, Mamadou KOULIBALY a fait la lumière sur les dégâts causés dans les Etats membres de la zone Franc, en raison de l’indexation de leur monnaie sur le Franc Français, aujourd’hui euro.

Dans son analyse, il lance un appel à la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial. La zone du Franc Cfa est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France.

Les Etats membres de cette zone sont les pays d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union Soviétique, par le biais de Varsovie, à l’époque de la guerre froide.

D’une manière générale, il ne faut pas oublier que la zone Franc a apporté à la France d’immenses avantages, en termes de marchés pour ses biens et services.

Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone Franc sont placées sur un compte commun du Trésor Français, mais aucun pays Africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent, durement gagné, lui appartient. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations.

L’unité monétaire profite, donc, aux pays les plus riches et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L’existence d’un système monétaire stable et unifié n’a pas conduit à l’émergence d’un système bancaire et financier efficace dans les pays Africains de la zone Franc.

Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait faillite en 1990. Les réseaux bancaires qui se sont constitués, par la suite, dépendent des banques Françaises.

La France encourage les pays de la zone Franc à vivre, largement, au-dessus de leurs moyens.

Cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays d’Afrique francophone, même si les partisans de cette politique utilisent les arguments suivants pour défendre leur position : garantie monétaire générant un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque d’inflation et permettant de maintenir l’équilibre de la balance extérieure et la crédibilité de la monnaie.

Les partisans du Franc Cfa font semblant de ne pas voir la répression politique et financière qui ont exercé les présidents Français successifs sur les pays Africains, lesquels ont tenté de se retirer de la zone Franc. Par ailleurs, les élites et la classe politique Africaines n’ont fait qu’empirer la situation, en prétendant qu’elles ne possédaient pas les compétences nécessaires, pour gérer leur propre monnaie, de manière responsable et efficace, à l’inverse des pays Occidentaux ou Asiatiques.
Elles se satisfont de voir les Etats Africains être réduits à l’état de contribuable au profit de la France, avec 65% de réserves de change qu’ils disposent, chaque année, auprès du Trésor français. Et pourtant, les citoyens de ces pays n’ont pas la nationalité Française, et n’ont pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables Français.

Le monde est vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer, de façon libre et responsable, par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens à la situation des mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des milliers d’opportunités dont on ne tire pas profit, parce qu’on est protégé dans un système inefficace.
Selon Mamadou KOULIBALY, le Franc Cfa est coercitif, injuste et moralement indéfendable. Il favorise la corruption de l’Etat. Au moment des élections Françaises, les pays de la zone Franc sont, sans cesse, sollicités pour donner des dons aux hommes politiques Français.

Ce sont ces relations qui, perpétuent le monopole Français dans les pays de la zone Franc, malgré la mondialisation.

Sous prétexte d’aider les pays pauvres, avec l’argent du contribuable Français, c’est la classe politique Française et Africaine qui s’enrichit de manière illicite.

Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la zone Franc. La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un taux de change fixe et une zone d’‘influence économique créée artificiellement.

L’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire international et les crises financières de ces dernières années portent à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système d’engagement pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la restriction de la liberté des pays de la zone Franc dans le domaine de la politique monétaire ne protège pas le risque de dévaluation du Franc Cfa.

Ainsi, dans les années 90, faisant fi de la clause de découvert illimité, la France a ordonné la dévaluation du Franc Cfa. Avant la dévaluation, 1Franc Français s’échangeait contre 50 Francs Cfa. En 1994, après la dévaluation, 1FF s’échangera contre 100 Francs Cfa.

Les autorités Françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux de dévaluation était de 50%, alors qu’on vient de subir une dévaluation de 100%. Il est vital, aujourd’hui, que le Franc Cfa acquière une autonomie et qu’il se libère du joug colonial.

La liberté n’a de sens que si elle est assortie de responsabilité. Une fois la rupture accomplie, les pays de l’ex-zone Franc devront créer leur propre système basé sur des principes simples.

Rappelons que les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la zone Franc ont été énoncés, dès les années 1960, dans le cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la B.E.A.C (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) et la France, d’une part, et par l’accord de coopération du 4 décembre1973 entre les pays membres de l’U.M.O.A (Union Monétaire Ouest-Africaine) et la République Française, d’autre part.

Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des Banques Centrales Communes, (B.E.A.C et B.C.E.A.O), ces banques n’ont d’Africain que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir.

{{Philippe BANZ}}

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