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Il y a 36 ans, Chaben déboulonnait Schoelcher et renommait 11 rues de Rivière-Pilote

Il y a 36 ans, Chaben déboulonnait Schoelcher et renommait 11 rues de Rivière-Pilote

   C'était au siècle dernier. Il y a donc très-très longtemps. Dans ces années 70 au cours desquelles une fièvre nationaliste secouait la Martinique.

   Maire de Rivière-Pilote, Alfred MARIE-JEANNE, dit "CHABEN", président du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais), faisait déboulonner la statue de Victor SCHOELCHER qui trônait dans sa commune et rebaptisait pas moins de 11 rues avec principalement les noms des acteurs majeurs de la fameuse "Insurrection du Sud" de 1870 qui avait failli mettre fin au Pouvoir Béké.

   La Droite assimilationniste avait évidemment hurlé au "tonton-macoutisme" et au séparatisme. La Gauche autonomiste (ou se prétendant elle), schoelchériste dans l'âme, avait fait grise mine, mais n'avait pas réagi, Rivière-Pilote n'étant à ses yeux qu'une commune rurale un peu oubliée du sud de la Martinique et son maire, un parfait inconnu à l'époque. Il est vrai qu'il était inimaginable qu'un indépendantiste puisse un jour devenir président du conseil général ou du conseil régional. Pour le PPM, ce geste "d'un Chaben excité" (in "LE PROGRESSISTE") ne portait donc pas à conséquence...

   Presque 4 décennies se sont écoulées et voici que de jeunes activistes démolissent la statue de " l'Abolitionniste" alsacien à Fort-de-France et à Schoelcher. Entre temps, au mitan des années 80, une statue du général DE GAULLE, érigée à grands frais dans la commune du Morne-Rouge, était incendiée et les soupçons se portèrent immédiatement sur l'ARC (Alliance Révolutionnaire Caraïbe) qui faisait exploser des bombes en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et même à Paris.

   Les trois acteurs (CHABEN ; possiblement l'ARC ; les activistes d'aujourd'hui) ne sont pas les mêmes, mais leur motivation est identique : mettre fin au culte des héros blancs, des Grands Sauveurs de la Martinique, tels que les présentaient la Droite assimilationniste et la Gauche "autonomiste". Redonner surtout sa juste place à nos vrais héros occultés par l'histoire officielle. Retrouver la fierté de nous mêmes.

   Fort bien ! Mais alors une question se pose : en quoi ces déboulonnages, incendies ou "déchoukaj" ont-ils permis de faire avancer notre Martinique sur le chemin de la souveraineté nationale ? Car, en toute logique, seule notre souveraineté nationale importe. Le reste n'est que bavardage soit marxiste, soit fanoniste, soit noiriste etc. La réponse à cette question ne fait pas de doute : EN RIEN. Nous n'avons cessé de faire du sur place et même de reculer tel des "krab-sémafot" puisqu'en 2010, 78% des Martiniquais refusaient sèchement une poussière d'autonomie. 

   A qui la faute ?

   A toutes celles et à tous ceux qui persistent, entre autres, à confondre "StatuE" et "StatuT" !...

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