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JUDES DURANTY, AUTEUR DE LIVRES DE JEUNESSE

Du 22 au 24 avril 2010 se tiendra un gros évènement pour la littérature de jeunesse mais aussi un grand moment pour le Nord Caraïbe: LE VILLAGE ANTILLAIS DE LITTÉRATURE DE JEUNESSE DU PRÊCHEUR

Jid qui connaît bien Jude Duranty lui a posé quelques questions; histoire de  nous parler de sa dernière production aux éditions L’Harmattan: Louna et le sorcier/Louna ek tjenbwazè-aqui sera présente lors du prochain Village Antillais du livre de Jeunesse du Prêcheur du 22 au 24 avril 2010.

Jid: Es ou pé di mwen konmen liv ou ja mété déwò?

Jude Duranty: Aujourd’hui ma bibliographie est encore modeste puisqu’elle ne comporte que 8 ouvrages. Elle est cependant équilibrée puisqu’elle comporte quatre ouvrages de jeunesse et quatre ouvrages pour les adultes. Étant entendu qu’un des ouvrages sur les légendes autour de la mort peut-être aussi bien lu par les enfants que par les adultes.

Mé a ki lè ou ja mété tousa liv déwò?

Eh bien mon premier ouvrage est le roman Zouki d’ici danse  paru aux Editions Ibis Rouge en 2007. Mon deuxième est sorti la même année aux Editions Edilivre. Il s’agit de La fugue Sopaltéba.  C’est une fable sur la voix. Une voix qui en a marre de se faire maltraiter et qui décide de se rebeller en fuguant. Son «propriétaire» monsieur Vociférant va se retrouver aphone. C’est une réflexion sur cet organe extraordinaire qu’est la voix. C’est le seul instrument qui est incorporé. Tous les autres instruments sont hors de l’homme, guitare, tambour, piano, etc. C’est une réflexion sur ce que nous avons. Quelquefois, c’est à la perte d’une chose ou de quelqu’un que nous prenons toute la mesure de son importance.

Sa ka fè mwen chonjé an ti-chanté éti dé Joslin ka chanté (Labille épi Beroard). «Kité mwen di’w man enmen’w, avan i tro ta…» 

Lorsque j’entends cette chanson qui m’a déjà ému aux larmes, cela me fait penser à cela. Nous perdons tellement d’occasion de dire aux gens qu’on les aime. Peut-être parce que l’on a pas appris à faire cela!

Afos sa konplitjé pou di an moun ou enmen’y?

En effet, ce n’est pas toujours facile. On préfère témoigner à l’autre par des attentions, de la tendresse, mais le dire reste quelquefois un Morne à l’instar de Galochat ou pour rester dans le Nord Caraïbe, Morne Table.

Mé sé madanm-lan enmen tann ti-pawol tala!

C’est peut-être pour cela que l’on estime précieux et l’on ne veut pas l’user, le gaspiller pour ne pas le banaliser, qui sait!

Adan tout lo pawol ou a, ou garé mwen. Annou viré asou zafè liv la!

Grâce aux Editions Desnel en 2008, j’ai eu l’opportunité d’écrire mon premier ouvrage pour la jeunesse avec mon ami Max Rippon de Marie-Galante. Ti-diko est un mini dico de la mer et de la plage. Il propose quelques mots créoles servis par une excellente illustration de Choko.
 
Ki sa ki ba’w anvi matjé liv  ba tianmay?

Après la publication du  Ti-diko  qui était une commande, j’ai éprouvé le besoin décrire pour la jeunesse. Comme mon fils aîné était dans une phase critique je lui ai écrit une histoire qui peut être finalement lue par tous les garçons et filles de 15 ans en pleine adolescence qui se cherchent. Ils font des bêtises. J’ai voulu leur dire que, quelque soit les bêtises commises, tout n’est pas perdu. J’avais envisagé le titre qui était Tout n’est pas perdu, qui a finalement évolué vers Brevet de brillance. L’ouvrage est paru aux Editions Edilivre en octobre 2008. Cette année donc fut une bonne année puisque trois ouvrages de jeunesse paraissaient. En effet, un troisième ouvrage verra le jour aux Editions Desnel Yé krik Yé krak bouladjel: contes et légendes autour de la mort et des rites funéraires aux Antilles antan lontan. Comme tu le constates un livre plein de vie.

Si man ka konprann bien 2008 sé té an bel lanné pou’w?

En tout cas pour la production de livre de littérature de jeunesse. En 2009 j’ai sorti un livre de jeunesse Les contes de Layou c’est une série de conte plus deux petits récits:

Katel: le cayali chanteur qui traite de l’écologie. Un jeune cayali voit la rivière devenir bleue et il a de moins en moins d’écrevisses pour sa chère et tendre. Il va tenter de percer ce mystère.

Bèbè le ti-mouton est une réflexion sur la maltraitance des animaux.

Initialement cette série de contes était une commande des Éditions Lafontaine qui ont connu quelques soucis. Heureusement l’entreprise n’a pas fermée car ce serait dur quand on connaît le nombre d’éditeur pour la jeunesse qui se compte sur les doigts d’une main. Quand j’ai transmis les contes à mon éditeur, il m’a réclamé d’autres textes et c’est ainsi que j’ai ajouté Katel et Bèbè.

2009 sé té an lanné nef pou’w, di mwen plis!

On peut la considérer comme telle car c’est l’année ou j’ai publié mon premier livre en créole, Sansann, à compte d’auteur, anlè pwa kò mwen. Je suis passé par la micro-édition pour 100 exemplaires qui se sont volatilisés, yo fè létè. J’ai donc commandé 100 autres, mais malheureusement mes finances ne permettent pas de commander plus. Il me reste une dizaine d’exemplaires. J’ai le manuscrit original de Zouki: bel zouti qui va sortir selon la formule consacrée incessamment sous peu, en fait dès que financièrement je pourrai. Publier en créole est un acte militant aujourd’hui, parce que nos compatriotes n’acceptent pas encore de s’alphabétiser en créole. C’est une langue avec sa syntaxe, sa grammaire on ne veut pas la lire sous prétexte que l’on sait la parler. Sinon pourquoi l’on apprend le français depuis la maternelle jusqu’à l’université?

Le Martiniquais est encore en bisbille avec sa langue, qui se meurt, qui se flétrit par manque d’amour. Dans Sansann l’auteur disait que le français est accueilli dans un fauteuil tandis que pour le créole, on se contente de lui proposer un vié ti-ban. Pourtant «Tout lang sé lang». Daniel Boukman nous le rappelle tous les matins.

Si man ka konprann bien ou ka matjé otan ba gran-moun ki ba tianmay?

L’on peut effectivement dire cela puisque aujourd’hui ma production comporte 3 livres pour les adultes et 5 livres pour la jeunesse. En effet, depuis mars 2010 je viens de publier en collaboration avec Nicole Noizet ma première traduction pour la jeunesse aux Editions L’Harmattan Louna et le sorcier/Louna ek tjenbwazè-a. C’est un conte sur la nécessité d’apprendre à lire. Louna qui ne voulait pas aller à l’école va comprendre combien il est important de savoir lire. En effet, c’est la lecture d’une formule magique qui va lui permettre de sauver sa vie.

Ou ka santi ou an bèw adan Vilaj Préchè a?

Ou pé di sa!

Je me sens comme un lapia dans une mare dans ce village de littérature de jeunesse. Je profite d’ailleurs pour féliciter la municipalité du Prêcheur son maire Marcellin Nadeau ainsi que Marcellin Bertrand, responsable culturel pour leur excellent travail qui promeut le livre de jeunesse.

C’est pour le moment le seul prix de littérature de jeunesse qui existe. Le prix Raphaël Tardon en est à sa deuxième édition. Gageons qu’il soit pérennisé et que les auteurs malgré leur difficulté à trouver des éditeurs continue leur production. La lauréate est cette année Anique Sylvestre avec son livre Lowitt  parut aux Éditions Jasor en 2009.

Nous invitons tous les parents, enfants, en un mot la famille des lecteurs de littérature de jeunesse à encourager cette ville à poursuivre dans cette direction afin que ce moment soit le plus grand rendez-vous des livres de jeunesse antillaises.

Il ne vous reste plus qu’à pétey monté Préchè jédi, vandrèdi épi sanmdi, asiré sa ké bel.

Jid

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