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L’affaire Pirbakas, pourquoi il nous faut réfléchir dans la complexité?

Khal Torabully
L’affaire Pirbakas, pourquoi il nous faut réfléchir dans la complexité?

Il est significatif que Michel Narayaninssamy, président du GOPIO Guadeloupe, m’invite à prendre parti suite à des attaques racistes sur une députée RN, Maxette Pirbakas, qui dit s’être abstenue lors du vote de son parti contre la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité par le Parlement Européen.

Je vais le faire, mais en inscrivant mon propos dans une mémoire longue et une perspective élargie, avec certains rappels, pour dire que les choses ne sont pas si blanches ou si noires et ou si marrons ou marronnes, et qu’elles peuvent aussi être grises…
J’inscrirai donc mon dire dans une perspective qui se situe hors du jeu politique et des enjeux démocratiques que cette affaire a suscité, qu’un article de Narayanissamy a fait ressortir dans son écrit d’hier (Guadeloupe: Affaire Maxette Pirbakas «La Goutte d’eau qui fait déborder le vase»).

Je lui fais écho en ce qu’il s’agit de devoir de raison et de distanciation, tout en explorant un certain travail à faire pour dépasser les haines tenaces qui confinent au racisme, car l’affaire Pirbakas et les dérapages qu’elle entraîne ne peut se faire l’économie d’un rappel et je le fais à partir de ma propre expérience personnelle en relation avec l’Histoire et la réalité complexe des Antilles.

Désamorcer les haines

Premièrement, en vue de désamorcer toute concurrence mémorielle ou victimaire, quand j’ai écrit la coolitude en 1989, je l’ai fait, moi un descendant d’Indiens à l’île Maurice, sous un angle inclusif.

J’avais dédié un de mes textes à L.S. Senghor, un des pères de la négritude, et ce, dans un texte fondateur de l’histoire des engagés ou coolies. Dans cette optique, j’ai mis sur l’établi une vision inclusive du monde, conjoignant toutes les mémoires nées des pages du servilisme, y compris les normands et les bretons, qui furent aussi des coolies.

Dans ce dessein, j’ai posé une centralité du voyage océanique, optant pour une mer indienne qui lie les imaginaires et les histoires, il y a plus de 30 ans. C’était l’acte de naissance de ces Indes plurielles, depuis Calcutta à Kokane, en passant par Port-Louis et Johannesbourg, allant jusqu’aux Antilles (les Indes occidentales) et au-delà, dans la fondation d’un processus de créolisation de l’océan Indien. Cette pensée innovante, océanique, fluide continue à inspirer plus d’un(e) de nos jours. Elle procède par fragments et elle a bousculé les barrières entre les espaces et les histoires. Les Indes créolisées par l’océan de l’engagisme, ouvrant à une fluidité des imaginaires et des identités, est bien un paradigme posé par la coolitude, sans censurer les altérités…

Dans cette poétique, la centralité du voyage océanique fait de nous des frères et sœurs des bateaux, liant nos fragments, nos traces de mémoire dans la volonté d’une histoire commune, avec nos spécificités. Tout en attirant l’attention sur la mer des Indes, j’ai pensé à un partage des humanités.

Le coolie a développé un humanisme de la diversité, la coolitude posant une réappropriation de l’Histoire coloniale, pour la penser dans ses blessures et stigmates, pour un travail de mémoire dialogique. Les Afriques, les Indes, l’océan Indien, l’Atlantique…

Aussi, partant de sa créolisation de l’espace indiaocéanique, j’ai développé une approche transocéanique. La mer désamorce les haines quand on fluidifie les mémoires, identités et histoires.

De l’océan Indien aux Caraïbes

En 1995, je suis venu aux Antilles, liant nos histoires indiaocéaniques et atlantiques. J’ai rencontré Césaire à Fort-de-France. Après avoir été reçu fraternellement par le grand Césaire, j’ai écrit Chair Corail, fragments coolies entre la Martinique et la Guadeloupe, lui dédiant cet ouvrage. Césaire m’a dit, en visionnaire qu’il est: «Maintenant je peux mourir en paix, j’attendais la coolitude»… Nous avions parlé de nos Afriques, de nos Indes, de nos traversées de signes et des océans.

La coolitude reliait les Indes occidentales et orientales, un paradigme qui manquait et qui a fait son chemin…

En Guadeloupe, après avoir visité la maison natale de Saint John Perse, j’ai écrit Arbres et Anabase, continuant mon travail de mise en relations au-delà des ressentis, géographies et mémoires réfractaires.

Ce travail de plus de 30 ans, l’UNESCO l’a reconnu en me nommant leur ambassadeur lors du centième anniversaire de l’abolition de l’engagisme en Guadeloupe, et ce, sur une invitation du GOPIO-Guadeloupe, présidé par Michel Narayaninssamy.

Nous avons continué ce mouvement d’ouverture dans nos échanges lors des cérémonies à Capesterre, où j’ai parlé de ma rencontre avec la créolité et la créolisation, sur le nécessaire dialogue entre descendants d’esclaves et de coolies, sur l’impérieux besoin de cesser de nous agresser verbalement ou culturellement ou mémoriellement.

Rappelant mon désir de partager nos mémoires, j’avais rappelé que nous sommes toutes et tous frères de bateaux négriers ou de coolie ships, ces derniers étant des bateaux d’esclaves reconvertis…

J’ai cité le fait que mon travail de mémoires dialoguait aussi avec la créolité. Mon ami Raphaël Confiant, qui connaît la coolitude dès ses débuts avait même préfacé Chair corail, fragments coolies, que j’avais dédié à Césaire, me déclarant «le plus grand poète de la créolité», immense honneur… C’est dire que ce travail de mise en relations ne date pas d’hier. Il y a une littérature qui est à la disposition de toutes et tous. Les textes ont leur histoire, les idées aussi… Nous ne sommes pas dans la stigmatisation de l’autre qui est en nous.

Dialogue entre engagisme et esclavage

Il y a 2 ans, avec le GOPIO, nous avons organisé le premier Festival International de la Coolitude en Guadeloupe. Notre invité d’honneur était Doudou Diene, ex-directeur des routes de l’esclave de l’UNESCO et un compagnon de la coolitude. C’était le premier événement d’envergure qui mettait en avant le dialogue entre esclavage et engagisme en terre antillaise. Nous avions aussi invité Emelda Davis, fervente militante des «sugar coolies», ces mélanaisiens kidnappés pour travailler dans les champs des cannes en Australie, conjoignant encore plus ce travail de mémoires.

Aussi, au vu des attaques racistes sur une députée européenne d’origine indienne, il faut être prudents. Tous et toutes, nous devons être prudents. Maxette Pirbakas n’est que sa propre voix, pas celle de la communauté indo-guadeloupéenne.

On ne doit pas utiliser son «abstention» pour stigmatiser toute une communauté, surtout que celle-ci, lors de sa rencontre avec la coolitude, tend la main vers l’autre et il est important de prendre cette main tendue et ne pas toujours la repousser en généralisant le comportement d’un individu sur tous et toutes.

La volonté d’ouverture est là, bien là même si je constate que la relation en chiens de faïences des deux communautés des afro et indodescendants perdure depuis ma première visite de l’île en 1995 avec Robert Jassawant, chanteur de Guadeloupe et Nicole Moorjani, de l’ACECI.

Les indo-guadeloupéens sont encore fragiles face à ces rejets ou invectives répétés, à tel point que le mot coolie est devenu insupportable pour certains, alors qu’il faut le désamorcer, les réarmer positivement à la face de celui qui l’utiliser pour faire mal. Il est donc important de dépasser les blessures et traumatismes liés à leur histoire. Ils sont à fleur de peau, tant les non-dits ou le trop dit persistent entre eux et les autres…

Leurs histoires sont marquées par des hiatus troublants et les renvoyer à leurs stigmates n’aide pas à faire avancer une société apaisée, face à de nombreux défis communs.

Hiatus, amnésie…En effet, la députée Maxette Pirbakas (à Maurice, on écrirait Peerbaccus), que j’ai rencontrée en Guadeloupe il y a 2 ans, par exemple, ne se rappelle pas si elle est d’origine musulmane, car le patronyme est généralement celui d’un indo-musulman. D’autres indo-guadéloupééns sont dans le même cas, leur histoire profonde a été violentée par la plantation.

Maxette Pirbakas est la résultante d’une histoire de l’engagisme ET de l’esclavage (son grand-père était noir) aux Antilles où l’Atlantique, très loin de l’océan Indien, a exercé une acculturation violente et plus forte que pour les coolies de l’océan Indien, au vu de la relative proximité des Indes orientales.

Elle ignore, comme beaucoup d’indo-descendants, un pan de sa propre histoire, et cela peut être mis en perspective dans son vote contre ou son abstention, sans entrer dans les détails. Je ne dis pas que je défends ses idées et choix, on peut les condamner dans le champ des idées et de l’intellect, pas dans le domaine stérile du racisme et des stéréotypes ethniques. Une erreur politique n’entraîne pas toute une communauté dans la boue. Et le retour en force des insultes ethniques sur les réseaux sociaux, attisant la haine «raciale», qui pourrait nous faire rire (puisque Pirbakas est à la fois afro et indodescendante) si la situation n’était dramatique.

L’ironie de la situation

Pour conforter mon point de vue, et pour mettre en évidence l’ironie historique de la situation, je rappelle que l’initiative visant à qualifier l’esclavage de «crime contre l’humanité» par le Parlement Européen provient d’un autre «z’indien» ou zarabe ou malabar de la Réunion, le député Younous Omarjee (eurodéputé de la France Insoumise).

Cet indodescendant a dépassé ce mur érigé entre «indiens» et «créoles», «kafres» ou noirs en présentant un texte au Parlement Européen: «Le texte de onze pages (…) débute par une affirmation: "la vie des noirs compte". Une reprise du slogan "Black lives matter", scandé à travers le monde dans toutes les manifestations anti-racistes». (Le Parlement européen reconnaît l'esclavage comme "crime contre l'humanité").

Une indienne qui vote contre/s’abstient (proposition adoptée par 493 voix pour, 104 contre et 67 abstentions), un Indo-Réunionnais qui fait passer le vote historique du 19 juin pour qualifier l’esclavage comme crime contre l’humanité, commençant par ««La vie des Noirs compte»… Donc, les injures «coolies» contre Pirbakas semblent avoir ignoré cette complexité, car le racisme ignore la complexité et se trompe de colère.

Nous sommes en pleine coolitude pour Omarjee et en coolitude «paradoxale» pour Pirbakas, l’une s’abstenant, l’autre, dans une perspective dialogique de l’Histoire, prônant des valeurs d’humanité et de fraternité.

Je pense que la différence entre les deux politiciens issus des Indes peut s’expliquer par une chose, même si la réalité est plus complexe: en dépit du communalisme qui domine encore le débat politique à l’île Maurice, les indo-descendants de Réunion et Maurice ont commencé à faire leur travail de dépassement face aux mémoires et histoires avant leurs frères et sœurs des Antilles, ayant une autre histoire dans l’arc caribéen. Ce n’est pas un travail facile car la violence de la plantocratie a été encore plus grande vis-à-vis d’eux aux Caraïbes.

J’ai constaté cette histoire à fleur de peau, en Martinique et en Guadeloupe, des personnes d’origine indienne, qui se sentent marginalisées culturellement et politiquement dans un univers qui les rejette à la marge, surtout culturellement et politiquement.
C’est un fait que j’ai constaté.

Est-ce que cette marginalisation ressentie expliquerait que Maxette Pirbakas ait été tentée par la politique en faisant alliance avec un parti aux relents racistes que l’on connaît?

En disant cela, j’élargirai aussi le spectre de ma réflexion, en citant un excellent article de Raphaël Confiant, qui dit ceci: «Pointer du doigt, comme l'ont fait une meute d'internautes, l'origine indienne de Maxette Pirbakas et du même coup sa "communauté" est pure lâcheté car personne n'a pointé du doigt l'origine nègre d'Ibo Simon lorsqu'il organisa la chasse aux immigrés dominiquais dans certains quartiers de Pointe-à-Pitre à la fin des années 80. Ni lorsqu'il réussit à se faire élire, avec trois de ses comparses, au Conseil régional. Même s'il était emmanché avec le Béké Viviès, chacun sait bien que ce ne sont ni les Békés, trop peu nombreux, ni les "Métros" dont peu sont inscrits sur les listes électorales, qui l'ont fait élire» (AFFAIREE MAXETTE PIRBAKAS: NE PAS SE TROMPER DE COMBAT).

Je remercie Raphaël Confiant de replacer les événements ethnicisés dans une réalité plus complexe. Il ajoute fort à propos ceci : «Ibo Simon n'était donc pas facho et xénophobe parce que Nègre, pas plus que Maxette Pirbakas n'est facho parce qu'Indienne». Cela relève d’un minimum de bon sens.

Confiant ajoute, concernant l’élection de l’eurodéputée Pirbakas: «…d'aucuns occultent trop souvent le score incroyable de 9.000 voix qu'avait fait la liste RN, menée par J. Bardella, en Guadeloupe, chose qui permit à M. Pirkabas, en grande partie, d'obtenir sinon de justifier son siège de député européen. Il est douteux que tous ces bulletins aient été déposés dans l'urne par les seuls Indiens».

Cette remarque laisserait supposer que des afro-guadeloupéens auraient aussi voté pour le RN et, aussi, que Pirbakas n’a pas eu tous les votes de la communauté indo-guadeloupéenne, qui ne vote pas massivement le RN et que l’on fustige à tout-va en ce moment…

Le danger de tout cela est que chacun voit la paille dans les yeux de l’autre et non la poutre dans les siens propres.
Dans ce contexte, chacun doit être vigilant, car les pyromanes sont partout. Il y a, par exemple, le chant de sirène des édiles du parti ultranationaliste hindou, le BJP de Modi dont le racisme et le populisme ne sont plus à prouver. Ceux-ci font passer un message toxique sur les altérités, sur le colorisme et les diktats de castes supérieures, qui menacent les diversités aux Indes occidentales et orientales. Ils sont très actifs dans les diasporas indiennes. C’est un réel danger, tout comme le RN, qui abonde dans la même idéologie de suprématisme culturel ou biologique. Je sais que nombre d’indo-guadeloupéens sont opposés à leurs manœuvres ethnicisées, qui menacent les équilibres des sociétés insulaires où l’engagisme et l’esclavage ont acté un équilibre fragile, issu d’une violence historique dont les séquelles sont encore visibles.

Une chose est sûre, il n’y a pas d’autre issue que de désamorcer les haines et incompréhensions tenaces, celles qui sont exprimées ou sournoises, entre les diverses composantes des sociétés antillaises. Ce mur, il faut l’abattre ensemble. Contre les racistes, d’où qu’ils viennent…

Un espoir aux Antilles, un festival à refaire

Un exemple de cet espoir favorisant le dialogue entre afro et indo-descendants est le Festival International de la Coolitude organisé par le GOPIO présidé par Michel Narayaninssamy, il y a deux ans (Du 16 au 20 mai 2018: Le Festival de la coolitude en Guadeloupe).

Nous avions déployé, en terre antillaise, le tout premier dialogue - et cela est un acte historique – entre l’esclavage et l’engagisme, comme l’avait exprimé Doudou Diene, que j’avais choisi comme invité d’honneur du festival. Voici ce que l’ex-responsable des routes de l’esclavage déclare à l’issue de ce festival: «Ici, pendant 3 jours, nous avons mis en commun deux pages d’Histoire, celle de l’engagisme et de l’esclavage. Elles étaient séparées par l’Histoire mais elles ont vécu les mêmes actes, non seulement ici mais aussi dans l’Océan Indien. Elles ont hérité toutes deux du racisme, et cela a divisé les gens nés de ce fait. Nous les avons articulées ici pour partager leurs mémoires singulières et communes. Et pour construire un vivre ensemble. Ce que nous faisons, à l’ONU, à l’UNESCO, c’est d’engager une transformation de ces sociétés où les gens vivent. Car ils viennent d’une tragédie où leur humanité a été niée. Ils ont résisté, résistant non seulement physiquement, mais aussi mentalement, spirituellement et culturellement.  Ces éléments vont contribuer à transformer les sociétés actuelles où on vit. C’est maintenant mon ambition la plus affirmée…»

Un constat navrant cependant… Lors de de festival, on a vu très peu de personnes d’origine africaine assister à nos débats et partages. Une chose est sûre: la communauté indo-guadeloupéenne qui organisait l’événement était bien ouverte et une main tendue aux autres composantes de l’île.

Cette absence viendrait peut-être du fait que notre message inclusif était trop en avance par rapport à des courants régressifs, incapables de dépassement, qui minent les composantes des sociétés antillaises…

Mais, nous avons eu des oreilles attentives aussi.

Une chose est sûre, cette main demeure tendue depuis l’histoire de l’engagisme, que la coolitude a développée en humanisme de la diversité, garde un désir de paix, et elle travaille dans ce sens. Un acte historique a été posé en Guadeloupe par les indo-descendants…

Certes, il y a du chemin à faire dans les consciences. Les réfractions sont multiples partout.

Au moment où je termine mon propos, je lis ceci, qui vient d’être mis sur l’internet par le Sénat, Younous Omarjee déclarant: «Le racisme est mon quotidien et celui de millions de personnes».

Comme on le voit, on peut être haï pour diverses raisons, en divers lieux…

On peut être le coolie ou le nègre d’un autre à tout moment. Le combat contre le racisme, plus que jamais, doit nous unir.

Nous ne nous décourageons pas, car depuis 30 ans, malgré les régressions et incompréhensions, des choses avancent, même si la tâche paraît incommensurable.

Une autre note d’espoir étant que, avec Doudou Diene, ex-rapporteur de l’ONU contre le racisme et les discriminations, j’ai initié l’inscription de la Route Internationale des Engagés sur l’agenda de l’UNESCO dans un esprit fraternel, inclusif, refusant qu’engagisme et esclavage fussent séparés.

En effet, la coolitude avait proposé, dans les préambules de cette route, qu’elle soit articulée avec l’esclavage afin de faire tomber les incompréhensions, les concurrences mémorielles, et favoriser une émergence des diversités nées des histoires violentes de l’engagisme et de l’esclavage en s’ouvrant aux nécessaires articulations transculturelles au-delà de ces deux pages encore à panser/penser…

Il faut cesser de collectiviser les fautes, les ethniciser, car cela nous divise encore plus.

Face à l’émergence des invectives raciales, l’indien doit aussi dépasser ses blessures, ne pas tomber dans le piège récurrent des semeurs de discorde, intégrer des éléments psychosomatiques et les désarmer. Il lui faut faire ce travail de mémoire. L’afro-antillais doit aussi bâtir un bien vivre ou faire ensemble avec lui, car la montée de la peste brune en temps de pandémie les remet dans le même bateau.

Le cas Pirbakas, au-delà de ses prises de position que l’on doit combattre sur le plan des idées, des valeurs, doit nous faire réfléchir.

Il faut aller au-delà de l’acte d’un individu et ne pas se laisser aller à la facilité de la démonisation et de la marginalisation de toute une communauté. La traiter de tous les noms issus du phénotype, cela s’appelle du racisme. Et c’est condamnable à tous les points de vue…

© KT, 9/7/20

 

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