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L’AVEU DE M. CRUSOL

Raphaël CONSTANT
L’AVEU DE M. CRUSOL

Monsieur Jean CRUSOL se présente comme un universitaire de haut vol. Bref, un homme intelligent qui sait ce qu’il dit.

Sur la situation de la SODEM, dans un premier temps il avait refusé de répondre aux journalistes de Martinique Première qui enquêtaient sur l’absence d’indemnisation des expropriés (rappelons que sous l’administration régionale du PPM de 2010 à 2015 le budget pour les expropriations a plus que doublé !) de Sainte Thérèse dans la cadre de la construction du TCSP (là encore soit dit en passant, un budget qui était chiffré à 246 millions en 2006 est passé à 361 millions en 2015 puis à 430 en mars 2017, soit une augmentation de 75% en 11 ans !).

Puis, il s’est repris en faisant une conférence de presse le samedi 18 mai pour déclarer que tout allait bien en 2015 quand il a quitté la présidence de la SODEM car on devait la transformer en SPL. On voit mal en quoi cela aurait permis de retrouver l’argent des expropriés. Mais bon, chacun se défend comme il peut ! Tous les torts viennent non d’un détournement de fond mais d’une mise en liquidation faite en 2017.

Dans le France Antilles de lundi 21, Crusol va plus loin. Il explique que les travaux faits par la SODEM étaient plus élevés que les sommes qu’elle aurait reçues. C’est ainsi que : « Ce n’est que parce qu’elle avait d’autres contrats qu’elle a pu puiser dans sa trésorerie globale, indépendamment de l’origine des sommes qui s’y trouvaient, pour continuer à fonctionner ».

L’aveu est de taille.

L’alinéa 1 de l’article 314-1 du Code Pénal dispose : « L’abus de confiance est le fait par une personne de détourner, au préjudice, d’autrui, des fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont été remis et qu’elle a acceptés, à charge de les rendre, de mes représenter ou d’en faire un usage déterminé. »

C’est exactement cela que M. Crusol vient d’admettre : sous sa présidence, en toute  connaissance de cause, la SODEM a utilisé des fonds reçus pour une opération donnée pour en réaliser d’autres.

M. CRUSOL qui sait ce qu’il dit a donc avoué l’existence d’un abus de confiance.

Cela devrait faciliter le travail des enquêteurs. On peut donc espérer que le Parquet va enfin faire son travail !

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