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LE MASSACRE

On ne compte plus les corps dans les abysses de l’Archipel des Comores. Pourquoi les compter ? Malgré les incessantes actions pour faire valoir le droit comorien à se déplacer dans l’Archipel des Comores, dont Mayotte fait partie, les clandestins continuent d’entreprendre le dangereux voyage à bord du kwassa kwassa pour gagner l’Eldorado mahorais.

LE kwassa kwassa est-il devenu symbole de résistance, face aux patrouilleurs français ? Parce que pour l’heure, c’est lui que l’on accuse, jugé vétuste et dangereux. On ne manque pas aussi de filer les passeurs, de les condamner. Les clandestins sont victimes d’une chasse exemplaire, pour assumer la politique française du chiffre. Et qu’enfin, Mayotte devienne Département français ! Que l’on punisse le passeur, on dira que c’est bien. Quoiqu’il demeure des circonstances atténuantes. La situation comorienne est déplorable, par ses tensions politiques, le manque de dispositions sanitaires, d’eau potable surtout. Quelque part, on peut comprendre nos amis comoriens. La France est terre de liberté, qui impose dans les premières lignes de sa Constitution l’égalité des droits des citoyens. Lors de la séparation de l’Archipel des Comores, seule Mayotte profite réellement de l’aide française, et accroît son développement, malgré de nombreuses lacunes que la départementalisation devra prendre en compte et savoir régler. Les Comoriens veulent aussi profiter du développement. Que leur reproche-t-on ? Ah, oui, maintenant des îles soeurs ne peuvent plus s’entendre, parce qu’un État au passé colonialiste l’impose ?

{{La solution, c’est le développement}}

Développons les Comores. Est-ce la seule réponse au problème de l’immigration clandestine ? Peut-être que cela réduira de manière significative le nombre de candidats à la clandestinité. Apportons leur les conditions de vie de qualité. Vivre dans l’incertitude du lendemain, sans avenir, avec de surcroît un régime politique instable, en constante discorde. Ce qui est vrai pour l’île d’Anjouan. Voilà qui explique la volonté d’aller vers l’eldorado mahorais. Peut-être que la communauté internationale pourrait s’inquiéter de cette situation. Mais l’on préfère arborer le nombre de décédés, noyés, disparus en mer, faire des reportages « coup de pub », des flashs infos captivants. Mais cela n’arrêtera pas le flux clandestin. « Le pire, c’est que les clandestins sont reconduits à la frontière, et on leur impose de reprendre le kwassa kwassa pour rejoindre leurs îles d’origine. Moi, ça m’écoeure tout ça, mais qu’est-ce que j’y peux ? Ce n’est pas ma toute petite voix qui va changer les choses. D’abord, il faudrait que les Mahorais et les Comoriens se lient face à ce problème qui n’en est pas un. Pour moi qui suis mahorais, je ne le vois pas comme un problème. C’est une chose normale pour un comorien de venir à Mayotte, comme il est normal pour moi de partir sur la grande Comore, ou Anjouan. Avant c’était comme ça, sans litige. Pour moi, ce serait l’Archipel tout entier qui devrait devenir français. Mais, c’est chose impossible », déclare Ahmed M. qui vit à La Réunion depuis une quinzaine d’années. Et de poursuivre « ce qui me paraît le plus vraisemblable, c’est que l’on agisse pour le développement des Comores, et que l’on arrête de jouer le jeu de la ségrégation entre les îles indépendantes et la seule devenue française. Mais ce que je veux dire, c’est que la solution c’est le développement des Comores ». Le 9 février prochain, une marche sera organisée pour que cette situation détestable cesse. Kwassa Océan Indien devrait davantage communiquer sur cette action dans les semaines à venir. Pour l’heure, il serait bien de compter sur le maximum de réunionnais, pour donner un message fort. Oui, il faut que cela cesse, que l’on n’entende plus parler de catastrophes, de noyades, de portés disparus. Mais le dit-on ?

{{Babou B’JALAH}}

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{{Lettre ouverte aux Français}}

Chers concitoyens,

Voilà à peine douze ans, la France et le reste du monde sont indifférents aux conséquences de l’immigration clandestine entre les îles de Mayotte et d’Anjouan. Un drame humain sans précédent, accentué par la traversée clandestine de 70km de côtes séparant l’île de Mayotte, collectivité départementale française et l’Union des Comores. Plus de 4500 morts !

L’archipel des Comores, situé entre le sud-est du continent africain et Madagascar, est constitué de quatre îles : la Grande Comore, Anjouan, Moheli et Mayotte. Anciennes colonies françaises, ces îles partagent une langue, une culture et une population homogène. Leur destin politique fut commun jusqu’au lendemain de l’année 1974. Le résultat d’un référendum d’autodétermination, contesté par l’ONU, scinde l’archipel en deux entités politiquement différentes : d’une part la République fédérale islamique des Comores aujourd’hui Union des Comores et d’autre part la collectivité française de Mayotte. Malgré d’incessantes résolutions onusiennes, l’île de Mayotte reste dans le giron français. Les inégalités de développement, la croissance démographique galopante, la fracture sociétale et l’instabilité politique des Comores engendrent un déplacement massif de Comoriens vers Mayotte.
Pour contenir cette migration, la liberté de circulation entre Mayotte et le reste des Comores est entravé en 1995. Un visa est requis pour les ressortissants comoriens pour toute entrée ou séjour à Mayotte. Cette barrière politico-administrative engendre une frustration conduisant à l’immigration clandestine à bord d’embarcations de fortune - kwassa kwassa - à la source de nombreux chavirages. En l’absence d’observatoire, l’on estime à plus d’un millier de morts par an, dont 21 morts et 46 disparus pour le seul été 2007. Un phénomène devenu la première cause de mortalité au sein de l’archipel des Comores. Ô combien de vies brisées. Ô combien d’enfants n’ayant pas vu leurs parents revenir à la maison.

En dépit de ce cimetière marin, les migrants à Mayotte, estimés à 55.000 sur une population totale de 160.265 selon l’INSEE, sont victimes de patrons voyous qui les emploient sans la moindre protection sociale. Face à une population mahoraise désabusée, désemparée et dépassée, les migrants deviennent des boucs émissaires au point qu’un maire ait ordonné l’incendie de leurs habitations. Nous ne sommes pas loin de l’affaire des paillotes corses. De fortes tensions sociales restent palpables. Néanmoins brisons les tabous et exigeons l’arrêt de ce fléau par des solutions pérennes et humaines.

N’est-il pas temps de dire tout simplement stop à cette traversée de la mort ? N’est-il pas temps que la politique de coopération bilatérale franco-comorienne investisse dans l’amélioration des infrastructures hospitalières déjà existantes aux Comores ? N’est-il pas temps de privilégier l’éducation par l’amélioration de la formation du corps enseignant, par la relance d’une augmentation des infrastructures d’accueil ? N’est-il pas temps d’apporter des solutions face aux jeunes comoriens ayant quitté le système scolaire sans aucune qualification ? N’est-il pas temps de revoir la rigueur douanière que subissent les denrées comoriennes à l’entrée de Mayotte afin de favoriser l’artisanat au sein de l’archipel ? N’est-il pas temps d’établir des partenariats d’échanges universitaires pour favoriser l’émergence de pôles de compétences et de recherches scientifiques ?

Chers concitoyens, cette traversée clandestine demeure un véritable drame humain, stoppons ce phénomène en exigeant de nos élus et représentants d’Etat d’inscrire les solutions humaines à l’ordre du jour à l’Assemblée Nationale.

{{Signons la pétition pour dire NON à la traversée de la mort.

[STOP KWASSA !->http:// www.stop-kwassa.org.] Collectif des jeunes franco-comoriens contre la traversée de la mort.}}

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