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Le bonnet d’âne de la semaine du 14 au 21 avril 2008

LES FLICS « ACCOMPAGNATEURS » AUGMENTENT LEURS STOCKS DE « MILES »

Citons l’AFP : {Les policiers escortant les immigrés en situation irrégulière lors de leur expulsion par avion bénéficient des "miles" accordés par les compagnies aériennes à leurs clients fidèles, a-t-on appris mercredi au ministère de l'Intérieur, confirmant une information du Canard enchaîné (*).
"A raison de 23.000 éloignements en 2007, selon le ministère de l'Intérieur, et sachant qu'en moyenne trois policiers accompagnent celui qui va être expulsé, voilà de quoi se constituer assez vite un joli stock de voyages gratuits sur le dos des clandestins", affirme le journal, qui cite des agents d'escale d'Air France à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.
"Sans compter que de nombreux flics bénéficient, du coup, du statut « Gold », réservé aux hommes d'affaires qui voyagent régulièrement aux frais de leur entreprise", ajoute l'hebdomadaire.}

Ainsi donc les policiers qui « accompagnent » les expulsés de France ont droit à des « miles ». Ils ont la possibilité de voyager vers le soleil, grâce aux expulsions. On sait ce que c’est que la politique de l’état français en matière d’immigration. Hier à « gauche » aujourd’hui à « droite » le pouvoir français a toujours choisi de caresser son électorat dans le sens du poil suivant en cela le chemin qu’à ouvert Le Pen. L’immigré comme coupable de tous les maux de la société française, les gouvernants n’ont pas encore trouvé mieux. L’immigré, surtout le noir, l'arabe et les gens du voyage (ces derniers citoyens européens) ont déjà payé de lourds tributs à cette politique.

« Au total, plus de 35 000 étrangers ont été placés en centre de rétention en 2007. Parmi eux, 242 enfants, dont 80 % avaient moins de 10 ans. Les mineurs sont pourtant protégés par la législation française contre les mesures d'éloignement. – La Cimade»

Certains expulsés ont « atterri » dans les geôles du pays qu’ils fuyaient. D’autres ont trouvé la mort par balles ou ont été torturés. Certains se souviennent de Elvanchelvan Rajendram âgé de 30 ans assassiné par des militaires de l’armée sri-lankaise mercredi 28 février 2007 à 6 heures du matin (http://www.educationsansfrontieres.org/article5013.html) ou de la défenestration de Chulan Zhang Liu, en septembre 2007, ou de la mort de Baba Traoré, qui s'est jeté dans la Marne le 4 avril… la liste est longue, trop longue !

On sait le sort réservé à nos frères de la Caraïbe par la police ici en Martinique, avec la complicité de certains employeurs. L’Assoka (Association Solidarité Karayib) ainsi que les organisations anticolonialistes nous informent régulièrement sur ces faits. Bâillonnés, attachés, portés comme des paquets, les avionneurs se sont accommodés de ces brutalités. L’argent n’a pas d’odeur. Les droits de l’homme oui, mais pour « l’homme blanc et riche ». Les flics « accompagnateurs », eux, augmentent leurs stocks de miles.

Certains d’entre nous avaient déjà dénoncé cette situation. Mais les courageux journalistes si rapides et efficaces pour parler des droits de l’homme au Tibet, ont toujours gardé un silence pesant là-dessus. Il a fallu cet article du Canard Enchaîné pour qu’ils « découvrent » cette ignominie. Des policiers français voyagent sur le dos de ceux à qui l’état français a enlevé tous les droits !!!
Alors décernons un « bonnet d’âne » collectif à l’état français, aux policiers qui utilisent ces miles et à une partie des journalistes qui n’ont jamais rien dit…

(*) Le Canard enchaîné, n° 4565 – 23 avril 2008

Pour plus d’information sur la situation des immigrés :

_ [ANAFE->http://www.anafe.org/index.php]
_ [MIGREUROP->http://www.migreurop.org/ ]
_ [RESF->http://www.educationsansfrontieres.org/]
_ [GISTI->GISTI]
_ [CIMADE->http://www.cimade.org/ ]

Un témoignage parmi tant d’autres (source journal libération : http://www.liberation.fr/rebonds/273136.FR.php)

Vol AT 771 de la Royal Air Maroc, Paris CDG-Casablanca, 15 août 2007, 19 h 30. Dans l’avion, des hurlements prennent le pas sur le brouhaha des gens qui s’installent. Parvenu à mon rang, je vois au fond de l’avion un Noir ceinturé par quatre malabars à qui je n’aurais pas confié mon portefeuille spontanément, l’un d’eux porte un brassard orange fluo POLICE.

Il y avait aussi un autre personnage qui ressemblait à un chef, rondouillard à la moustache grise, l’œil morne, chemise blanche et émetteur radio impeccable.
À ma curiosité, il répond par un lapidaire : «Voulez-vous descendre de l’avion avec
moi ?» et quitte les lieux, son homme est à bon port, les portes se ferment.

Angoisse ou douleur ? Les deux à croire la plainte humaine : «Lâchez-moi s’il vous plaît, je veux descendre, il m’a cassé le pied, j’ai mal», c’est assez motivant pour approcher l’homme au bandeau qui m’offre nerveusement une garde à vue de vingt-quatre heures si je ne regagne pas mon siège, son regard bleu acier valant accusé de réception et d’ajouter : «C’est la procédure.»

Peu après, beaucoup de passagers le voient comme moi et grondent quand il lui serre la gorge d’une main de fer, assis à califourchon sur le malheureux entravé et maintenu de part de d’autre part deux molosses, sans doute la procédure. Les gens se lèvent, le couloir se remplit, les hôtesses s’affolent, une dame blonde désapprouve mon indignation, des enfants pleurent. Le calme revient au bout d’une demi-heure après la menace au micro d’un débarquement des passagers, l’homme crie toujours, la tension reste palpable. L’avion décolle avec quarante-cinq minutes de retard, tout le monde écoute sombrement la complainte, bien des regards restent braqués sur la scène qui n’en finit pas, impassibles comme le mien ; une garde à vue de vingt-quatre heures, un autre billet, des gens qui attendent, des enfants qui pleurent, je ne peux pas. Lâcheté ordinaire, la vie suivra son cours malgré tout. Les cris de l’homme qui perdurent me plongent finalement dans le désarroi, je ne suis pas fier d’être français ce soir.

Commentaires

shaka_zulu1 | 28/04/2008 - 14:22 :
A quand les reconduites à la frontière de "CLODOS" d'origine européenne? Parce que je crois que ces gens qui viennent se dorer au soleil n'ont pas toujours leurs papiers sur eux.Dans mon pays la Guadeloupe, c'est plûtot la chasse aux haïtiens.Ces haïtiens qui eux, viennent travailler chez nous contrairement à ses "CLODOS" d'origine européenne.Certains esprits chagrins me diront que c'est du racisme à rebours.Mais moi j'appelle ça, le retour à l'envoyeur.Puisqu'en Europe et particulièrement en France, on expédie du NEGRES continuellement par charter alors pourquoi nous on ne se gênerait pas? Si un flic de chez nous veut profiter d'un voyage en Europe gratis, alors qu'il accompagne l'expulsé européen à domicile et tout ça au frais de l'Etat que j'adore appelé la République Démocratique de France!