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L’ILE DE LA NAVASE: UN TERRITOIRE AMERICAIN EN HAÏTI

Bobb Q Rousseau

Aucun Etat ne peut être imaginé sans un gouvernement, une population, un fixe territoire et une souveraineté. L’étroite relation entre ces quatre éléments de l’Etat c’est qu’un groupe d’individus [population] constitue une communauté politique [gouvernement] qui limite les frontières géographiques [territoire] et qui établit des lois qui protègent et garantissent leurs libertés individuelles et assurent la défense et la sécurité du territoire contre autres Etats [souveraineté]

Pour presque tous les Etats du monde, une population c’est l’élément le plus essentiel au sens qu’aucun Etat ne peut se concevoir sans le peuple. Un gouvernement est une machine indispensable à travers laquelle l'Etat maintient son existence, exerce ses fonctions et atteint ses objectifs politiques, sociaux et économiques. Un territoire est l’espace géographique sur lequel vit la population et la souveraineté distingue un Etat d’un autre Etat. En politique, le mot souveraineté signifie l'autorité juridique et suprême au-delà de laquelle aucun autre pouvoir n’existe. C’est en vertu de la souveraineté qu’un Etat peut régir la population, détient une autorité absolue sur la population et exerce la liberté de protéger le territoire contre des invasions domestiques et étrangères.
La population, le territoire, le gouvernement, et la souveraineté d’un Etat sont prévus et garantis par la Constitution de cet Etat. L’Etat d’Haïti a aussi une constitution qui définit la population haïtienne, marque les frontières du territoire national, établit un gouvernement formé de trois branches indépendantes tel que l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire et chargé de protéger les valeurs, les traditions, la souveraineté, l'indépendance et la vision nationale.

En ce qui relate au territoire national d’Haïti, la Constitution Haïtienne de 1987 en son article 8, à part ses rivières, ses montagnes et ses terres, énonce que la République d’Haïti est constituée de plusieurs îles ; l’île de la Gonâve, la Tortue, l'île à Vache, les Cayemittes, la Navase, les Grandes Cayes pour ne citer que celles-là.

Malgré que la constitution de 1987 et plusieurs constitutions antérieures mentionnent que l’ile de la Navase est placée dans les bordes du territoire haïtien, elle est présentement sous le control de Etats-Unis d’Amérique, prévenant les Haïtiens de l’habiter, de la cultiver et d’extraire les bénéfices agricoles que cette terre pourrait bien générer. Cette même constitution en son article 8.1 stipule aussi que « Le territoire de la République d'Haïti est inviolable et ne peut être aliéné ni en tout ou en partie par aucun Traité ou Convention. »

L’île de la Navase, ainsi nommée par Christophe Colomb en 1504, est couramment inhabitée. Elle est située à peu près 150 kilomètres au sud de la baie de Guantanamo, à Cuba et à 60 kilomètres à l’Ouest de la Péninsule de Tiburon. Elle est un refuge utilisé pour l'extraction du Guano qui n’est autre que l'excrément des chauves-souris et des oiseaux et qui est utilisé comme engrais qui fait pousser les plantes plus rapidement. Elle est aujourd’hui une renardière créée pour préserver et pour protéger la biodiversité, la santé, le patrimoine et social et la valeur économique des récifs coralliens et écosystèmes des Etats-Unis en vue de protéger et maintenir un paradis pour les animaux en voie de disparition. La Navase est depuis 1996, sous le control d’une compagnie affiliée au Ministère de l’Intérieur des Etats-Américains dénommée the United States Fish and Wildlife Service.

En raison de la Loi des Guanos de 1956 qui autorisait n’importe quel Etat à s’installer sur des territoires au-delà de leurs frontières s’il juge que ces dits territoires étaient inhabités par des humains ; en 1857, Peter Dunan, un Capitaine du Corps Navy américain a planté le drapeau américain sur l’Ile de la Navase et a décidé que ce territoire ferait parti du territoire américain en raison qu’aucun Haïtien n’y vivait. Depuis 1857 alors, l’île de la Navasse est un territoire disputé entre les Etats-Unis et l’Etat Haïtien. Toutefois, les gouvernements d'Haïti n'ont jamais officiellement entrepris une action de reprendre possession de l’île, mais ils n’ont jamais aussi relégué leur droit de propriété aux Américains qui font interdiction aux Haïtiens d’approcher trop près de ce territoire.

Selon le Fish and Wildlife Service des Etats-Unis, de 1865 jusqu’à 1901, les USA ont pu extraire plus d’un million de tonnes de guano de l’île et selon trois expéditions conduites et financées par le Center for Marine Conservation (CMC) et plusieurs investigations menées par le Smithsonian, l’American Museum of Natural History, le NOAA, l’USGS, et le USFWS, il y a plus de 240 types de poissons et quatre types de lézards endémiques dans les eaux et sur l’île de la Navase. Des sources non confirmées ont indiqué qu’en 1994, des soldats américains ont découvert de l'or et de l'uranium sur l'île. D'autres sources aussi ont en outre révélé que l'île offre une passerelle vers l'Atlantide ; un continent perdu qui aurait été créé par Poséidon, le dieu de la mer, l'eau, les tremblements de terres, etc.

Les Etats-Unis sont en train d’exercer un contrôle physique de l'île tandis qu’Haïti a un contrôle légal et traditionnel. Si la petite île contient vraiment de l'or et de l'uranium, il est alors un secret bien gardé par les Etats Américains. Sa constante inscription dans les constitutions haïtiennes depuis 1804 donne à Haïti pleins pouvoirs pour soutenir que les USA ont violé le territoire national et leur présence sur l’île est une menace à la souveraineté nationale et une violation de l’article 8.1 de la Constitution haïtienne de 1987 et des articles 3 et 4 de la Charte de l’Organisation des Nations Unies qui supportent qu’aucun Etat ne peut utiliser la force ou la menace pour violer l’intégrité et le territoire d’un autre Etat.

Les gouvernements haïtiens ont plusieurs fois exploré l’idée de traduire les Etats-Unis par devant la justice sous prétexte d'occupation illégale et immorale de l'île de Navase, mais ces prises d’actions ont été toujours dépassées ou divergées par des évènements politiques plus urgents, mais il faut toutefois toujours se souvenir que les héros de l’indépendance d’Haïti ont risqué leurs vies et leurs réputations en vue de doter Haïti d’un territoire dont l’île de la Navase en fait partie.

Rester inactifs à cette violation est comme aliéner aux USA une partie de la liberté, de la dignité et de la souveraineté d’Haïti. Lutter pour la repossession physique de cette île ne serait qu’une affaire de principe qui restituerait ce territoire à son propriétaire légitime.

Bobb Q Rousseau

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