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MAIRE DE SAINT-BARTH, BRUNO MAGRAS REAGIT

{En reaction à un reportage télévisé tendancieux, voici un utile rappel historique sur la situation de l’île de Saint-Barthélemy, territoire qui vient d’accéder au statut d’autonomie, en tant que Collectivité Territoriale.

Cette mise au point du Maire date de Déc. 2006.

JS. Sahaï}

En tant que maire de Saint-Barthélemy, par le texte qui suit, je tiens à réagir au reportage diffusé le 11 décembre 2006 sur France 2 dans l’émission « Complément d’enquête ».

Je serai heureux d’apporter aux internautes sérieux et objectifs les compléments d’informations qui leur permettront de se faire une idée exacte de la situation de notre île en disposant de toutes les données nécessaires. La cause de cette île mérite un débat « qui vole plus haut » (...)

« Avec respect et courtoisie, j’ai reçu à deux reprises, les 27 et 30 novembre dernier, Mesdames Florence GRIFFOND et Marine MAINCENT qui effectuaient à Saint-Barthélemy, un reportage pour le compte du Magazine de France 2 « Complément d’enquête ».

Sans détour, nous avons abordé de multiples sujets. Or après avoir vu l’émission, je suis scandalisé par l’absence totale d’objectivité, pour ne pas dire plus, dont a fait preuve, le commentateur.

En effet, présenter l’île de Saint-Barthélemy comme une simple réserve pour milliardaires est une insulte suprême et un mépris total portés à sa population.

En effet :

• Si il est exact que certaines célébrités internationales y séjournent quelques jours dans l’année,

• Si il est vrai que de nombreuses villas de luxe – qui aujourd’hui constituent l’outil industriel de l’île – appartiennent à de riches américains et autres étrangers, qui d’ailleurs n’ont pas eu à quémander l’argent des contribuables français par le biais de la défiscalisation pour les réaliser, de quel droit peut-on, sur une chaîne nationale, face à plusieurs millions de téléspectateurs, dénigrer avec autant de gratuité, une population qui a pendant des siècles, été méprisée et abandonnée par ceux qui aujourd’hui lui envient sa réussite économique et sociale ?

Qu’il me soit permis de faire ici, un petit rappel historique :

• C’est pour défendre des intérêts commerciaux français et sans avoir été consultés, que les habitants de cette île furent troqués comme du bétail par le Roi Louis XVI en 1784, contre des droits d’entrepôts dans le Port de Göteborg en Suède.

• Après 94 années d’administration suédoise, avec un peu plus de respect et de dignité pour nos parents, le Gouvernement suédois organisa un référendum à l’issu duquel, fut signé le 10 août 1877, le Traité de rétrocession de l’île à la France.

• Après avoir abandonnés les habitants à leur triste sort pendant 85 ans, ce n’est qu’en 1963 que, suite à l’arrivée de Monsieur David ROCKEFELLER à Saint-Barthélemy, l’Etat français décidait d’installer à Saint-Martin une Sous-préfecture avec une annexe à Saint-Barthélemy.

Faudrait-il qu’aujourd’hui, pour faire plaisir aux quelques alter mondialistes de la place, les habitants de Saint-Barthélemy s’excusent d’avoir, au cours des trente dernières années, su faire des choix judicieux en matière de développement ?

Faudrait–il, pour ne pas être taxés de racistes, que nous éprouvions un sentiment de culpabilité parce que l’esclavage n’a pas eu à Saint-Barthélemy les mêmes conséquences que dans les autres îles de la Caraïbe, et que la population est actuellement composée de plus de 90 % de gens d’origine européenne ? Ce n’est là qu’une conséquence des caractéristiques physiques de l’île et de circonstances économiques et historiques particulières.

J’ai une grande admiration pour les journalistes qui exercent leur métier avec objectivité et honnêteté. Cependant lorsque le reportage de Madame GRIFFOND, ne dit :
• Pas un mot sur le coût de la vie dans l’île,
• Pas un mot sur les difficultés que rencontrent les familles pour envoyer leurs enfants aux études après le collège,
• Pas un mot sur les 120 évacuations sanitaires annuelles qui rythment la vie de notre petit hôpital local,
• Pas un mot sur le traumatisme des femmes enceintes condamnées à quitter leur entourage familial pour aller à Saint-Martin ou en Guadeloupe, mettre au monde leur bébé,
• Pas un mot sur le poids de la fiscalité locale qui représente 75 % du budget de fonctionnement de la Collectivité, dans lequel l’Etat n’apporte que 7,6%,
• Pas un mot sur le fait que la Commune n’a aucune dette et que sa masse salariale ne représente que 32 % de son budget de fonctionnement,
• Enfin pas un mot sur la stabilité économique et sociale d’une île française qui fait aujourd’hui honneur à la France,

il y a de quoi s’interroger !

En quoi la population de Saint-Barthélemy devrait-elle regretter la présence de quelques célébrités dans son île, alors que le Sud de la France abrite tant de dignitaires étrangers ?

S’agissant des impôts nationaux, en quoi les habitants de Saint-Barthélemy devraient-ils se sentir plus redevables envers l’Etat, que les Polynésiens, les Saint-Pierrais ou les Miquelonais ?

Si de riches américains ou européens investissent à Saint-Barthélemy, y séjournent régulièrement et y envoient leurs amis, en quoi est-ce déshonorant pour la France ? Si ils mettent en location leurs villas quelques semaines par an à des prix exhorbitants, en quoi la population résidente de l’île est-elle concernée ?

Je ne doute pas un instant, que Mesdames GRIFFOND et MAINCENT, auraient préféré trouver une île ressemblant un peu à quelques banlieues françaises avec une population de Rmistes et d’assistés en tout genre. Hélas, elles ont trouvé des français qui travaillent et qui sont ceux qui coûtent le moins cher à l’Etat.

Je suis certainement un peu véhément, mais il m’est difficile d’admettre que quelques « éboueurs » du monde médiatique viennent faire les poubelles de Saint-Barthélemy et utilisent ensuite les détritus pour tenter de dénigrer une population qui mérite le respect.

J’espère avoir apporté ici une modeste contribution au complément d’enquête de France 2 sur Saint-Barthélemy et éclairé d’autres facettes de l’île que les auteurs du reportage ont refusé de voir.

{{Le Maire de Saint-Barthélemy,
Bruno MAGRAS}} »