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PIQÛRE DE RAPPEL : QUAND L’INCIVILITE NOUS MENACE

PIQÛRE DE RAPPEL : QUAND L’INCIVILITE NOUS MENACE

{{
{Jeune Guadeloupéenne résidant à Grand-Camp, Pascale Désirée pousse un sain coup de gueule au nom de son couple, face à la montée de l’incivilité croissante d’une catégorie de jeunes, et au laisser-faire apeuré des adultes…} }}

{{Plaidoyer pour une reprise en mains…}}

Vendredi 09 février 2007 à Grand-Camp nous avons fait les frais d’actes d’«as» du vol. Ils vivent tous les jours aux frontières plus ou moins éloignées, voire proches, de nos immeubles.

En fins stratèges, nous osons dire que notre jeunesse n’a aucun potentiel. FOUTAISE ! Ils connaissent nos habitudes, ils nous voient aller et venir.

Oui cela demande temps et patience mais le vent dans nos arbres sauvagement mutilés, la cime de nos {garennes}, au rythme du parler «{gwada}» (terme barbare qui a hélas supplanté {Karukéra}... pourtant {Madinina} n'est pas devenu {Marta}...), de la cigarette de tabac et d’autres substances forcément «naturelles» (des plantes, voyons, bien sûr !), les bonnes « blagues » quotidiennes, suffisent à élaborer des plans et oxygéner les cerveaux!

Eh oui me direz-vous, messieurs-dames les «emprunteurs», vous pestez que les patrons ne veulent pas de vous… et je vous entends! J’ai été dans le cas. Solution : ENTREPRENDRE !

Cependant vous pensez aussi qu’il vous faut, outre la {pension} RMI, pouvoir vous acheter de quoi consommer, vous mettre en valeur et montrer que vous existez aussi, ne serait-ce que par votre apparence extérieure !

Non, vous ne voulez pas ressembler aux {SDF en tic-tic, bobol, guenilles, rad sal} et autres accoutrages. Vous voulez être comme tout le monde, faire plutôt envie que pitié, bonne figure donc, et prouver par vos « projets » que vous aussi vous vous construisez !

Cet objectif de vie est fort légitime mais son mode de réalisation est tout juste… ILLÉGAL - sans vous prendre pour des ignares !

Bien sûr, personne - malgré la présence fréquente d’œils luisants aux jalousies que chacun de nous peut observer en entrant ou en sortant de nos « volières » n’a bronché, même pour s’éclaircir la gorge (hum, hum), ou par un ÉÉÉÉÉ, ou ÒÒÒ - ÒÒ si vous préférez, par un {Ka zot ka fè là ? Lagé sa...} En effet, me direz-vous, à chacun sa galère !

Dans notre « petit » malheur, puisqu’il il n’y a eu ni mort d’homme ni agression physique, qui nous recentre peut-être sur l’Essentiel… nous trouvons la force de témoigner de cet acte odieux et de dénoncer ce traumatisme évident : viol de notre intimité, modification de notre mode de vie au cœur même du cocon familial, pleurs, colère et sentiment d’insécurité des enfants qui ne veulent plus vivre ici…

Pour nous, victimes aujourd’hui, mais pour les autres aussi, il est important d’en parler dans nos espaces de vie quand cela nous arrive, pour, ensemble et mutuellement, se protéger, mais surtout {{s’alerter}}.

Pourquoi ne plus s’inquiéter sainement les uns des autres ? Ne vante-t’on pas à corps et à cris notre légendaire {solidarité} lors d’événements importants ? Faut-il toujours un cyclone pour s’organiser ?

Mais, nous, nous croyons tout de même, malgré la léthargie profonde d’une trop forte majorité d’entre nous, en la sortie possible de cette torpeur. Torpeur car, {nou pè, nou maré, nou ka bobi èvè ti moun an nou, èvè vié moun an nou ki ka pèd tèt a yo an lari la, nou ka manti pou nou nou menm é fè ke ti moun an nou, mènm lè yo an aj di réfléchi, ka pèd fil a yo pou vin volè, brakè, etc.!}


L’ENGAGEMENT social collectif prendra du temps mais en s’y mettant tous, chacun chez soi et de son côté… {nou pé rivé} !

C’est vrai que nous vivons dans une ère où il est beaucoup plus facile de ragoter sur le couple d’en face et consommer TV, {drive-in}, tissage, maquillage, véhicule {tiouné}, 4x4…! Il en faut pour tous, à dose homéopathique!

Mais là où le bât blesse, c’est que tout cela est devenu du PERMANENT. Nous nous vautrons à corps et âmes perdues dedans, {nou ka rété pri adan!} {{S’ENGAGER}} - s’occuper, papa comme maman, de son foyer, de l’éducation familiale, religieuse et/ou philosophique, scolaire, sociale de nos enfants, de la Construction de notre Pays, chacun à son niveau - est impensable et difficile. Pourquoi ?

Nous avons PEUR, nous vivons comme si nous étions libres mais c’est faux ! Nous nous créons des illusions, des besoins inutiles. Nous nous voilons la face et nous mentons ; résultat, nous subissons et payons ce que nous engendrons : la violence, le viol, le vol, … un INCIVISME DÉBORDANT et ASSOURDISSANT où NOUS SOMMES TOUS COUPABLES de par notre faculté à ne pas reconnaître nos torts, notre incapacité à demander pardon, à demander des excuses même, quand cela est flagrant…

Nous avons accepté d’être parqués dans ces volières doublement barricadées, et signé, outre les découragements multiples (impôts…) la cession de notre foncier, l’urgence étant prioritairement une consommation à court terme : faut-il consommer, combler notre envie quotidienne grandissante d’obtenir des biens tels ceux d’autrui, pour… exister ?

L’investissement de l’engagement social n’est malheureusement pas visible aux yeux des autres, notre attendue gratification. Par conséquent, nous pérennisons l’éducation aliénante reçue : SUIVISME ({pitit a poul djenm}), le NON ENTREPRENDRE, le C’EST PAS MOI, le {SÉ MAN FOU AW…} Tout passe par la force physique, cette violence verbale incontrôlée qui surgit par manque total d’arguments et de réflexions, jusqu’au lâcher du célèbre {kouni a}…

Pensons-nous encore vraiment être des décérébrés intellectuels dont seules les fonctions physiques ont été conservées ? Si vous pensez cela,{ ALOS PRAN DOUBOUT A ZOT, SOUPLÈ !

{FO NOU RÉAGI É PÈD KONDISIÒNMAN-LA SA!

FO NOU RÈVIN A DÉ BAZ SOLID POU TI MOUN ANNOU PA FÈ NEMPOT KI BITEN.}

Apré nou ka pléré} : mais j’ai tout fait pour lui !? FAUX.

Je cite le groupe SOFT :

{Nou sizé la ka anki gadé sa !}

{Nou tout ka chanté sa… es nou ka komprann-li? Fo nou pratiké’y !
FO NOU LAS TOUVÉ NOU ESKIZ !}

C’est un sincère coup de gueule que notre couple rumine depuis trop longtemps, et que ce vol nous permet de lâcher. S’il vous plaît, prenez-le vraiment comme une {{invitation}} (non une insulte) parmi celles déjà, toujours et encore lancées par d’autres, pour encore nous remettre en cause et réagir.

{Nou sé dé gran moun, mè fo nou rikonnèt kè nou MALAD.}

{Timoun an nou bizwen nou : annou kouté yo pou tandé yo, an nou tandé yo pou komprann’!}

{ {{Pascale DÉSIRÉE,}} }

pour deux jeunes Guadeloupéens actifs et entrepreneurs qui croient, malgré les difficultés, en leur Pays !

{ {{Nou pé pa lagé !}} }

{{Voir aussi l’article de J.S. Sahaï sur Grand-Camp}} [ICI->http://www.montraykreyol.org/spip.php?article391].

{{_ Photos de Grand-Camp}}
_ Timothy Williams,
_ © Timothy Williams, professeur à Baimbridge.
_ {{Source}} http://www.pbase.com/pbasetim
_ Merci Tim !

{Cliquer pour agrandir la photo.}

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