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QUANTITÉ OU QUALITÉ

par Jean PETIPHAR

«KAZO POU lè pep et pou lé vié zanmi»

«………Number one dè pies a voiti»

Mam   Magrit    

Les medias officiels, privés et religieux tentent de vulgariser le créole sur les ondes.

En attendant les débats sur «créole et  économie», «créole et religion», nous saluons avec éclat l’initiative prise par le SPEG d’organiser cette fabuleuse rencontre sur l’évolution de la pratique du créole en Guadeloupe. Les témoignages et la qualité des intervenants ont tenu en haleine un auditoire heureux d’échanger et de discourir sur sa langue.

Je me propose aussi de porter ma modeste contribution sur la dynamique du créole d’aujourd’hui par rapport à l’éducation «nation-ale».

L’enseignant est un artiste dit-on. Il doit adapter son langage à son public. Savoir expliquer une notion universitaire en maternelle. C’est l’art de la pédagogie. Il a réussi dans ses études, passé un concours difficile. Il est celui qui a réussi sa vie sociale. Cependant il est «en échec scolaire» par rapport à sa  pratique professionnelle. Il se surprend à penser en français avec un lexique et une sémantique très élaborés qu’il doit adapter à des êtres humains qui apprennent à découvrir ce vaste monde. L’exercice n’est pas très aisé. L’inadéquation de ce «formatage cognitif» est souvent cause de déprime chez de nombreux jeunes professeurs, recrutés au niveau du master voire doctorat.

En  milieu créolophone, l’échec répété de nos didactismes témoigne de notre impuissance flagrante à tenir compte du fait culturel et langagier de nos élèves. Nous sommes démunis en tentant de «créoliser» le français ou en «francisant» le créole. «biten a moun fou». Nous avons appris, malgré nous, à «déparler»….. le créole. Démunis aussi par rapport à la pauvreté du vocabulaire dans des domaines précis qui n’existent pas dans une culture proprement créolophone.

Nous pensions en créole puis traduisions en français. Aujourd’hui les intellectuels que nous sommes devenus,pensons en français avant de nous exprimer en créole. Le résultat est le même: le créolisme.

Quatre catégories d’enseignants semblent se partager l’espace d’expression à l’école:

  1. Ceux qui pensent franco-français et sont pour une totale assimilation en construisant leur bonhomme de neige dans la cour de récréation. Ils ne sont pas très nombreux, certains sont partis à la retraite.
     
  2. Des enseignants «Césairiens» qui tiennent à pousser leur «cri» dans l’apprentissage exclusif d’un français de Normale Sup afin d’alimenter la «soif universelle» dans «la boulimie du savoir» pour ne pas sombrer dans l’inanition. Césaire n’étant pas Chateaubriand.
     
  3. Des militants qui sont pour l’enseignement du créole à l’école d’une part et l’enseignement en créole d’autre part.
    Comment donc arriverons-nous à expliquer un texte de Césaire, Condé, ou Damas en créole?
     
  4. Enfin ceux qui, conscients de cette embrouillamini, parlent créole occasionnellement dans leur classe et qui privilégient des moments de bonheur intense en étudiant un chant, une poésie ou une pièce de théâtre en créole.

En filigrane, cette analyse nous conduit à mener une réflexion plus approfondie sur nous même et sur le fondement de notre existence culturelle future.

Le créole est-il une langue? Difficile de répondre négativement à une telle question.

Sommes-nous un peuple? Oui, c’est sûr.

Notre langue et nos pratiques culturelles seraient donc populaires. Elles ne peuvent être nationales puisque nous ne sommes pas une nation. Une nation étant une entité juridique, reconnue «inter-nation-alement» qui permet au sein du peuple les quatre principaux pouvoirs. L’exécutif, le législatif, le judiciaire et le pouvoir d’organiser les éléments qui composent sa culture. On pourra ainsi élaborer une musique nationale voire une langue nationale.

Ainsi nous aurons la possibilité de créer une académie du créole composée de «mèt a mannioc» dont le rôle serait d’élaborer des outils pour les enseignants, de traduire en créole des vocabulaires spécifiques en tenant compte de «mes é labitide en nou».

«KANMARAD FÔ NOU MET TOUT BITEN EN ŒUVRE POU FE ABOUTI REVENDICATION EN NOU»

Cette phrase est d’un célèbre syndicaliste dans un meeting lors d’une grève au CHU dans les années 90. Est-ce du créole? Est-ce du français?

Quelle importance par rapport au degré d’engagement de cet homme dans son combat au quotidien pour améliorer le sort de ceux qui souffrent?

L’essentiel est dans l’action et les mots qui arrivent sont compris aisément.

Aussi nous constatons que beaucoup de gens s’expriment en créole mais le parlent de plus en plus mal.

Jean PETIPHAR

Commentaires

koutcha | 16/11/2010 - 08:42 :
Avan ni moun ki té ka palé fransé-bannann, aprézan nou ni kréyol ponm-tè ka roulé adan média... K.

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