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Une nouvelle parution de LAKOUZÉMI

« RETOUR À LA PAROLE SAUVAGE »

Vient de paraître la deuxième livraison de la revue Lakouzémi, sous la bannière du { {{« Retour à la parole sauvage ».}} }

Rappelons que Lakouzémi est un espace ouvert de rencontres et de débats sur la société martiniquaise et sur le monde, comportant, outre cette revue annuelle, trois journées rencontres qui ont lieu dans un pitt, dont, après celle du samedi 6 décembre dernier, la prochaine le samedi-Gloria 11 avril 2009, à Barrière-La-Croix, Sainte-Anne. L’objectif étant de sortir des discours convenus qui assujettissent, du « politiquement correct », pour faire émerger une parole neuve, ce qui peut se révéler mener au renouveau d’une parole enfouie.

Le nom Lakouzémi est un composé du mot créole Lakou, qui désigne un espace traditionnel d’échange et de partage, et du mot caraïbe Zémi, qui, lui, nomme les esprits, présents aux yeux des Caraïbes dans toutes les manifestations de la nature. De fait, le projet Lakouzémi, animé par le poète Monchoachi, se veut la mise en route d’une réflexion et d’une expression collectives en quête de « l’esprit des lieux ».

A la suite d’une publication inaugurale, fondatrice, parue l’an dernier, sous le titre « Eloge de la servilité » dont l’essentiel des textes étaient écrits par Monchoachi, voici aujourd’hui « Retour à la parole sauvage ». Cette fois Monchoachi est entouré de près d’une vingtaine d’écrivains et d’artistes parmi lesquels on peut citer, Alain Gontrand (philosophe), Philippe « Kenjah » Yerro (anthropologue), Jean-Marc Terrine (critique d’art), Serge Domi (sociologue), Bruno Pédurand (artiste peintre), Alin Légarès (conteur), Nèg Madnik (slameur), et aussi de contributions d’auteurs de la Caraibe (George Lamming, de Barbade, Mireille Jean-Gilles, de Guyane, Olive Senior, de la Jamaïque…), de France (Jean-Paul Michel, poète et éditeur), de Canada (Denise Brassard, universitaire) et d’un choix de paroles lumineuses émises par des Indiens d’Amériques du Nord, recueillies au moment de la colonisation de leurs terres par les Américains, et au moment du déploiement de la civilisation occidentale dans le Nouveau Monde.

Ce choix, à vrai dire, éclaire à merveille le titre « Retour à la parole sauvage » qui résonne comme un appel. Il illustre aussi parfaitement le propos des auteurs de l’ouvrage. De quoi s’agit-il en effet ? Il s’agit essentiellement de tisser une nouvelle relation à la terre (« notre mère » disent les Indiens), une relation à travers laquelle les hommes renoueraient avec la vraie liberté, c'est-à-dire avec la beauté, qui réside dans le fait d’être « en entretien » avec la terre, avec le monde, plutôt que d’être inscrit dans une « civilisation » dont le dessein est de la soumettre, de la mettre à la raison. Cette civilisation, non seulement met la terre à sac et l’enlaidit : elle enlaidit les hommes eux aussi, en retour les avilit et les asservit à ce dessein.

A travers plus d’une trentaine de textes, développant ce propos central, l’approchant sous différents angles mais toujours l’abordant à la hauteur qui convient, avec profondeur et densité, ce beau recueil constitue une contribution majeure à la réflexion sur notre monde actuel et sur notre temps. Comme le signale Philippe Kenjah Yerro dans une de ses contributions :

« Nous devons à Monchoachi d’avoir contourné le décor pour nous inviter à son envers. Je crois aux cycles, et je crois que Lakouzémi ouvre un nouveau cycle intellectuel et culturel dans l’avancée de la conscience martiniquaise. Il s‘y développe l’ambition de rendre le verbe créateur et la vision fondatrice. Il s’y entretient une connaissance sereine du terrain, et donc, une froide détermination de l’action ».

« A mes yeux, un seul Monchoachi suffit à faire contrepoids à la méprise universelle. "Retour à la parole sauvage", (ses formes surprendront : "retour" ne pouvant signifier redite), je signe des deux mains ! »
Jean-Paul Michel, Poète, Fondateur des Editions William Blake

Lakouzémi, {{« Retour à la parole sauvage »}} :

Un ouvrage indispensable à l’adresse de tous ceux qui, désenchantés du monde actuel et de ses faux-semblants, veulent s’ouvrir à une lecture et à une réflexion en tout point stimulantes.

{Lakouzémi, « Retour à la parole sauvage » , 272 pages, 20 euros, disponible en librairie.}

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