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SI UN (E) ELU (E) MARTINIQUAIS (E) AVAIT DEMANDE L'ANNULATION DU CARNAVAL...

      SI UN (E) ELU (E) MARTINIQUAIS (E) AVAIT DEMANDE L'ANNULATION DU CARNAVAL...

   Elle ou il aurait signé son arrêt de mort si jamais cette personne était candidat (e) aux élections municipales du 15 mars prochain.

 Quel tollé pareille demande n'aurait-elle pas déclenché ! Que n'aurait-on pas entendu : misié oben manzel pa ka respekté tradision oben kilti Matinik ! Le peuple a besoin de souffler et de s'amuser un peu. La Chine c'est très loin et on n'est pas vraiment menacé. Les conducteurs de bradjak qui cassent les oreilles des habitants de Fort-de-France depuis 2 mois déjà (sans que la police municipale n'ai levé le petit doigt) risqueraient de mettre la ville à feu et à sang. Les touristes français et européens qui sont venus à la Martinique pour le carnaval seront déçus et ne reviendront plus jamais, sans compter la mauvaise publicité qu'ils nous feront dans leur pays etc...
  Et bla-bla-bla !
 Chacun aurait trouvé une bonne excuse pour dénoncer cette demande d'annulation et cet homme ou cette femme politique auraient immanquablement été le bwabwa de ce carnaval 2020. Sauf que si l'on raisonne froidement, c'est ce que nos politiciens, toutes tendances confondues, auraient dû avoir fait. Car qui peut sérieusement penser qu'un petit pays qui reçoit deux ou trois bateaux de croisière chaque semaine avec à bord une moyenne de 3.000 passagers originaires d'une trentaine de pays ne se retrouverait pas sous la menace du coronavirus ? Qui peut imaginer qu'aucun des passagers qui débarquent tous les jours à l'aéroport du Lamentin en provenance de la France, des Etats-Unis, du Québec ou de la Caraïbe ne présenterait aucun danger ?
  En fait, cela fait bien presque deux mois que nous sommes en grave danger sans le savoir et un mois que nous le sommes EN LE SACHANT PARFAITEMENT. Or, aucun politique n'a eu le courage de demander l'annulation du carnaval ! Et cette semaine, chacun s'est contenté d'adresser un courrier au Papa Blanc pour lui demander de prendre les mesures qui s'imposent. Comme si ce dernier n'avait pas autre chose à faire avec la grève contre les retraites qui secoue l'Hexagone et ce même coronavirus qui a atteint l'Italie et menace le sud de la France.
   On touche ici du doigt la difficulté, l'extrême difficulté, du métier de politicien.
  Cela nous rappelle Saint-Pierre en 1902 lorsque pour maintenir des élections législatives, le gouverneur de la Martinique de l'époque s'était rendu avec son épouse dans la future ville-martyre pour prouver au bon peuple que les fumerolles qui s'échappaient du volcan depuis des mois n'étaient aucunement le signe d'une explosion imminente. Tous les deux avaient péri dans l'éruption ! Car personne ne nous fera croire que cette demande d'annulation du carnaval n'a traversé l'esprit d'aucun (e) élu (e) martiniquais. Ce n'est tout simplement pas possible ! Simplement, ils et elles ont dû avoir pesé le pour et le contre en cette veille d'élection.
   Peut-on leur jeter la pierre ?
   Difficile de répondre quand on n'est pas à leur place. Car faire pareille demande reviendrait à jouer son avenir politique. Au contraire du citoyen moyen, le ou la politique est souvent confronté à ce type de choix cornélien et en est réduit à compter soit sur sa bonne étoile soit sur le hasard. Ce qu'on est en droit de leur reprocher, par contre, c'est de n'avoir pas installé des cellules de crise depuis au moins deux semaines dans leurs mairies, communautés d'agglomération et à la Collectivité et d'avoir attendu l'annonce de l'arrivée d'un avion en provenance d'Italie. Toutes et tous, sans distinction d'étiquette politique... 
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