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TOUS A LA MANIFESTATION DU SAMEDI 10 MARS A 9 HEURES !

Raphaël CONSTANT
TOUS A LA MANIFESTATION DU SAMEDI 10 MARS A 9 HEURES !

Il faut manifester le samedi 10 mars 2018 contre la corruption.

La question du Ceregmia illustre un niveau de « désordre social » extrêmement hallucinant montrant une dégénérescence de la société coloniale martiniquaise.

Quitte à être à contre-courant de ce qui a été beaucoup écrit dans ses mêmes colonnes, je ne partage pas l’exacte et même vision développée de bonne foi.

Oui, les déclarations à la presse du « nouvel » avocat de l’UA m’ont étonné. Ce confrère m’a rappelé celui qui avait été réquisitionné en décembre 1989 pour « défendre » les Epoux Ceaucescu dans l’irréaliste et faux procès qui leur avait été intenté en plaine révolution roumaine. Cet avocat s’était borné à faire l’éloge des demandes de condamnation à mort du procureur ! Ici, la partie civile décide de soutenir les mis en examen !

Il reste que si cet avocat a pu dire ce qu’il a dit (comme Edmond Mariette et Dorling-Carter l’avait précédemment fait dans ce même dossier) et que depuis il n’ait jamais été démenti par celui qui l’a mandaté, c’est bien sur instruction et dument commandité qu’il l’a fait. L’avocat est avant tout un truchement de ce que veut et pense son client. Un avocat n’a pas mission de défendre l’intérêt général mais bien l’intérêt particulier de son client, même cette défense de l’intérêt particulier concourt à l’intérêt général, au nom des droits de la défense.

La problématique n’est pas que Me SYLVESTRE ait annoncé qu’il pense nécessaire qu’il y ait un « apaisement », c’est qu’il l’a fait en plein accord avec son client.

Bref, il a fait ce pourquoi il a été mandaté.

La problématique n’est donc pas l’avocat mais bien son client. Vous pourrez changer l’avocat si le mandataire a la même position, cela ne servira à rien !

Autre aspect du problème.

L’origine du problème est simple : les trois mis en cause dans l’affaire du CEREGMIA ont sollicité du juge d’instruction que leur contrôle judiciaire soit supprimé et qu’ainsi ils puissent retourner enseigner à l’Université.

Quitte à choquer, je trouve leur demande parfaitement légitime. En effet, ils sont mis en examen depuis plusieurs mois et le dossier n’avance pas du fait de l’institution judiciaire. Il reste anormal qu’on empêche une personne de travailler au motif qu’une enquête est en cours, surtout si on se plait à faire trainer ladite enquête, ce qui est le cas en espèce !

La demande des mis en examen de ces trois mis en examen du CEREGMIA est d’autant plus logique qu’ils ont acquis, sur un autre plan, le droit d’enseigner à nouveau. En effet, la décision disciplinaire les révoquant ou les suspendant temporairement a été annulée par le Conseil d’Etat pour des raisons de forme.

La logique (la justice et la défense des intérêts de l’Université) aurait été que la présidence de l’UA engage immédiatement une nouvelle procédure disciplinaire, ce qui était parfaitement possible (et le reste encore puisqu’en matière administrative, il n’existe pas de prescription !). Sciemment, cela n’a pas été fait ! Et là se situe le principal du scandale.

Nous sommes donc face d’une part à une institution judiciaire (l’instruction) qui ne fait pas son travail d’investigations, de mise en cause de (nombreux) complices pour que ce dossier (qui techniquement n’est pas difficile) soit jugé dans des délais normaux et d’autre part à une institution administrative qui a sciemment renoncé à défendre les intérêts de la collectivité dont il a la charge.

Un proverbe français dit « A chacun son ouvrage et les vaches seront bien gardés ».

Dans l’affaire du CEREGMIA, il est clair que depuis le début (qu’on se rappelle le temps qu’il a fallu pour que le Procureur Corbeau accepte d’ouvrir une instruction et ceci sous la pression d’une manifestation au Palais de Justice !) peu de gens (Corinne Mencé-Caster en reste une des très rare !) ont remplis (ou remplissent) leur responsabilité ou par intérêts, ou par lâcheté, ou par incompétence !

Il est donc logique qu’en ce moment les « vaches » batifolent hors des prés et que tout marche sur la tête !

On peut s’interroger et spéculer sur les multiples raisons faisant que l’affaire du CEREGMIA n’est pas traitée « normalement ». Raisons politiques, occultes, mafieuses etc…

A ce stade, cela importe peu. Bornons-nous à constater, dire et dénoncer (d’où l’extrême nécessité de la manifestation) que la situation est « anotrmale » !

Il faut donc manifester pour rappeler l’évidence : une société ne peut longtemps vivre si les règles communes ne sont pas respectées. Comment expliquer à un(e) jeune qu’il faille respecter des règles si celles-ci sont clairement et spectaculairement violées par ce qui serait (ou se présente comme telle) une supposée élite !

Comme le disait Saint Just, « les révolutions sont moins un accident des armes qu’un accident des lois ».

Qu’ils prennent donc garde !

Le 9 mars 2018

R. CONSTANT

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