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UN DEPUTE BAHAMEEN APPELLE A TORTURER ET TUER LES MIGRANTS HAÏTIENS

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Wayne Munroe, un nom que les Haïtiens ne devraient pas oublier. Particulièrement ceux-là qui ont émigré aux Bahamas. Cet avocat, membre du parti libéral progressiste des Bahamas, a sans doute réussi à faire plus fort que Donald Trump cette semaine. Si le dernier n’a fait que demander l’interdiction d’entrer des musulmans sur le sol américain, l’avocat bahaméen va plus loin, il faut fouetter les immigrants haïtiens de moins de 18 ans et flageller ceux qui dépassent cet âge.

C’est la proposition qu’il a faite au gouvernement bahaméen pour durcir la réponse contre ceux qui tentent d’entrer illégalement sur l’archipel antillais. « Si les immigrants illégaux, particulièrement les Haïtiens, savaient que nous allions les torturer et les tuer, ils ne viendraient pas », a déclaré le député Munroe, arguant que le prix à payer pour les infractions contre la migration bahaméenne est trop faible.

 

« Flageller les gens peut paraître brutal, a reconnu l’homme qui, visiblement, s’est trompé de temps. Ca va servir comme barrière physique et psychologique pour que les gens cessent de tenter d’entrer au pays illégalement », a-t-il dit. Les déclarations de ce député ont provoqué un tollé dans la presse de son pays et ont suscité beaucoup de réactions. L’ambassade d’Haiti sur l’archipel a d’ailleurs écrit au président de l’association des barreaux des Bahamas. « L’ambassade d’Haïti aux Bahamas dénonce et condamne avec vigueur la déclaration de Monsieur Wayne Munroe, empreinte de xénophobie et d’intolérance », peut-on lire dans une lettre portant la signature du nouvel ambassadeur d’Haïti aux Bahamas, Jean Victor Généus.

 

« J’ai l’honneur de vous faire part de ma grande stupéfaction en lisant, dans l’édition du lundi 7 décembre 2015 du journal « The Tribune », la déclaration de Monsieur Wayne Munroe, avocat de votre prestigieux barreau, relative au traitement à infliger aux immigrants haïtiens arrivés aux Bahamas de façon irrégulière », écrit l’ambassade à Elsworth Johnson, président de l’association des barreaux.

 

Plus loin dans la lettre, l’ambassade d’Haïti déclare qu’une déclaration aussi irresponsable est une claire incitation à la haine susceptible de provoquer la violence contre nos ressortissants. Elle doit être condamnée. Les propos de Monsieur Munroe ne font pas honneur à l’institution à laquelle il appartient et dont la mission est de défendre les valeurs fondamentales du droit et de la dignité humaine ».

 

Depuis l’année 2014, le gouvernement bahaméen a déclaré la guerre à l’immigration. L’actuel gouvernement des Bahamas faisait de la réglementation des migrants étrangers sur l’archipel une promesse de campagne. Selon les nouvelles dispositions mises en application par le département de l’Immigration, les personnes vivant sur le territoire sans documents de résidence seront rapatriés. Pour travailler aux Bahamas, le ressortissant étranger doit rester dans son pays, en attendant que son employeur donne la garantie à l’Etat qu’il sera pris en charge dans l’archipel.

 

Pas moins de 64 793 personnes, soit 18 pour cent de la population bahamienne, sont des immigrants. Entre 20 et 50 000 Haïtiens vivent sur le territoire bahamien selon les chiffres rendus publics par l’Organisation internationale de la migration (OIM).

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