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Utilisation Subversive des Intérêts Nuisibles aux Espaces

Christian HIVERT
Utilisation Subversive des Intérêts Nuisibles aux Espaces

Un projet mérite d’être évoqué de nos jours, trente ans après sa disparition, tant il constitue un temps fort de l'histoire des squats autonomes d’une métropole et du rock alternatif : l'U.S.I.N.E. de Montreuil.

L'objectif que se fixe le collectif U.S.I.N.E. en Février 1985 est d’investir les débats et les terrains de luttes en affirmant la nécessité de se réapproprier « des espaces et des moyens de vies ». Le lieu devient rapidement un lieu de convergences pour de nombreux collectifs et regroupements autonomes. Certains autonomes viennent ainsi s'entraîner aux sports de combat au deuxième étage du bâtiment. Des contacts existent avec les collectifs intervenant sur les luttes anti carcérales, nous n'hésitions pas à venir grossir les rangs de l'Association des Parents et Amis de Détenus lors des rassemblements devant les prisons. Notre collectif animait aussi une émission sur Radio Mouvance (Anti capitaliste, anti impérialiste et anti autoritaire). Nous préparions les actions du Collectif Antimilitariste Insoumission Objection. Nous voulions que cela cesse... Quoi ? Mais TOUT : l'hypocrisie, la frime, l'ambition, les mensonges historiques, les débilités religieuses ou politiques, la prétendue civilisation, les classes sociales, le travail salarié... Utiliser les failles du système pour le combattre !

 

Au marché lorsque nous distribuions nos tracts pour nous présenter et faire venir un public à nos réunions, meetings ou expositions militantes, les mères de familles nous lançaient « mais pourquoi vous ne payez pas de loyer ? Moi j’ai mon loyer à payer tous les mois…  » : elles votaient communiste au nom de la classe ouvrière et du Saint Marx, ou son esprit. Il faut dire que certains de nos jeunes guerriers pas encore bien extraits de leur adolescence en rébellion avaient tendance à leur lancer des crachats et des insultes, considérant que le monde des adultes était solidairement responsable du massacre général… « Saloperie de beauf, quand tu te bougeras le cul au lieu de te soumettre… ». Ou comment se couper de toute force en voulant construire un rapport de force, se faire mal aimer de ceux à qui l’on demande un soutien, une solidarité, une écoute !

Cochise ou Geronimo ? La guerre produit des morts et des pleurs, mais il faut bien résister à l’occupation des espaces de vie par les colons ; un débat qui se poursuit sous d’autres formes, la terre est à celui qui la cultive, l’espace à celui qui l’occupe, mais la finalité de l’occupation : villes démesurées ou troupeaux de bisons à l’infini, champs cultivés ou concentrations industrielles ? Les indiens métropolitains, comme nous nous nommions, n’y avons pas plus répondu que Geronimo ou Cochise, et nous nous sommes fait exterminés d’une autre manière : drogues et sida, mauvaises vies dans des bouges insalubres, récupération commerciale de notre contre-culture, récupération politique de notre contestation ; « la mala vida » et le « no futur » entrèrent un jour au musée, rapportèrent beaucoup aux compagnies de diffusion de musique, alimentèrent les loisirs des jeunesses établies et les expositions warholiennes d’arts plastiques.

La punkette de base mimait la prostituée en bas résille, culotte, soutien-gorge et blouson de cuir noir, yeux charbonneux, tatouages et anneaux d'oreilles, joues ou nez percés..., et son compagnon jouait au clochard dada, recouvert de taches, déchirures et accessoires métal sur costard rétro récupéré aux puces ou jeans teint en noir, le tout enrichi de badges à slogans, d'insignes paramilitaires des surplus, et tous deux couronnés de pelades rasées, sur des coupes au couteau, anneaux d'oreilles de pirate et godillots de skin (in L’Huma : 7-02-2009)…  courant les rues et concerts au rythme de la pulsation, le beat, répétitif et régulier, martelé ou en rafales accélérées du punk, que l'on retrouve dans le ska, rocksteady préfigurant le reggae (qui dérive de l'argot jamaïcain : prostituée = street girl = stray gal ou stray gae...)(idem), musique déjà adoptée par les skinheads et autres rude boys des banlieues ouvrières des métropoles industrialisées, tout bousiller, dormir dans le ruisseau, manger dans les poubelles !

Un punk justifie sa manière de s’habiller par l’aspect de repoussoir social que cela comporte, de cette manière aucun patron ne voudra l’embaucher : summum de sa volonté de non-travail, contradiction essentielle avec la volonté de « construire une nouvelle société et de nouveaux rapports sociaux », il sous entend ne pas faire fonctionner le monde marchand, mais le paysan mondial a besoin du marché pour écouler sa production, alors comment ? Avant que des stylistes ne se mêlent de raffiner ou de compléter cette allure inquiétante, massivement irrécupérable (idem) ou qui se le croyait, la révolution minuscule, moléculaire, par capillarité devient la stratégie à la mode. Chacun essaie de construire sa petite utopie individuelle, avec son kit du squatteur modèle, et toute la population est censée inéluctablement se rallier progressivement à l’autonomie. Il ne s’agit plus de construire un rapport de force pour détruire toutes les institutions, les rapports sociaux de production et de bouleverser l’ensemble des rapports humains, mais de s’aménager une utopie à la mesure de sa petite ambition personnelle.

 

Nous étions des hirsutes et des autistes, nous avions la phobie des foules et des assemblées adultes et nous rendions agglomérés en de vastes pogos dans des salles de concert bondées, pour certains ce n’était que des jeux adolescents, pour d’autre les prémisses d’une société future, une révolution culturelle, une contre culture, mais cela accouchera des groupes phares de la jeunesse, vendus en tête de gondole à la FNAC, des fortunes se construisirent ;  tandis que tous ce qui fut « auto » quelque chose, production notamment, disparut dans l’anonymat de la longue liste des expériences visant à transformer le réel en utopie réalisée, phalanstères et autres communautés, des tribus vaincues. Trente ans plus tard l’apologie de « l’alternative » devient le nouveau credo politique du conformisme pseudo-révolutionnaire. Bibliothèque, infokiosques, jardin, zone de gratuité, récup’ et toilettes sèches sont considérés comme de véritables armes pour fuir le système. Il s’agit alors de vivre en marge du système ou, plutôt, de rester sagement dans la niche aménagée par le capital, et laissée à l’usage éphémère.

Organiser et gérer la précarité imposée plutôt que de s’y opposer, les autorités finissent par comprendre l’intérêt de cette utilisation subversive des interstices urbains pour peu que les projets portés se déroulent dans le cadre normatif d’une intégration aux besoins économiques de la société environnante, ainsi sera créé le C.A.E.S. (Centre autonome d’expérimentation sociale)  de Ris Orangis, notre concurrent en terme de grand squat sur la région parisienne, la quête de l’autonomie n’était pas la même ! Chez eux les punks, qui venaient vomir leurs bières en perturbant nos réunions de préparation d’action ou de soutien, répètent et deviennent  « Négresses Vertes », « Mano Negra », ou « Royal de luxe » ; on y loue même un mur d’escalade au G.I.G.N. chargé de nos répressions. Nous disions souvent que nous n’étions tous qu’une expérience, que nous étions dans une éprouvette observée attentivement par les divers professionnels et doctorants en sciences sociales, le résultat de cette expérience servant à prédire de nouvelles recettes de gestion des masses défavorisées, et rebelles. Être en surnombre en ces lieux dans lesquels le plus pauvre des prolos ne souhaiterait habiter, accompagnant la révolte de jeunes gens hurlant : « A mort la société marchande ! ».

L’insoumission est une lutte essentielle et oubliée de la classe ouvrière refusant d’aller servir à soumettre les peuples opprimés par l’empire de la bourgeoisie, du capitalisme industriel et des fabricants d’armes : toute la dialectique entre une projection extérieure de puissance et une défense sur le plan domestique de l’ordre social existant contre l’ « ennemi intérieur », d’abord constitué par les classes laborieuses et leurs tendances insurrectionnelles au dix-neuvième siècle, puis par les populations issues de l’immigration postcoloniale depuis les années 1950. Un tel camarade de classe, et fils de général d’armé commandant des opérations d’intervention, devint responsable d’ONG intervenant en zone d’ingérence, cela restait en famille… : et je me dérobais aux surveillances de la gendarmerie militaire afin de n’avoir à faire de service armé contre des populations colonisées et réprimées dès la moindre velléité de dignité, lutte ou résistance. Nous occupâmes à deux cents autonomes le parvis de Beaubourg avec les Béruriers Noirs pour demander la mise en liberté de nos camarades emprisonnés « …et toi l’insoumis, et toi le déserteur… ».

 

Il me semblait faire partie d'une nouvelle vague impressionnante et fidèle : de ceux qui laisseraient de solides traces dans les combats nécessaires à l’établissement mondial des paix et des justices ; ce ne fut que guerres, déplacements de populations, destructions de pays et de leurs cultures. Les anciennes colonies appelées département d’outre mer — par décence démocratique et hypocrisie républicaine — bouillaient ; les colons les plus ouvertement racistes et meurtriers commettaient exaction sur exaction sur les peuples kanak et antillais et les forces armées dirigées par le Cagoulard président finissaient leur travail. À Hienghène dix paysans de Tiendanite sont misérablement et lâchement assassinés au cours d’une embuscade tendue par des colons surarmés contre des gens sans défense : cela ne sera jamais condamné ; le crime républicain enterrait toute les valeurs comme cela fut toujours de coutume concernant les colonisés.

 

Alors le collectif U.S.I.N.E. avait préparé et suivi, avec le collectif antifasciste de Montreuil et d’autres regroupements, la journée internationale de solidarité avec le peuple kanak : faisant jouer leurs réseaux, battant le rappel de leurs troupes. À Paris il y eut 5000 personnes, à Nouméa 3500 pour la « Case de la Paix », « Peuple kanak, tes exploiteurs sont les nôtres ». Nous étions en relation permanente avec les réunions locales de l’A.I.S.D.P.K. sur Paris (Association d'information et de soutien aux droits du peuple kanak) et organisions réunions ou meetings d’information à la bourse du travail de Montreuil, avec des films représentant la situation des luttes sur place et des intervenants engagés. La Guadeloupe de son côté était placée en situation insurrectionnelle. Deux mouvements concurrents et néanmoins solidaires bataillent sur le terrain : le M.P.G.I. et le M.P.L.G. (Mouvement Pour une Guadeloupe Indépendante et Mouvement Pour la Libération de la Guadeloupe), ils furent vainqueurs et ils furent vaincus. Bien que de nombreuses connections existassent entre tous les révoltés et les restes de révolutionnaires, les destins des uns n’étaient appelés à rejoindre les destins des autres. L’organisation secrète des manipulations d’État en décida autrement.

 

Un indic dit « blanche neige » comme le surnommèrent ses instructeurs des renseignements généraux était un très bon infiltré, il se revendiquait d’être le frère d’un responsable du M.P.L.G. : depuis des semaines il tentait vainement de subvertir les esprits les plus chauds et les moins informés du squat U.S.I.N.E. sur l’utilité d’abandonner les méthodes de luttes traditionnelles, tracts, affiches, réunions, meetings d’information, toutes choses éminemment ringardes selon lui : s’il faut des armes ou des explosifs je sais comment en trouver, il faut agir ! La conjuration des egos réunissait ce jour, outre l’indic, des Italiens, dits camarades, protégés au plus haut niveau de la République (Ce qu’alors nous ignorions) et des clandestins ouvertement déclarés, donc connus. Ces clandestins étaient par ailleurs très intéressants à observer, avec leur manière ineffable de vouloir indiquer au plus large nombre l’occulté de leur vie dans les moindres gestes et les plus délicates des attitudes ; le seul réel problème était de se démarquer du danger de leur fréquentation.

 

En attendant que le commissaire des renseignements généraux Jean-Marc Dufourg — impliqué dans la disparition du pasteur Doucé — écrive ses mémoires et raconte à sa manière cette manipulation — heureusement pour les squatters et les militants guadeloupéens défendant Georges Faisans — avortée — dans un livre au titre aussi subtil que ses méandres stratégiques : « Section manipulation : de l’antiterrorisme à l’affaire Doucé » (Paris, Michel Lafon, 1991, 272 p.) — il fallait réfléchir aux moyens de la lutte et tenir le cap avec cette donnée : le squat était naturellement infiltré au plus haut niveau. Les forces d’infiltration venaient du sommet hiérarchique des institutions en charge de la sévérité (dans l’absence de sécurité) publique des personnes et des biens. C’était donc une permanente communion discrète, dont la cible directe était la ruine des possibilités de résistance aux iniquités, la scission des vigueurs.

 

Les dépositaires de la loi et de l’ordre, par l’entremise de leur indic, s’étaient tout simplement exercés à convaincre des militants désemparés d’organiser selon leurs vœux une opération terroriste. Cela faillit fonctionner, l’affaire était simple : en haut lieu il fallait une affaire pour redorer le blason des antiterroristes Élyséens, la France voyait son autorité partout remise en cause, les luttes émergeaient comme des champignons de rosée chaque matin, beaucoup de situations étaient de type insurrectionnel, il fallait détourner l’attention par une arrestation. L’indic avait beau faire depuis plusieurs mois : il ne parvenait pas à fédérer autour de ses délires de provocateur le moindre militant Autonome, ni même Skin ou Punk : U.S.I.N.E. dans son ensemble ne voulait en rien se mouiller dans de telles affaires ; aucun n’était là pour cela : leurs luttes étaient ouvertes et simples. Alors il avait réussi à recruter trois militants naïfs de son milieu d’origine ; la Guadeloupe ressemblait à une cocotte minute prête à exploser : Georges Faisans, en grève de la faim depuis quelques dizaines de jours était l’objet d’un soutien large de la population de l’île pour obtenir sa libération de la prison de Fresnes.

 

À l’époque, un professeur blanc donna un coup de pied à un élève noir du lycée Baimbridge. Au mois d’octobre 1984, Georges Faisans (Neg rebel pou dignité annou — Lluppia — C.Faisans-Blanc, 2006) infligea à l’homme un coup de plat de machette. Il faut dire qu’aux Antilles le coup de pied est la pire des insultes : une de celles rappelant les corrections du colon à l’esclave. La justice condamna Faisans à 4 ans de prison ferme. L’enseignant n’eut que des poursuites disciplinaires. La disproportion entre la quasi indifférence face à l’insulte gravement ressentie et la lourdeur de la condamnation fit déborder la fureur populaire. En signe de protestation, Faisans entama une grève de la faim. Cette année 1985 avait vue aussi la mort de Machoro et Nonnaro, le 12 Janvier, abattus par le G.I.G.N. L’Alliance révolutionnaire caraïbe, ARC, était un groupe armé luttant pour l’obtention de l’indépendance de la Guyane, de la Martinique et de la Guadeloupe : des dizaines d’explosions dans un scénario de type corse réveillaient les mangoustes presque chaque nuit durant toute l’année précédente ; Luc Reinette arrêté en Février, condamné à 23 ans, il s’évadera, sera repris, et fut amnistié en 1989.

 

À Paris Radio Vo-Ka, la radio des Caraïbes diffuse ces idées révolutionnaires et indépendantistes, le ton est bouillant, et les militants réclament l’obtention du droit d’émettre, puis Luc Reinette s’évade et passe en clandestinité, tous les révoltés parisiens suivent cette affaire d’aussi près que les affaires des Kanaks. Tous les mouvements indépendantistes des dernières colonies — l’U.P.L.G. (Union Pour La Libération de la Guadeloupe), le M.P.L.G. (Mouvement Pour la Libération de la Guadeloupe), le L.K.S. (Ligue Kanak Socialiste), le F.L.N.K.S. (Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste) — se réunissent et se solidarisent face à la répression. La solution choisie à haut niveau fut d’augmenter le niveau d’affrontement en générant un faux attentat. Ce fut le travail de l’indic : parvenir à mouiller des militants importants de cette mouvance et les faire arrêter en flagrant délit ; il faillit bien y parvenir : il avait déjà cassé la vitre de L’ANPE proche du squat, au 5 de la rue. Une deuxième équipe devait amener une bonbonne de gaz avec système de mise à feu de style « ras-le-bol » ; ce fut la première équipe composée de l’indic qui fut arrêtée : il n’y avait eu qu’un début d’exécution et aucun explosif trouvé sur place. Ne revoyant pas la première équipe, la deuxième suspendit l’opération et rangea la bonbonne. Le 10 juillet ce fut un commando d’agents secrets bien entrainés (on n’est bien servis que par soi-même) qui fit sauter le Rainbow Warrior, navire des écologistes, et tua Fernando Pereira.

 

Le 24 juillet, soit dix jours après cet attentat préparé par l’indic, des barrages furent dressé dans plusieurs quartiers et aux entrées de la ville de Pointe à Pitre. Les barrages routiers se multiplièrent dans l’île. Militants, habitants des quartiers, jeunes demeuraient mobilisés sur les barrages ; Faisans fut libéré en France le 29 juillet 1985 : la mobilisation cessa. L’indic dédouané et comme anobli par ces actes manqués et ces fiascos put continuer ses manipulations, il en sera à nouveau question dans un prochain billet. L’anoblissement de l’ensemble des autonomes et punks se résuma à quelques heures d’affrontements le jour de l’expulsion définitive de la vielle bâtisse industrielle, quelques mois plus tard : « 200 punks attaquent la police » titra pompeusement un quotidien, la mythologie commençait. Une problématique qui mériterait d'être examinée plus avant tant la pratique du squat constitue une des pierres angulaires de la praxis autonome, encore aujourd'hui.

 

Toute cette effervescence brouillonne n’eut aucune suite, si ce n’est que ceux qui y mirent réellement les pieds, très jeunes pour la plupart, en gardèrent un vieux fond de révolte contre les injustices de plus en plus criantes de ce monde hideux se mettant en place à l’aube du XXIe siècle. Cela fut-il le dernier soubresaut des vieilles vagues révolutionnaires des années 60 ? Cela fut-il un baroud d’honneur d’une vieille bande d’autonomes radicaux formés aux émeutes de la fin des années 70 du XXe siècle ? Rien ne fut pareil, une époque fut close. Tous les groupes et individus qui remplissaient le lieu de leurs allées et venues quotidiennes avaient en commun un ferment de révolte, en référence aux espoirs révolutionnaires de la classe ouvrière depuis les débuts de l’industrialisation capitaliste des pays occidentaux. Furent-ils les derniers ? Après, il fut dit que les classes sociales n’existaient pas et que les seuls espoirs de justice étaient représentés par les forces électorales de gauche, toutes dirigées par les plus féroces escrocs et dictateurs cyniques que l’histoire prolétaire ait connu. Il fut dit que les prolétaires n’existaient plus. Désormais, il n’y avait plus de damnés de la terre dont l’unité pouvait constituer une force redoutable de renversement des puissances dans le sens de la justice et de l’équité. Il y eut le RMI et les Restos du Cœur. Les démunis furent invités à être content de leur sort et à remercier leurs oppresseurs.

 

 

Jusqu’à…

 

Christian Hivert, le Libonès, le 17-07-2017

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