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SCHOELCHER, ON S'EN FOUT ! LA VRAIE QUESTION EST DE...

SCHOELCHER, ON S'EN FOUT ! LA VRAIE QUESTION EST DE...

  ...savoir si la destruction des deux statues de "l'abolitionniste" alsacien font avancer la cause de la souveraineté nationale martiniquaise.

 Car la première boussole, la seule vraie boussole, dont doit se servir une militant (e) de l'indépendance de la Martinique, c'est celle qui lui permet de savoir si tel discours ou telle action permet de faire avancer la cause, ne serait-ce que de quelques pas. Et quand on dit "faire avancer la cause", cela signifie très concrètement : "dans l'esprit du plus grand nombre de Martiniquais". En effet, chacun sait très bien que ces derniers craignent l'autonomie (78% contre l'Article 74 en 2010) et ont une peur, parfois panique, de l'indépendance.
  Cette crainte et cette peur sont parfaitement justifiées.
 Ni nos autonomistes ni nos indépendantistes n'ont jusqu'à présent donné la preuve qu'ils représentaient une alternative crédible aux assimilationnistes. Ce sont des assimilationnistes honteux en fait ! C'est triste à dire, mais c'est l'exacte vérité. Et c'est cette incurie, qui dure depuis 4 décennies, qui a fini par créer un boulevard pour l'obscurantisme noiriste. Car enfin, se vanter de telle réalisation__un pont, une route, une école, voire même une usine__n'a rien d'autonomiste ou d'indépendantiste en soi. Les Békés avaient bien fait installer 200 (oui, deux-cents) kilomètres de voie ferrée à travers la Martinique afin de transporter la canne à sucre. On voit encore des restes de rails du côté du Lamentin et du Lorrain. Un système ou un régime réactionnaires peuvent parfaitement créer de belles infrastructures !
  Or, mis à  part un catalogue de déclarations ou de mots d'ordre, plus ou moins marxisants, césairistes ou fanoniens, nos autonomistes n'ont jamais su présenter à la population un programme concret de l'autonomie ou de l'indépendance. CESAIRE aimait, dans ses envolées lyriques, vanter les lander allemands et les provinces italiennes pour critiquer le jacobinisme et le centralisme français, mais ça s'est arrêté là. Quant à nos indépendantistes, c'est du pareil au même. Focalisés sur Cuba (plus vaste que le Portugal, la Belgique ou la Hollande) et plus récemment sur le Venezuela (trois fois plus vaste que la France), ils ne se sont jamais intéressés au FONCTONNEMENT CONCRET d'états micro-insulaires comparables à la Martinique. Barbade peut fêter le 49 anniversaire de son indépendance, puis le 50è, puis le 51è, il n'y a aucune délégation officielle d'indépendantistes martiniquais à ces commémorations. Et sur des pays comme Maurice ou les Seychelles, il leur arrive même de raconter n'importe quoi, les caricaturant comme des "paradis pour touristes fortunés" alors que le premier est en pointe en informatique et que dans le second, 47% du territoire national a été classé en réserve naturelle et est donc inconstructible (à comparer avec les 1.000 hectares de terres agricoles martiniquaises qui s'évanouissent chaque année sous l'effet de la bétonisation et la bitumisation).
  Donc condamner les activistes d'avoir détruit les statues de Schoelcher sans voir que c'est l'incurie autonomiste et indépendantiste qui est en, pour une large part, la cause, revient à ses dédouaner à peu de frais. Car en fait, Schoelcher, on s'en fout ! Ce qui est urgent pour l'heure, c'est de se battre pour que la goutte de café martiniquaise ne se dissolve pas dans l'hectolitre de lait français et les mille hectolitres de lait européen. Tout le reste n'est que bavardage. Est-ce du racisme ? Aucunement ! C'est simplement constater un fait : 380.000 habitants (soit un demi-arrondissement parisien ou deux-trois rues de Tokyo qui compte 42 millions d'habitants), ce n'est rien. C'est trois fois rien ! Ca peut se dissoudre facilement et définitivement dans 67 millions de Français et 350 millions d'Européens.  
  Voilà ce qu'il faut faire comprendre au plus grand nombre de Martiniquais : voulez-vous rester Martiniquais, avec votre propre langue et votre propres cultures créoles ou au contraire acceptez-vous de devenir des Européens noirs ou basanés ? Vouloir rester soi-même, vouloir persister dans son être, n'a rien de xénophobe ni de raciste. Si les Martiniquais acceptent la deuxième solution, il faut qu'ils en assument le prix et cessent leurs jérémiades de "mendiants arrogants" (A. CESAIRE), notamment qu'ils arrêtent de se plaindre du "nombre de Blancs qu'il y a en Martinique". Si au contraire, courageusement, ils se décident pour la première solution, il faut qu'ils sachent que toute indépendance à un prix et qu'ils acceptent d'en payer le prix : il n'y a pas trois voitures par foyer à Barbade ou à Sainte-Lucie ; les fonctionnaires dominiquais, seychellois ou cap-verdiens ne touchent par de sursalaire ; l'allocation "femme seule" n'existe pas à Antigue ni à Saint-Vincent etc...
  Jouer au Compère Lapin sans arrêt, jouer sur les deux tableaux, est infantile. On ne peut pas DANS LE MEME TEMPS se plaindre qu'il y a "trop de Blancs aux Trois-Ilets et au Diamant" et puis voter à 78% contre cette poussière d'autonomie qu'est l'Article 74. Si donc la destruction des statues de l'abolitionniste pouvait au moins avoir pour effet de liquider le compère-lapinisme, il n'y aurait qu'à s'en féliciter. Or, force est de constater que cela produira l'effet inverse : la majorité des Martiniquais craindra encore davantage l'autonomie et encore plus l'indépendance. On le constatera lors des élections dans les années à venir. La Droite assimilationniste reviendra en force et nous repartirons pour cinquante ans, si ce n'est plus, d'assimilationnisme !
 Car ce n'est pas en cassant des statues ou en braillant à longueur de temps des slogans noiristes qu'on réussira à effacer la crainte qu'éprouve le Martiniquais pour la souveraineté partielle (autonomie) et la souveraineté totale (indépendance). Quand Miss MOTTLEY, Première ministre de Barbade se réveille le matin, elle n'invoque pas Toutakhamon ou Haïlé Sélassié. Elle regarde le cours du dollar, scrute le prix du baril de brut, examine l'état de la dette de son pays et les remboursements qui doivent être faits, décortique les propositions d'investissements émanant de l'étranger et surtout vérifie les comptes publics de l'Etat bardadien car, en fin de mois, il lui faudra bien payer ses infirmières, ses pompiers, ses enseignants, ses magistrats, ses policiers et ses douaniers.
   Cela s'appelle, pour une Nation, arriver à l'âge adulte...

Commentaires

michel mirgan | 25/05/2020 - 14:03 :
Destructions inutiles !! Après plusieurs années de schoelcherisme inconsidéré ,on a fini par réévaluer le rôle des masses esclaves dans l'abolition de 1848.Les cérémonies du 22 Mai ont fini par supplanter de manière légitime celles des 27 avril et 21 juillet ,(naisssnce de Schoelcher),dates quasiment oubliées.Rien ne justifiait donc la destruction de ces statues.Les destructeurs avancent que Schoelcher aurait activé le remboursement des Békés .FAUX!!:il n’était plus membre de la Commission à ce moment.Ceux qui invoquent l'histoire devraient mieux la connaitre !! Ces destructions sont le fruit adultérin de l'alliance du drapeau RVN et des réseaux sociaux.Ces couleurs mal assorties envoient un message subliminal négatif de violence extrême dont nous commençons à voir les effets.Les réseau x sociaux deviennent alors le support indispensable à cette violence subliminale .Ce n'est pas un hasard si la revendication de cet acte s'est faite immédiatement après sur réseaux sociaux ,Comme si cette destruction avait été pensée ,élaborée et voulue comme une espèce de film virtuel à diffuser coûte que coûte. Le vedettariat par whatapps nous montrera encore toute sa puissance nocive.

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