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Le bloc-notes de Magali YAEL IRINA MARSON

Le bloc-notes de Magali YAEL IRINA MARSON
Magali Nirina Marson

Le tome II des Œuvres complètes de Jean-Joseph Rabearivelo marque l’aboutissement d’une dense aventure éditoriale. Tout, dans celle-ci et dans ce volume, réceptacle qui abrite désormais le destin de la trace documentaire laissée par le poète, nous ramène à la définition derridienne de l’héritage, « tâche ». Nous tenterons de montrer comment le travail de deuil que constitue et auquel appelle cet ouvrage, permet la « sur-vie » de l’œuvre, de la démarche visionnaire de J.-J. R ; et se fait archive particulière, arche d’alliance ouverte sur l’à venir.

Le bloc-notes de Magali YAEL IRINA MARSON
Magali Nirina Marson

Nous sommes donc réunis ici par le Merveilleux : Traditionnellement considéré comme le premier théoricien du Merveilleux–en tant qu’effet littéraire-, Aristote emploie dans sa Poétique le mot « thaumaston », qui signifie à la fois « étonnant » et « admirable ». L’étymologie de la « merveille », implique donc, dans son premier mouvement d’étonnement –qui se nuance ensuite d’admiration, de crainte ou/et de fascination-, la prise de conscience d’une distance entre l’objet-merveille, qui est ce qui ne saurait être, selon le cours ordinaire des choses et le sujet, soi : Le Merveilleux suppose donc, naît, d’un clivage entre l’ici, notre monde, historique et cet ailleurs irréel, où, une fois le pacte narratif instauré par le fameux « Il-était-une-fois-dans-une-contrée-lointaine », tout devient possible, loin des lois de la condition humaine.

Le bloc-notes de Magali YAEL IRINA MARSON
revel.unice.fr

Lorsque la Critique rassemble les pans de littératures ‘indocéanes’ francophones de Madagascar, de Maurice et de La Réunion autour du genre littéraire, l’accent est mis sur la poétique particulière qui s’y découvre, signe d’une affirmation identitaire spécifique. Cet éclairage nous semble réducteur. Ces littératures se caractérisent en effet par des configurations romanesques analogues, qui recyclent le passé insulaire, ses genres, au sein de textures composites. La mise en archipel de leurs textes contemporains est donc possible, si l’on y ajoute des formes malgaches anciennes et méconnues, qui métissent également des traces génériques hétérogènes. Son hybridité complexe, au passé comme au présent, permet de questionner la généricité qu’élaborent les littératures ‘indocéanes’; de transposer au genre les notions de créolisation, de bricolage ; et de questionner l’éclairage particulier que ces champs dits mineurs, périphériques,peuvent apporter à la compréhension du genre littéraire et de son fonctionnement.

Le bloc-notes de Magali YAEL IRINA MARSON
Magali Nirina Marson

Les Comores, Mayotte, Madagascar, Maurice, La Réunion, étant rarement étudiées ensemble, il nous a paru intéressant de réunir en corpus les romans de figures contemporaines représentatives de ces champs littéraires francophones. Les auteurs y représentent leur terre natale de façon particulière. Omniprésente, elle semble obsession, sujet qui assiège l’écriture. Tout, dans La République des imberbes, de Mohamed Toihiri et Le Bal des mercenaires, d’Aboubacar Saïd Salim (Comores) ; La Fille du polygame, de Nassur Attoumani et L’Épilogue des noyés, d’Alain-Kamal Martial (Mayotte) ; Nour, 1947 et L’Arbre anthropophage, de Raharimanana (Madagascar) ; L’Arbre-fouet et Eve de ses décombres, d’Ananda Devi (Maurice) ; ainsi que dans L’Aimé et Quartier-trois-lettres d’Axel Gauvin, (La Réunion), apparaît comme pré-texte pour dire le lieu, les sentiments qu’il inspire au natif. Le rapport des auteurs et protagonistes à leur insularité est cependant d’emblée problématique. Empreint d’une intensité particulière, il est paradoxal : attachement singulier et répulsion. Le natif est défini comme né sur l’île mais en ayant, surtout, le souci.L’île préoccupation, redite, semble signal et signe, sur lesquels se pencher pour en identifier les motivations, le sens. En quoi, induit par une conjoncture née d’une histoire prédatrice se répétant depuis l’origine, la re-présentation du lien au lieu natal austral est-elle symptomatique d’un « mal » plus profond, commun aux cinq terres ?