Accueil
Aimé CESAIRE
Frantz FANON
Paulette NARDAL
René MENIL
Edouard GLISSANT
Suzanne CESAIRE
Jean BERNABE
Guy CABORT MASSON
Vincent PLACOLY
Derek WALCOTT
Price MARS
Jacques ROUMAIN
Guy TIROLIEN
Jacques-Stephen ALEXIS
Sonny RUPAIRE
Georges GRATIANT
Marie VIEUX-CHAUVET
Léon-Gontran DAMAS
Firmin ANTENOR
Edouard Jacques MAUNICK
Saint-John PERSE
Maximilien LAROCHE
Aude-Emmanuelle HOAREAU
Georges MAUVOIS
Marcel MANVILLE
Daniel HONORE
Alain ANSELIN
Jacques COURSIL

Le bloc-notes de Serghe KECLARD

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Fierté recouvrée et peur du grand saut
Serghe KECLARD

Le dépotjolaj des statues de Schœlcher, de Joséphine de Beauharnais et de Pierre Belain d’Esnambuc, par les activistes Rouge Vert Noir (RVN), met en lumière, au moins, trois problématiques :

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Comment avons-nous pu accepter tout cela ?
Serghe KECLARD

Le dépotjolaj et le déboulonnage des statues chez nous, en Martinique et à travers le monde, nous questionnent à plus d’un titre. Ils nous disent, en fait :

« Comment avons-nous pu accepter cela aussi longtemps ? »

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Allez dire à la France !
Serghe KECLARD

 Allez dire à la France (à une certaine France !) et à Macron que leur « douce » contrée n’est plus uniquement blanche ; que certain(e)s français(e)s – les basané(e)s, les noir(e)s – n’ont pas l’intention de partir ; ils et elles ne sont pas des locataires. La France, c’est leur Maison et en tant que propriétaires (ou copropriétaires) elles et ils n’aiment pas forcément certains éléments de décoration, d’ameublement, voire…

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Palayi-palaya !
Serghe KECLARD

Zannzolé nou  ka zannzolé adan lavi-a,

Ka kalans kò-nou,

Ka fè konpè lapen toulong.

Toupatou,  sé djoubaté  ki ni pou chapé anba vié divini-a.

Vié divini-a yo lé ladjé nan péyi-a ba nou ek ba yich-nou.

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
LA NATURE CARIBEENNE N'EST PAS INDIGNE D'UN TRAITEMENT LITTERAIRE SERIEUX
Serghe KECLARD

  Faire un sort à ce qui fut appelé en son temps « doudouisme », « littérature de décalcomanie » ou simplement « littérature exotique » ne sera pas ici notre propos. Mais, aujourd'hui, les parutions régulières d'œuvres créoles qui évoquent sans préjugés - esthétique ou idéologique - les réalités du pays, n'obligent-elles pas à recentrer le regard dans une démarche, somme toute spéculaire, et à  appréhender cette littérature autrement ?

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Mi nou téléspektatè !... Une esthétique créole
Serge KECLARD

Au moment où l'on parle d'agrégation créole parait chez K. Editions un recueil de nouvelles signé Vilarson :  Mi nou téléspektatè ! ek dotwa nouvel.  Connu jusqu’alors pour sa contribution au mensuel créole Boudoum,  l’auteur martiniquais prend le pari d’enrichir la littérature d’expression créole martiniquaise ;  c’est heureux et réconfortant à la fois. Heureux, car en ces périodes de dystopie, l'auteur nous gratifie d'un opus allègre qui prouve, une fois s'il en était besoin, que la langue créole, dans sa dimension littéraire,  signifie notre rapport jubilatoire au monde.

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Boudoum, jounal artis kréyol matinik, ka paret an janvié 2019

An jounal kréyol ? Yen ki an kréyol ? Asiparé ni moun ki trapé fal fret lè yo wè’y. Ni sa ki mandé poutji sé an jounal papié nou ka fè ? Es nou pa sav jòdijou sé jounal nimérik asou Enternet ki ka bay? Nou nèyè chimérik an tan lontan oben kisa ? Pawol pou ri.

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Février 2009, Lucinda et Compère Lapin
Serghe KECLARD

Sens aux aguets, on écoutait, on regardait – une silhouette passa, hiératique, un cigare à l’allongée de la lippe – on respirait en essayant de toucher le corps sacré d’une terre qui grandissait en nous. Malgré la bannière qui manqua de nous éborgner, la poussade  au moment d’un arrêt intempestif, la douleur lancinante d’une chaussure brusquement étrécie ou la soif inextinguible qui tenta de  mourir dans l’hypothétique dernière goutte d’eau. C’était nous. C’était bien nous qui avions accompli cela ! L’impensable d’hier se mua en désir irraisonné de victoire, en marche triomphale. Le soir venu, les échos amplifiés de batailles rangées entre forces de l’ordre et jeunes  délaissés, au cœur de Foyal, ne parvinrent pas à ébranler notre foi. Nous n’eûmes pas les raisons exactes de cette anicroche au tissage impeccable du lien entre nous. Qu’importe ! Le lendemain, Lucinda et Compère Lapin apprirent  que les supermarchés de la Courneuve de Saint-Aubin avaient manqué d’être incendiés dans la nuit. Mais, comme d’habitude, la protection efficiente des gens d’armes évita le pire. Les autres, malheureusement, n’eurent pas le même bonheur.

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
"Black is black" : une savoureuse aventure de l'esprit et du corps
Serghe KECLARD

  Il arrive quelquefois qu’un roman soit, pour son auteur, une récréation délectable, un terrain de jeu littéraire où, faisant feu de tout bois à chaque chapitre, il s'en donne à cœur joie. Black is black de Raphaël Confiant fait partie, indéniablement, de ces ouvrages-là. Par surcroît, il est aux antipodes d'une littérature qui refuse de raconter des histoires sybaritiques ou baroques, sous le fallacieux prétexte qu'elle ne serait pas  prise  au sérieux ou serait perçue comme «irréaliste». Cette œuvre, initialement, publiée en 2009 et dont c’est la deuxième publication, chez Caraïbéditions cette fois-ci, pour cause de rupture de stock chez un premier éditeur, laisse dans la mémoire du lecteur ou de la lectrice les traces d’une savoureuse aventure de l’esprit et du corps.

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Les événements qui m'ont marqué en 2018
Serghe KECLARD

Les événements qui m'ont marqué en 2018 ne sont  pas  nombreux, mais me paraissent symboliques à plus d’un titre :

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Jean-Michel Loutoby, entre danse sensuelle et réflexion jubilatoire
Serghe KECLARD

  Lorsqu'on rencontre les œuvres picturales de Jean-Michel Loutoby, on est d'abord frappé par la jubilation des couleurs, primaires de préférence, et la ductilité des formes. Non pas qu'elles soient d'un accès immédiat et se dévoilent incontinent, mais plutôt qu'elles invitent à la danse du corps et de l'esprit.

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
RE-ENCHANTER LE REEL MARTINIQUAIS
Serghe Kéclard

    Transposition libre en français de "OBIDJOUL PEYI-A" en hommage à un ami, Hugues DRAPIN, qui a rejoint "le Pays sans chapeau ce lundi 05 novembre. «Recréer  sa vie, recréer la vie. / Je ne connais qu'un seul récit  solennel : /celui qui lève la tête, remarque le plafond, / mais invente le nuage. / Défi, ton défi aux forces calamiteuses. //» in Ferments d'ombre, paroles de roman (1979), Joël Beuze  

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Une analyse décapante...
Serghe KECLARD

   Il m'arrive de cheminer dans un supermarché, à la périphérie du Lamentin, à la recherche de produits de haute nécessité - des paquets de biscuits salés bòkay, par exemple - et de jeter un coup d'œil au présentoir des livres. Je m'y attarde volontiers parce que des ouvrages de qualité, en tous genres, y sont souvent exposés. 

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Fok an moun dékatiyé  bagay tala ba mwen !
Serghe Keclard

   Poutji toupatou oliwon latè-a yo ka palé Kréyol, pandan mwa oktòb-la,  yo ka gloriyé lang tala - Miyami, Pari, Monréyal, Sésèl, Moris, Ayiti, toupatou - ek Matinik, pani ayen ?  

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
Obidjoul péyi-a

   Obidjoul péyi-a, sé chanjé lanmanniè nou ka wè, nou ka gadé péyi-a, tou lé jou. 

   Sé pa pou séré sé malpwopté-a, sé vakabonajri-a ka fet douvan zié-nou oben anbafey an-an ! 

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
L’Oiseau qui aimait PSE
Serghe KECLARD

Pour la troisième fois, il referme délicatement la fenêtre de son bureau, de peur de l’effaroucher, et remet la plage 6 du cd : « Flash » de Patrick Saint-Eloi. Il n’en revient toujours pas. De son bec, l’animal  tapote la vitre. L'homme ouvre  tout grand, cette fois,  le volet et l’oiseau s’approche enhardi par ce qui ressemble à ses yeux à un jeu. Il fait disparaître ses pattes sous ses noires pennes, baisse les paupières et écoute la mélodie. Le volatile  est secoué d’interminables frémissements comme si chaque note, chaque inflexion de la voix du chanteur, lui inspire un rêve, une vision de bonheur : Yaya yo ! yaya yo ! yaya yo ! De petits cris stridents accompagnent  même en cadence le refrain. Subjugué par l’inédite dimension que revêt alors la Beauté, Nostrom se repait  du concert du monde qui s’accomplit là, devant lui, en fastes et splendeurs.  Et  tous les matins,  pluie ou gros soleil, la conversation  se renouvelle dans la précision immuable d’un rituel.

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
"Ti Chal" de Hughes BARTHELERY
Serghe KECLARD

La littérature martiniquaise s'enrichit - et on ne saurait s'en plaindre - d'une nouvelle œuvre dramatique en créole, Ti Chal, de Hughes Barthéléry, chez K.Éditions. Par delà son visuel d'une grande élégance  - couverture rigide bleue, avec effet miroir pour le titre en lettres noires et pour  l'illustration en ombre chinoise -  cette parution est plus importante qu'il n'y paraît :

Le bloc-notes de Serghe KECLARD
V.S. Naipaul ou la déception d’un amant blessé …
Serghe KECLARD

Ma rencontre avec Naipaul date des années 80. A l'époque je présentais, à l'Université de Bordeaux III, un DEA de littératures comparées intitulé : V.S. Naipaul devant les critiques occidentales (française et anglaise) et les critiques antillaises (anglophone et francophone). Mon propos était de démontrer que cet auteur d'origine caribéenne, perçu par les uns comme l'écrivain de la maturité  antillaise, sans complaisance pour quiconque, et par les autres comme le héraut de l'Occident à la recherche d'une bonne conscience, traître à la cause du Tiers-Monde, était le lieu  d’une intense controverse qui dépassait le strict cadre littéraire. Et d'essayer de comprendre pourquoi il suscitait, mutandis mutatis, d'un côté tant d'admiration et de l'autre, une dose si grande de détestation. La lecture de ses ouvrages (nouvelles, romans, récits, ou essais) m'édifia  ainsi que ses déclarations abruptes dans la presse et dans des revues spécialisées. L'écrivain et l'homme, provocateurs en diable, ne donnaient ni dans le littérairement ni dans le politiquement corrects.